Le Championnat n'est pas encore terminé et le titre même pas décerné, pourtant Sebastian Vettel, qui a mené toute la saison, est déjà le grand vainqueur auprès de ses adversaires, qui plébiscitent le pilote Red Bull avant le GP de Singapour qui pourrait le sacrer.
L'Allemand a des arguments à faire valoir : huit victoires et dix pole positions en treize courses, une quatrième place comme seul résultat hors podium - il a par ailleurs fini quatre fois 2e - et une avance de 112 points sur son premier dauphin, Fernando Alonso (Ferrari). Rarement domination a été aussi écrasante.
De fait, le paddock rivalise de superlatifs quand il commente l'année 2011 de Vettel. A commencer par son principal rival au général. "Il a été le meilleur pilote, dans la meilleure équipe, avec le meilleur package. Ils méritent d'être là où ils sont", a affirmé l'Espagnol jeudi.
Vettel "a été exceptionnel cette année. Il a roulé très, très bien. (...) Je lui tire mon chapeau. Je pense qu'il a été fantastique. Et en tant qu'individu, il s'est montré très professionnel", a reconnu le Britannique Lewis Hamilton ( McLaren), 5e du classement à 126 longueurs de l'Allemand.
"Il a fait du super boulot cette année. Je suis sûr qu'il est très fier d'être à nouveau champion du monde, ce qui surviendra dans les prochaines courses", a estimé le Britannique Jenson Button, sur la seconde McLaren, qui, tout comme Mark Webber, l'autre pilote Red Bull, compte 117 unités de retard.
"Réduit à ferrailler"
Même l'Australien, dont les relations avec le jeune prodige allemand sont professionnelles bien plus qu'amicales, a dû en convenir, visiblement dépité : "+Seb+ a réalisé un début d'année prodigieux. On en a été réduit à ferrailler pour le podium".
Sebastian Vettel semble s'être énormément amélioré par rapport à 2010, quand il avait pourtant déjà été sacré. "Il n'a pas commis d'erreurs, ou alors très peu. L'an dernier, nous avions plus de chances de le battre. Red Bull dominait aussi, mais ils avaient rencontré des problèmes sur certaines courses", a rappelé Alonso.
"Je me souviens de la Turquie, quand (Vettel et Webber) se sont accrochés. A d'autres moments, ils ont connu des problèmes mécaniques. Mais là, ils ont résolu ces problèmes. Il a terminé toutes les courses. C'est le seul pilote dans ce cas", a-t-il remarqué.
"J'ai dit cette année avant le Championnat que je ne pensais pas qu'il gagnerait car il faisait trop d'erreurs. C'était mon opinion. Mais cette année il n'en a commis aucune, en plus d'être rapide. Il est très confiant dans sa voiture, qui est très bonne", a analysé Button.
"Un bon gars"
"Ce n'est pas les courses où Red Bull était dominant, c'est celles où ils ne l'étaient pas, et où il s'est démené, (...) qui l'ont rendu impressionnant", a observé Sam Michael, le directeur technique de Williams, qui quittera l'écurie britannique après le GP de Singapour dimanche pour rejoindre McLaren.
Vettel a notamment su forcer sa chance à Monaco, où il s'est imposé grâce à une stratégie risquée, ou encore à Monza, où il a dépassé Alonso avec deux roues dans l'herbe. Une manoeuvre exceptionnelle qui a fait se lever tout le paddock.
"Sebastian est quelqu'un très talentueux. Il a beaucoup appris. Il est très concentré. Je le connais depuis très longtemps. C'est un bon garçon. J'ai de bonnes relations d'amitié avec lui", a résumé Norbert Haug, dirigeant de Mercedes GP avant de le rappeler le jeune +Seb+ à l'ordre : "Aucune domination ne dure éternellement."



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