Renault choisit la troisième voie
Mercredi 16 décembre 2009 - 22:40
Après avoir sérieusement envisagé de quitter la Formule 1, Renault a finalement trouvé une solution intermédiaire afin de maintenir sa présence dans les paddocks à moindre coût. Le constructeur automobile français initie un partenariat original, mais néanmoins obscur, avec la société luxembourgeoise Genii Capital. Renault partagera avec cette société la gestion de l'équipe. Grâce à ce partenariat, Renault investira moitié moins en F1 en 2010 qu'en 2009. Le constructeur concentrera ses quelques 200 millions d'euros de budget sur le développement des moteurs. Mais l'après 2010 reste flou.
La Lettre du Sport n°573
"Renault a décidé de poursuivre son engagement en Formule 1, avec le soutien d'un nouveau partenaire stratégique, Genii Capital, une société luxembourgeoise spécialisée dans les nouvelles technologies, la gestion d'image et le sport automobile", a indiqué début décembre le constructeur français. "Renault devrait transférer à Genii Capital une large part de Renault F1 Team et les deux partenaires en assureront ensemble le management", précisait alors le constructeur. La part revenant à Genii Capital dans l'écurie n'avait pas été précisée. Et ne l'est toujours pas à ce jour. Selon la firme au losange, ce partenariat permet "d'améliorer la rentabilité des investissements de Renault" afin "de réduire l'ensemble des coûts", à une période où "l'industrie automobile traverse une crise majeure".
De ce partenariat, on sait finalement peu de choses. Renault explique qu'en 2010 "l'équipe conservera son nom, son identité et les caractéristiques essentielles qui lui ont permis d'engranger des succès en 2005 et en 2006". Renault dit aussi que "l'usine de Viry-Châtillon continuera à produire des moteurs pour Renault F1 Team ainsi que pour Red Bull Racing". Deux précisions qui n'empêchent pas de s'interroger sur la nature de ce montage, ni sur sa pérennité, et donc sur l'engagement à moyen terme de Renault.
Pourtant, le constructeur continue de défendre sa présence sur les circuits. La F1 "est un atout pour sa gamme de véhicules de série" et "est un vecteur d'image et une vitrine technologique essentiels pour l'entreprise, en particulier dans les nouveaux marchés émergents", indique-t-il.
Budget en chute libre
A la fin de la saison 2009, Jean-François Caubet, le directeur général de Renault F1, et le président de Renault F1, Bernard Rey, ont demandé à l'exécutif de la maison-mère un budget pour 2010 "dans une certaine continuité" avec celui de 2009, a raconté ce dernier. "La réponse de la maison-mère (...), étant donné les difficultés économiques, a été : on n'a pas les moyens de financer une écurie entière. Alors on a commencé à plancher sur des solutions alternatives", a poursuivi le directeur général. L'ouverture du capital s'est imposée, selon les deux cadres. "Nous avons trouvé une manière de continuer notre activité en préservant la présence de la marque dans la compétition", s'est félicité Bernard Rey, ajoutant que le budget investi en F1 en 2010 ne couvrirait plus que le développement des moteurs. A charge pour Genii Capital d'assurer le fonctionnement de l'écurie.
La conséquence est la division par deux de l'investissement de Renault dans ses monoplaces ! Renault investira en effet moitié moins en Formule 1 en 2010 qu'en 2009. "Entre le coût net pour Renault en 2009 et celui de 2010, cela a été divisé par deux", détaille Jean-François Caubet, ajoutant que cette question avait été centrale dans l'optique du maintien du constructeur en F1.
Outre une saison 2009 catastrophique pour les résultats et dévastatrice en terme d'image à cause du scandale du "Crashgate", Renault a dû faire face au départ de son sponsor principal, le bancassureur néerlandais ING qui apportait 40 millions d'euros. Evalué à quelque 200 millions d'euros, le budget de Renault F1 pour 2010 devait donc être assuré en grande partie par la maison-mère.
