Barrichello, clap de fin?

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Barrichello, clap de fin?

Vendredi 25 novembre 2011 - 19:58

Il est l'homme de tous les records de longévité en Formule 1: le Brésilien Rubens Barrichello, du haut de ses 19 saisons, pour 325 courses disputées, pourrait terminer sa carrière dimanche, à domicile, faute d'avoir complètement convaincu son écurie, Williams.

Son bilan pour 2011 se passe de commentaire. Quatre petits points avant la dernière épreuve, une 17e place au classement. Dire que Barrichello a déçu relève de l'euphémisme. Même si la faute en revient en grande partie à sa monoplace, sous-performante, transparente.

Depuis le début de l'année, Williams n'a marqué que 5 unités, l'autre point revenant à son coéquipier Pastor Maldonado. La monoplace britannique, mal conçue, doit composer avec un moteur Cosworth bien moins véloce que ceux de la concurrence. Pour un résultat catastrophique.

Des équipes bien moins prestigieuses comme Toro Rosso, Sauber ou Force India relèguent la structure britannique à respectivement 36, 37 et 52 points avant le GP Brésil. Un camouflet pour une écurie ayant remporté 113 victoires et 16 titres (pilotes et constructeurs).

La saison de trop?

Dans un tel contexte, "Rubinho" aurait au moins dû rassurer, comme il l'avait fait en 2010, maintenant le cap au cours d'une saison déjà compliquée. Mais rien n'y a fait. Au contraire, Maldonado l'a souvent bousculé, notamment en qualifications, où il a devancé le Brésilien une fois sur deux.

Barrichello aurait-il entamé la saison de trop? Son encadrement, en pourparlers avec le champion 2007, le Finlandais Kimi Räikkönen, s'interroge. La place du Vénézuélien Maldonado, lourdement soutenu par la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne, étant assurée, c'est donc bien le baquet de Barrichello qui vacille.

"Il serait triste de s'inquiéter pour le futur", balaie toutefois l'intéressé aux 39 printemps. "J'ai 19 jolies saisons à mon actif. Je me sens bien. J'ai encore beaucoup de jeunesse en moi. Ce n'est pas comme si je demandais: "S'il vous plaît, donnez-moi un volant !""

Son compatriote et ami, Felipe Massa, n'est pas de cet avis. "Je lui ai donné un conseil: arrêter. +Rubinho+ a connu une carrière incroyable en F1. (...) La plupart des pilotes rêveraient d'en avoir une comme la sienne. Il est passé par les meilleures équipes."

Sponsors

Disciple d'Ayrton Senna, porteur d'eau de Michael Schumacher, grand espoir de la discipline puis "looser" pestiféré, Rubens Barrichello a en effet tout connu en Formule 1. Des saisons atroces chez Honda, d'autres de gloire chez Ferrari, pour qui il a remporté 9 succès (11 au total).

Des moments durs aussi, pour la même Scuderia, comme lors du GP d'Autriche 2002, quand on lui demande de laisser la victoire au grand +Schumi+. Cela lui vaudra au pays une éternelle réputation de porteur d'eau.

"Ce que je lui ai dit n'était pas dans le sens de "Tu es vieux, arrête de courir". C'était en pensant à son écurie, à ce qui est en train de se passer en F1. Aujourd'hui, il y a 12 équipes. Cinq ou six demandent de l'argent aux pilotes pour rouler", constate Massa.

"Pour moi, cette situation est absurde. (Arrêter) c'est ce que je ferais à sa place. Je ne veux pas voir Rubinho, après une telle carrière, après tout ce qu'il a remporté, devoir trouver des sponsors pour pouvoir piloter", lance-t-il.

Barrichello peut clamer comme il veut qu'il souhaite disputer une 20e saison, un chiffre magique, en F1, il n'a plus les cartes en main. Dimanche, il tirera sûrement sa révérence. A lui d'exécuter une ultime pirouette devant son public à Interlagos.

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