Pourquoi Chelsea a viré Di Matteo

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Pourquoi Chelsea a viré Di Matteo

Pourquoi Chelsea a viré Di Matteo

Jeudi 22 novembre 2012 - 17:33

Après huit mois brillants à Chelsea, Roberto Di Matteo été remercié par Roman Abramovitch, l’impatient président des Blues. L’Italien avait pourtant pris les rênes de l’équipe à une période très compliquée et l’avait mené sur le toit de l’Europe. Une décision plutôt injuste et frustrante, d’autant que son successeur, Rafael Benitez, nommé à peine douze heures après l’annonce de son licenciement, n'est pas un choix particulièrement judicieux sur le plan sportif.

On peut sortir une équipe de la crise, la faire devenir championne d’Europe, commencer la saison suivante tambour battant puis traverser une période de doutes et se faire virer comme un malpropre. Roberto Di Matteo en sait quelque chose. Intronisé à la tête de Chelsea en mars 2012 après un passage éclair d’ André Villas-Boas, dont il était l’adjoint, le technicien italien ne sera finalement resté que huit mois en place. Le désormais ex-entraîneur des Blues peut toutefois se targuer d’avoir eu le temps de marquer l’histoire du club londonien. Lorsqu’il reprend l’équipe en mars dernier, Chelsea n’est que l’ombre de lui-même. Drogba et ses partenaires viennent d’être corrigés à San Paolo par le brillant Napoli (1-3) de Lavezzi et Cavani. En Premier League, le titre s’est déjà envolé puisque City a déjà 20 longueurs d’avance. Lorsque Villas-Boas s’en va, il laisse une équipe qui n’a plus gagné depuis sept rencontres.

Le talentueux novice


Et puis Roberto Di Matteo est arrivé. Chelsea renaît de ses cendres et explose le Napoli (4-1). Commence alors le show Drogba. L’entente entre l’Italien et l’Ivoirien mène les Blues au sommet de l’Europe après un bras de fer épique avec le Bayern Munich en finale (1-1, 4-3 tab). Sur leur parcours, les Blues donneront une leçon d’engagement et de solidarité au grand Barça (1-0, 2-2), incapable de trouver la faille devant onze guerriers postés aux abords de leur but. Après près d’un milliard et demi d’euros investis, Roman Abramovitch soulève enfin sa première Ligue des champions. Calme et proche de son groupe, Roberto Di Matteo réussit là où le fiasco de Villas-Boas était le plus criant. La dynamique est crée. L’euphorie de la victoire en C1 est retombée. Chelsea se met alors à préparer la saison à venir. Hazard et Oscar arrivent, Drogba s’en va. L’entraîneur italien trouve alors la formule pour bâtir une nouvelle équipe solide.

Un manque de reconnaissance total


Que ce soient Avram Grant, Luis Felipe Scolari, Guus Hiddink, Carlo Ancelotti ou André Villas-Boas, aucun n’était parvenu à installer un véritable fond de jeu. Une fois de plus, le novice transalpin y est parvenu. Le trio Mata-Hazard-Oscar est redoutable. Imaginez ce que cela donnerait si Chelsea possédait un attaquant de classe mondiale. On reprochera effectivement à Di Matteo de n’avoir (presque) rien pu faire pour le fantomatique Fernando Torres (19 buts en deux ans et demi et près de 87 matches). Après avoir gagné sept de leur huit premiers matches cette saison, les Blues sont sur une mauvaise série de cinq rencontre sans victoire en Premier League. En Ligue des champions, la qualification pour les huitièmes de finale dépendra du score de la Juventus sur la pelouse du Shaktior Donetsk. Cette même Juve, insolente et redoutable, coupable du limogeage de Di Matteo. Après la lourde défaite sur la pelouse des Bianconeri (0-3), Roman Abramovitch a décidé de sévir. Comme un jouet qu’un enfant ne voudrait plus, le richissime oligarque russe a remercié - ce n’est pourtant pas le cas de le dire - l’homme qu’il avait pris dans ses bras en mai dernier après le succès en C1. Tout ça, pour y placer Rafael Benitez, à peine douze heure plus tard.

Un successeur moins intéressant sportivement


L’affront est total pour Roberto Di Matteo. Se faire virer après de si bons résultats doit être très frustrant. Se faire remplacer par un entraîneur connu pour ses échecs retentissant à Liverpool (sur la fin) et l’Inter Milan doit l’être encore plus. Sportivement, le changement de coach est absolument inutile. Le technicien espagnol n’est d’ailleurs pas un adepte du beau jeu, bien au contraire. Alors, à quoi cela servait-il de se précipiter sur lui pour ce poste ? Seul Roman Abramovitch connaît la réponse. L’enfant gâté a une nouvelle fois eu raison, capricieux et ingrat. Le milliardaire russe pousse même le vice jusqu’à faire signer l’ancien entraîneur de Valence pour une pige jusqu'à la fin de la saison. Improbable politique pour un club en grand besoin de continuité et de stabilité. Pour ce qui est de Di Matteo, l’avenir promet d’être moins capricieux. En huit mois, l’Italien est passé de novice à héros et s’en est allé dans l’indifférence. Un passage de la lumière à l’ombre sans doute de courte durée.

Etienne Andurand

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