Jean-François Lamour (ministre de la Jeunesse et des Sports au micro d'Europe 1): "Je crois que Zinedine Zidane a dit ce que l'on attendait. C'est à dire des excuses en particulier en direction des gamins, des éducateurs, des bénévoles qui travaillent tous les jours à donner un certain nombre de repères à ces gamins. Il a bien compris (...) Il a dit des choses. Il l'a dit très simplement et avec beaucoup de force. On l'attendait de lui et il l'a dit. Et je crois que c'était la part la plus importante et la plus attendue de son intervention. Maintenant, il a été sanctionné, il a fait un geste qui n'était pas acceptable. Il a été lourdement sanctionné comme cela est prévu par le règlement. Maintenant, je dis que la FIFA a lancé une procédure disciplinaire. Elle cherche à savoir ce qui s'est passé. Peut-être les experts pourront-ils exactement déterminer avec plus de précision ce qui a été dit.
Bixente Lizarazu (champion du monde 1998 au micro de RTL): "C'était très important qu'il s'explique, qu'il s'excuse. Au-delà du geste qu'il n'aurait pas dû faire, c'est bien qu'il ait parlé de la provocation, et je pense qu'il faut punir les deux, ceux qui provoquent comme ceux qui répondent. Cela dit, il lui restait huit minutes à tenir. Il faut juger la réaction de Ziz, il a reconnu lui-même qu'il n'aurait pas dû le faire. Mais il faut vraiment pénaliser les provocations."
Frank Leboeuf (ancien international, champion du monde 1998 au micro de RTL): "Zizou assume complétement son geste. Il demande que la provocation soit punie. Après, bien sûr, ça risque de faire jurisprudence. C'est symbolique qu'il parle aujourd'hui jour anniversaire de notre victoire en 1998".
Michel Hidalgo (ancien sélectionneur de l'équipe de France au micro de RTL): "On sent que c'est un être blessé car il aurait pu avoir un au revoir en or s'il n'y avait pas eu cet incident. Il a le sentiment d'avoir été offensé, et il a eu le coup de sang. Il dit qu'il est condamnable. Il faut aussi lui dire qu'il est pardonnable."
Henri Emile (Intendant de l'équipe de 1998 et proche de Zidane au micro d'Europe 1): "J'aime la façon dont il s'excuse auprès des gosses, des éducateurs également. Il rappelle qu'il est père de famille qui donne des principes de vie à ses enfants. Et je pense que cela doit suffire dans l'analyse et le jugement que l'on porte sur l'homme. L'homme mérite autre chose que d'être harcelé pour un geste qu'il est le premier à regretter, qui bien sûr a été vu par des milliards de téléspectateurs".
Alain Giresse (ancien international, au micro de RMC): "Il faudrait ne pas connaître Zinedine Zidane pour s'imaginer que c'est du montage ce qu'il a fait (ses interviews télévisées). Il a raconté la réalité telle qu'il l'a vécue, telle qu'il l'a racontée et telle qu'il a agi. C'est évident (...) Sur le plan humain, on le connaît. On sait que c'est quelqu'un qui a beaucoup d'humilité, qui est d'un calme mais avec ce côté sanguin qu'il a en lui (...) Zidane, il faudrait qu'il soit très bon, humble, souriant, joli... parfait quoi. On demande maintenant à des joueurs de foot d'avoir toutes les qualités du monde!"
La grande explication de Zinedine Zidane fait "pschitt". Le désormais ex-joueur s'est excusé pour avoir asséné un coup de tête au défenseur italien Marco Materazzi lors de la finale du Mondial entre la France et l'Italie, affirmant avoir été insulté avec "des mots très durs". Pas convaincant.
Qu'il s'excuse était la moindre des choses après avoir confondu, devant deux milliards de téléspectateurs, terrain de football et ring de catch. Lui le joueur parfait, élevé au rang d'idole, a refermé la page la plus glorieuse du football français sur un coup de tête impossible à effacer des mémoires. Comble du comble, son coup de folie confère à Marco Materazzi un statut qu'il ne mérite pas.
Les explications de Zidane sont confuses. Il s'excuse, mais ne regrette pas son geste. Il consent devoir être sanctionné, mais estime que c'est "le provocateur" qui devrait être puni !
Ceux qui espéraient enfin connaître la vérité sur l'échange entre les deux gamins sur le terrain du stade olympique de Berlin repasseront. "Ce sont des mots très durs" dit Zidane. Oui, mais lesquels ? "Des mots qui sont plus durs que les gestes. (Ce geste), c'est quelque chose qui se passe très vite. Ce sont des mots qui me touchent au plus profond de moi. Cela touchait ma mère, ma sœur. Je suis un homme avant tout. J'aurai préféré prendre une droite dans la gueule que d'entendre ça." La pirouette est facile. Il reconnaît toutefois que ce n'est pas une chose à faire et s'excuse auprès de ses supporters, des enfants et des éducateurs qui ont vu le match. "C'est un geste qui n'est pas pardonnable et je m'en excuse auprès de tous les enfants qui ont pu regarder ça", indique Zidane, ajoutant s'excuser "auprès des éducateurs qui disent les choses à faire et à ne pas faire". Mais "je ne peux pas regretter mon geste, parce que cela voudrait dire qu'il avait raison", ajoute-t-il. On retrouve les mêmes formules alambiquées. Est-ce que ses excuses sont sincères s'il ne regrette pas son geste ? Admettons. Mais quel est le rapport avec "cela voudrait dire qu'il avait raison " ? On cherche encore.
En fait, son vrai regret se trouve devant son impuissance à avoir obtenu la condamnation de Materazzi. "Ce que je déplore, c'est qu'on sanctionne toujours la réaction. Mais s'il n'y a pas de provocation, il n'y a pas de réaction" estime le Ballon d'Or 1998. "Vous croyez qu'à dix minutes de la fin de ma carrière, j'aurai fait ce geste par plaisir ? Bien sûr, mon geste n'est pas pardonnable, mais il faut aussi sanctionner le vrai coupable. Et le vrai coupable, c'est celui qui provoque" résume l'ancien capitaine de l'équipe de France.
A propos des Bleus, Zidane est revenu sur ses relations avec Raymond Domenech, le sélectionneur. "Il n'y a jamais eu de fossé avec Raymond Domenech. On a voulu me prêter certains propos que je n'ai jamais tenus. Quand je sors face à la Corée du Sud, je suis très déçu. On a fait 0-0 contre la Suisse, 1-1 contre la Corée, je sors à la 90e minute... Vous croyez que je vais sortir avec un grand sourire ? Non, j'étais simplement déçu." Nous aussi nous avons été déçus le dimanche 9 juillet quelque part vers la 110e minute de France-Italie...





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