Costantini : "Karabatic, un petit c.. si c'est avéré"

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Costantini : "Karabatic, un petit c.. si c'est avéré"
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Costantini : "Karabatic, un petit c.. si c'est avéré"

Lundi 1 octobre 2012 - 15:23

Daniel Costantini, l'ancien sélectionneur de l'équipe de France de handball, qui a sorti ce sport de l'anonymat, n'est pas tendre avec les joueurs impliqués dans l'affaire de soupçon de match truqué pour des paris sportifs à Montpellier.

Q : Peut-on imaginer des handballeurs parier sur leurs propres matchs ?

R : "Jusque-là c'était impensable. Mais on se rend compte aujourd'hui que ce sont des garçons à qui on prêtait beaucoup plus de qualités qu'ils n'en ont. Nikola Karabatic, tout le monde parlait de son intelligence, disait qu'il aurait pu faire des études supérieures. Or là, si c'est avéré, il s'est comporté comme un petit con. Etre prêt à mettre sa carrière en jeu pour 10 000 euros..."

Q : Comment l'expliquez-vous ?

R : "Peut-être par cette obsession de vouloir baiser tout le monde, d'être plus fort et intelligent que la Française des Jeux qui est le sponsor de l'équipe de France mais à qui on va piquer de l'argent. A force de gagner, ces gens-là ont développé un sentiment d'invincibilité. Ils ont fini par se dire : "qu'est-ce que tu veux qu'il nous arrive ?" Et personne n'était là pour les calmer. Leur entourage proche est tellement béat d'admiration qu'il ne pouvait pas jouer ce rôle-là et la Fédération n'a pas su le faire non plus."

Q : Le handball paye la rançon de la gloire ?

R : "Ce que nous payons aujourd'hui c'est le fait d'avoir été débordés par un phénomène de médiatisation, de réussite à tous crins et de recherche de formules comme les Experts, les Invincibles, les Immortels. J'ai lu quelque part : "Onesta, Imperator Claudius". Si face à ça il n'y pas des gens dans la maison qui gardent leur lucidité et leur sang-froid, voilà ce qui arrive. On dit que les athlètes de haut niveau sont d'éternels enfants. En face, il faut aussi d'éternels parents et ces parents-là n'ont pas fait leur boulot."



R : "Claude Onesta se planque tellement qu'on se demande s'il n'est pas mort. La DTN n'a pas fait son métier, le président de la Fédération (Joël Delplanque) fait ce qu'il peut mais semble dépassé par les événements, ce que je comprends d'ailleurs. Mais dans la tempête, il faut redresser la tête et pas laisser juste les gens de Montpellier faire front."

Q : Pour l'image du handball le coup est terrible...

R : "C'est abominable. Déjà le coup du plateau télé à Londres (ndlr : détruit le soir du titre olympique) ça faisait désordre. Ils avaient bousculé un peu Gérard Holtz à Pékin (en 2008) mais c'était plus festif. Là c'était un vrai attentat. On avait mis ça sur le compte de leur côté humain, le fait qu'ils ne tiennent pas l'alcool. Mais derrière, il y avait aussi le fait que leur coach était vindicatif et rancunier par rapport à la presse et que les joueurs ont été capables de se laisser instrumentaliser. C'était déjà nauséabond et pas bon signe."

Q : L'affaire des paris sportifs est d'une autre dimension...

R : "Au JT ça passe même avant le drame d'Echirolles où deux gamins sont morts. Ca va laisser des traces. Ceux qui vont morfler surtout sont ceux qui sont en première ligne à commencer par le club qui s'est construit à la force du poignet pendant vingt ans. Dans cette histoire quelqu'un comme Patrice Canayer (l'entraîneur), qui est un intégriste de la performance dans le respect des règles, se fait enfler d'une manière incroyable. C'est le cocu magnifique ! Je ne sais pas comment il va être capable de rebondir. Je vois un avenir très sombre pour le club de Montpellier."

Q : Le handball va-t-il s'en remettre ?

R : "Oui, car même si on a tendance à tout résumer à ces joueurs-là, il n'y a pas qu'eux sur la planète handball. On aura besoin de relais comme les clubs de Paris et de Chambéry. Et puis il faudra qu'on soit capables de faire amende honorable ce qui n'est pas la chose la plus facile. Car toute la famille du hand est responsable en n'ayant rien vu venir. On va reposer les pieds sur terre un peu brutalement, comme le mec qui saute en parachute et atterrit violemment. Le risque d'y laisser ses deux chevilles est important."





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