Hamilton retrouve le sourire
Dimanche 13 novembre 2011 - 20:55
Lewis Hamilton (McLaren), après avoir connu une saison en dents de scie, plus décevante qu'enthousiasmante, a remporté dimanche le Grand Prix d'Abou Dhabi de Formule 1, une course que le champion du monde allemand Sebastian Vettel a abandonnée très précocement sur incident mécanique.
C'est le troisième succès de l'année pour le champion 2008. Une victoire d'estime pour celui qui, depuis plusieurs mois déjà, aspire à "se racheter", comme il l'avait indiqué en Corée du Sud.
Ebranlé par sa séparation, qu'il a qualifiée de "très dure", d'avec sa compagne Nicole Scherzinger, une chanteuse à succès, le Britannique a commis en 2011 un nombre incalculable de bourdes en piste, ce qui lui a valu moult rappels à l'ordre et pénalités.
On ne compte plus les accrochages entre Hamilton et Felipe Massa ( Ferrari), ni les commentaires acerbes du Brésilien à son encontre. L'excellente saison de son compatriote chez McLaren, Jenson Button, 3e dimanche après une bataille épique avec l'Australien Mark Webber ( Red Bull, 4e), lui a également fait beaucoup d'ombre.
D'où un soulagement non feint après une course menée de main de maître. "Ca a été l'un de mes meilleurs Grands Prix. Je me suis dit cela en revenant vers mes stands: être capable de repousser les meilleurs pilotes du monde est difficile à faire", s'est-il écrié.
"Je suis extatique, vraiment très heureux d'être à nouveau en haut (du podium). C'est génial. Ce soir, je peux prendre l'avion avec le sourire", a ajouté le Britannique, dans les temps de ses objectifs édictés jeudi, à savoir "gagner le double" de ses deux succès remportés cette saison d'ici le dernier GP, au Brésil.
Dans la mire d'Alonso
Difficile toutefois de savoir si Hamilton, reconnu comme le meilleur, ou l'un des trois meilleurs, pilotes sur la grille (avec
Fernando Alonso et Sebastian Vettel), serait parvenu à un tel résultat sans la complicité du pneu arrière-droit de l'Allemand, qui a éclaté dès la deuxième courbe de la course.
"A la fin du premier virage, tout allait bien. Au deuxième, j'ai senti un problème. J'ai dû rattraper la voiture une première fois. A la deuxième, je n'ai pas pu. Je suis parti en tête-à-queue", a raconté le pilote Red Bull.
Vettel a dès lors dû accomplir un tour entier sur la jante pour changer de roue.
"Mais j'ai tellement endommagé la suspension que je ne pouvais plus continuer", a-t-il remarqué. D'où son abandon, le premier depuis le
GP de Corée du Sud 2010, soit il y a 20 épreuves.
Entre-temps, l'Allemand est monté 18 fois sur 19 sur le podium, pour 13 victoires. Il a marqué marqué 374 points sur 425 possibles en 2011. Il a été très précocement sacré champion du monde, pour la deuxième fois consécutive, au Japon.
Il a surtout abasourdi, abattant record sur record. Même s'il n'égalera pas celui de son auguste aîné
Michael Schumacher (6e à Abou Dhabi), qui en 2004 avait remporté 13 courses en une saison. Quand bien même il s'imposerait à Interlagos, Vettel restera bloqué à 12 succès.
Une course que Fernando Alonso, joli 2e après avoir réalisé un bon départ, a hâte de disputer. Et terminer. Pour clore enfin une saison 2011 maudite pour l'Espagnol et sa Ferrari, incapable de se battre pour la victoire.
Ce même Alonso qui, malgré des désaccords passés avec Hamilton, à l'époque où les deux hommes pilotaient pour McLaren, disait encore de lui jeudi:
"Les autres pilotes peuvent gagner s'ils ont la meilleure voiture. (Hamilton) pourra remporter un Championnat même s'il ne l'a pas." A vérifier dès 2012.
