Les maux bleus d'Anelka
Mercredi 8 février 2012 - 12:24
Transféré à Shanghai Shenhua, l’ancien avant-centre de l’équipe de France Nicolas Anelka a livré les coulisses de sa mise à l’écart de Chelsea, où il devait s’entraîner avec l’équipe de jeunes. Touché, voire blessé, le joueur originaire de Trappes en veut notamment aux médias français.
Un Nicolas Anelka comme la France n’a pas l’habitude de le percevoir. Médiatiquement du moins. Exilé de France depuis maintenant une dizaine d’années, le "mauvais garçon" du football tricolore a toujours divisé, s’attirant les faveurs des uns et les foudres des autres, aussi bien en sélection qu’en clubs. Alors qu’il semblait "installé" parmi les cadres de Chelsea, Anelka y étant depuis quatre saisons, "Nico" a été mis au placard par André Villas-Boas, nouveau coach des Blues, dès que sa signature à Shanghaï a été officialisée. "J'avais tout l'équipement des professionnels mais ils m'ont mis dans une pièce à part pour me changer. Depuis mon transfert, j’ai été envoyé avec les jeunes", a-t-il ainsi déploré dans le documentaire diffusée sur Canal Plus, L’entrée des Trappistes.
"Un jour vous pouvez marquer des buts et faire le maximum pour votre club mais le jour de votre départ il n'y a pas de pitié. C'est pourquoi le jour où vous décidez de partir, il n'y a pas de tristesse car il n'y a aucun ami dans le monde du football. C'est triste à dire mais c'est la vérité. C'est un sport collectif mais aussi très individuel", analyse à froid Anelka, qui a souvent connu des rapports conflictuels avec les clubs qu’il a connus, que ce soit au Paris SG ou au Real Madrid. Mais, depuis, Nicolas Anelka a mûri et a donné de nouvelles priorités, à savoir prendre soin de ses enfants, quitte à mettre sa carrière de côté.
Anelka ne digère toujours pas son traitement médiatique
Une carrière qu’il estime réussie, à juste titre : "
C'est vrai que j'aurais pu faire une meilleure carrière mais je sais que j'ai réussi. Je suis fier de ce que j'ai accompli. Lorsque je reviens en France, dans les banlieues d'où je viens, les gars là-bas sont fiers de moi. Ils savent que je n'ai jamais abandonné. J'ai pris beaucoup de coups mais je suis toujours là." Quant à son départ pour Shanghai, outre l’aspect financier très avantageux – il percevra un salaire de 10 millions d’euros par an -, Nicolas Anelka estime que Shanghai, son "
dernier contrat", est une très belle opportunité : "
Shanghai est le New York de l'Asie. J'aime la façon dont les gens vivent ici. Je suis déjà souvent venu en vacances."
Un nouvel exil qui ne dissipera pas la rancœur du joueur de 32 ans vis-à-vis des médias français. Considéré comme "
arrogant" par la presse, Nicolas Anelka a confié l’être devenu avec le temps, depuis que ses propos avaient été détournés par un journaliste de
L’Equipe lorsqu’il évoluait au PSG. Pour Anelka, la cassure a eu lieu plus précisément après le match aller du tour de Barrages du Mondial 2010, lorsqu’il inscrivit le but décisif en Irlande (0-1). Certains médias n’avaient retenu que cette phrase sibylline en guise de titre : "
C’est moi le problème ?" Un énième coup bas pour l’ex numéro 39 de Chelsea : "
Cela va rester en moi pour toute la vie. Quand vous savez que vous avez fait votre devoir et accompli votre tâche puis qu'on vient vous planter un couteau dans le dos, ça fait franchement très mal." Nicolas Anelka va tenter de mettre de côté ses maux bleus, pour finir sa carrière calmement, loin de la France et tout le tumulte autour de lui.
Julien Froment