Coureur atypique dans le paddock, reconnu pour son franc-parler, l'Australien Mark Webber (Red Bull) s'est plongé dans ses accidents, son éducation, ses racines, lors d'un entretien avec l'AFP à l'occasion du Grand Prix d'Inde de Formule 1.
QUESTION: quelles sont vos premières impressions sur l'Inde?
REPONSE: "Quand on est en F1, on a la chance de pouvoir connaître beaucoup de cultures différentes. Par exemple, au Japon, si quelqu'un perd son portefeuille, ils le rapportent au commissariat le lendemain. A Barcelone, la situation est un peu différente. Ici, c'est encore autre chose: la nourriture, leur manière de tout faire dans la rue, etc. C'est un pays fascinant, très différent de ceux dans lesquels j'ai grandi".
Q: vous semblez avoir plus une mentalité de voyageur que de pilote de F1?
R: "Faire des choses simples me procure beaucoup de plaisir. Faire un feu de camp, ce genre de choses avec lesquelles j'ai grandi, mes racines. Etant impliqué dans ce sport depuis longtemps, j'ai vu de beaux hôtels, j'ai volé dans beaucoup d'avions, mais je ne me sens toujours pas complètement à ma place".
Q: qu'avez-vous pensé du décès récent du motard Marco Simoncelli?
R: "Je regardais la course à la télé. C'était le cocktail d'évènements le plus monstrueux qu'on puisse imaginer. Tellement de petites choses se sont réunies pour faire de cet accident une tragédie. Marco était un superbe personnage, comme son père d'ailleurs. Quand celui-ci a parlé de tout ce que son fils avait réalisé, on pouvait voir que Marco était également quelqu'un de spécial à cause de son père. Les premiers mots de mon père ont eu beaucoup de poids pour moi."
Q: vous-même avez connu deux énormes accidents, aux 24 heures du Mans en 1999 et lors du GP de Valence de F1 en 2010. Comment appréhendez-vous le danger?
R: "Quand on est dans la voiture, on n'y pense pas. J'ai eu des accidents mais cela s'est bien passé pour moi. Je touche du bois. J'en tire des forces supplémentaires. Le Mans et Valence, c'étaient de gros chocs. Un pneu aurait pu me toucher. Mais ensuite quoi? Je m'en suis sorti. Donc il fallait continuer. Et la course après Valence, au final, j'ai gagné".
Q: avez-vous, du coup, tendance à vous sentir invincible?
R: "Non. Les gens pensent que lorsqu'on pilote une Formule 1 on est toujours à la limite. C'est le cas. Mais en général, nous contrôlons ce que nous faisons. Nous avons une énorme confiance dans les mécaniciens, dans la direction de course et bien sûr dans les autres pilote".
Q: pourquoi étiez-vous dans le rythme l'an passé et pas cette année?
R: "Les voitures sont très différentes de l'an passé. En 2010, j'étais dans la course et Sebastian se demandait ce qui se passait. La voiture était développée dans une direction. Ensuite, les voitures ont subi de petits changements, dans un autre sens, que (Vettel) adore. En plus, +Seb+ a ses points forts. Il est mon opposé en ce moment. Il est très fort dans la première partie de course, où il fait son trou. Mais ensuite, il n'y est plus vraiment. Cela dit, quand cela se produit, les jeux sont déjà faits".
Q: Christian Horner a indiqué qu'il avait demandé à toute l'équipe de vous pousser pour que vous terminiez 2e du Championnat. N'est-il pas surprenant que ce soutien soit si tardif?
R: (Il sourit) "Nous verrons comment iront les prochaines courses. (Une pause) Mais je n'ai pas répondu à votre question".
Q: pensez-vous encore pouvoir être sacré champion du monde?
R: "En tant que compétiteur, je vois toujours le verre à moitié plein".
Propos recueillis par Joris FIORITI



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