Nikola Karabatic, icône en péril

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Nikola Karabatic, icône en péril
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Nikola Karabatic, icône en péril

Mercredi 3 octobre 2012 - 9:39

L'image de Nikola Karabatic a pris un sacré coup avec sa mise en examen pour escroquerie dans l'affaire du match suspecté truqué, alors que le joueur de 28 ans était l'icône du handball hexagonal, le symbole de la France qui gagne.

Même si Nikola Karabatic nie avoir parié sur la rencontre et dément tout trucage, la chute est brutale pour l’enfant prodige du handball, double champion olympique et du monde en titre à 28 ans seulement. Beau gosse, affable, souriant, toujours disponible pour son public, il était adulé. La popularité de ce handballeur hors norme, sacré meilleur joueur du monde en 2007, dépassait même les frontières nationales. Il était "celui que toutes les foules applaudissent, l'icône du handball mondial", résumait en décembre Claude Onesta, le sélectionneur national. Né à Nis, en Serbie, avant de rejoindre la France à l'âge de 4 ans, Nikola Karabatic est un enfant de la balle. Son père Branko, dont il était très proche avant son décès au printemps 2011, était un ancien gardien international yougoslave.

Fatalement, Nikola et son frère cadet Luka, lui aussi impliqué dans l’affaire, ont marché sur ses traces. Passé par le centre de formation de Montpellier, il débute en pro à 17 ans et contribue très tôt aux succès héraultais, dont le plus marquant est la victoire en Ligue des champions en 2003. Un an plus tard, il quitte le confort douillet de Montpellier pour le club allemand de Kiel. C'est là qu'il va polir son jeu, basé sur une puissance physique exceptionnelle (1,96 m, 108 kg), au service d'une lecture du jeu remarquable. Armé d'une soif de vaincre phénoménale, il devient très vite l'idole des supporters de Kiel, auxquels il ramène quatre titres de champion consécutifs et une Ligue des champions en 2007. Mais l'histoire d'amour se finit mal, puisqu’il quitte en 2009 un club soupçonné d'avoir corrompu des arbitres, même si lui-même n'est pas impliqué dans le scandale.

Erreur difficile à pardonner


Il revient à Montpellier, qui continue avec lui à engranger les titres de champion de France. Avec l'équipe de France aussi, il accumule les victoires (Euro 2010, Mondial 2009 et 2011, JO 2008 et 2012) et les distinctions individuelles (meilleur joueur du Mondial 2011 et de l'Euro 2008 notamment). Malgré les louanges, sa renommée et ses revenus de vedette (estimés à un million d'euros annuels), il reste simple et discret. "Ca m'a toujours énervé de voir un mec qui se prend pour un autre", dit-il. Mais, élu champion des champions français 2011 par le journal L'Equipe, il connaît une année 2012 beaucoup plus difficile. Très affecté par le décès de son père, il passe au travers, comme toute l'équipe de France, de l'Euro en Serbie en janvier.

Les critiques fusent et l'affectent énormément. Il s'en souviendra sept mois plus tard à Londres, après avoir gagné son deuxième titre olympique. "On a toujours eu une relation très proche avec les médias, mais quand ça n'allait pas, on a vu que ce n'étaient pas nos amis", lâche-t-il, aigri. Vindicatif, il est même, avec Claude Onesta, en première ligne le soir de la finale olympique, pour démonter le plateau de L'Equipe TV, la chaîne du groupe qui l'avait porté au pinacle en décembre mais qu'il trouve maintenant trop critique à son égard. Cet épisode aurait pu être mis sur le compte d'une soirée trop arrosée et rapidement oublié, si son nom n'était apparu quelques semaines plus tard dans cette affaire de paris sportif frauduleux et de soupçons de match truqué. Une erreur qui risque cette fois-ci de lui être plus difficilement pardonnée.

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