Renault "s'appuie sur l'histoire pour construire le futur", a expliqué Jean-François Caubet, le directeur de Renault sport, lundi à l'AFP, à l'occasion de l'annonce du partenariat entre le constructeur français et l'écurie britannique de Formule 1 Williams.
Q: Comment se sont passées ces retrouvailles ?
R: "En F1, il s'agit toujours de longues histoires. Williams est venu nous demander un moteur il y a plus d'un an. Nous n'avons pas réussi à nous mettre d'accord. Les discussions ont repris dès le début de la saison, en mars. On était près de conclure. Mais il restait un obstacle: celui du changement de réglementation moteurs récemment annoncé par la FIA (Fédération internationale de l'automobile). On a simplement attendu que tout cela se résolve."
Q: Justement, comment s'est passée cette discussion sur les futurs moteurs avec la FIA et les autres constructeurs ? Vous sembliez vouloir le 4 cylindres à tout prix et finalement le V6 s'est imposé.
R: "On était concentré sur notre 4 cylindres avec système de récupération d'énergie et de contrôle de la consommation. C'était les deux points durs, sur lesquels on ne voulait pas bouger. Comme on a eu des garanties sur ces techniques et sur le planning, on a accepté des contreparties, dont le six cylindres en V."
Q: Ce V6 attirera-t-il de nouveaux constructeurs en F1 ?
R: "Maintenant qu'on a un nouveau règlement, je ne serais pas étonné que de nouveaux constructeurs viennent, ou reviennent en F1. Pas à court terme mais à moyen terme. Volkswagen-Audi et Honda participaient aux discussions sur les nouveaux moteurs."
Q: Renault possédait une écurie. Vous êtes devenus motoristes. Quels sont les résultats de ce changement de stratégie ?
R: "On a divisé nos coûts par deux. La rentabilité qu'on a au niveau marketing-communication est excellente parce qu'on a des écuries qui gagnent. Le fait que Red Bull mène le Championnat nous amène un très bon retour sur investissement, de deux à trois fois supérieur à ce que l'on met en F1, en terme d'image et de publicité. C'est un petit peu comme quand Renault F1 était championne du monde. En fait, fournir quatre écuries nous permet d'assurer notre investissement, le rentabiliser de manière pérenne."
Q: Le fait que la FIA vous ait accordé le droit de fournir une quatrième écurie pourrait-il être une contrepartie à votre acceptation du V6 ?
R: "Non, c'est lié au fait que nous restions en F1, et que cela accorde de la stabilité au sport. On a vécu des hauts et des bas chez Renault. On est en train de revivre un cycle positif en terme de pérennité des résultats. Or, la stabilité, Renault comme la F1 en ont besoin."
Q: D'abord Lotus-Renault, maintenant Williams-Renault... Renault semble miser à fond sur son histoire non ?
R: "Lundi, à la présentation, il y avait Damon Hill, Jacques Villeneuve, Nigel Mansell. Nous nous appuyons sur l'histoire pour construire le futur. Même s'ils ont des difficultés en ce moment, Williams reste un grand de la Formule 1. Et ça nous intéressait beaucoup entre grands de nous marier."
Q: Pensez-vous que cet accord va permettre à Williams de repartir de l'avant ?
R: "Ils ont fait les investissements sur les hommes, sur la partie moteur, ils ont restructuré leur capital. Je crois qu'on va les aider à rebondir. La Formule 1 a des cycles. On espère en recréer un avec eux."
Propos recueillis par Joris FIORITI



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