Platini tacle le PSG et les investisseurs fous
Vendredi 17 juin 2011 - 18:45
Michel Platini n'aime pas vraiment que des nouveaux investisseurs étrangers arrivent dans le football. Visant notamment le PSG, racheté par des fonds qataris, le président de l'UEFA a taclé ce système, qui s'installe progressivement dans le monde du ballon rond, à son grand désarroi.
"Je ne suis pas fan." En marge du comité exécutif de l'UEFA à Nyon ce jeudi, Michel Platini a donné son avis sur la mode de ces dernières années dans le football : le rachat de clubs par des richissimes propriétaires, provenant notamment du Moyen-Orient dernièrement. "Je sais que je défends quelque chose qui n'est plus défendable, mais je ne suis pas fan", a ainsi lâché le président de l'instance européenne, qui revendique sa façon de penser quelque peu "old-school", même s'il sait qu'il ne pourra rien faire pour endiguer ce phénomène. "S'ils ont le droit de le faire, ils le feront. Moi, je suis pour l'identité d'un club plutôt que d'acheter des gens à droite, à gauche", ajoute-t-il.
L'ancien meneur de jeu a notamment réagi au rachat du PSG par des propriétaires qataris, devenus actionnaires majoritaires du club de la capitale. Une première en France, alors que des équipes anglaises (Manchester City) ou espagnoles (Malaga) avaient franchi le pas déjà. "Je ne suis pas très fan des propriétaires étrangers, c'est ce que j'ai dit aux Anglais, mais les lois françaises et anglaises sont ainsi faites, je n'y peux rien, je ne peux rien faire là dessus", a regretté Platini, qui sait que l'UEFA n'est pas au-dessus des lois nationales... Le PSG en prend ainsi pour son grade, le président de l'instance européenne s'inquiétant du fait que le club va perdre de son identité avec les pétrodollars : "On peut avoir un propriétaire du Qatar, un directeur sportif brésilien, et pourquoi pas un entraîneur italien et des joueurs d'autres nationalités : je ne vois pas le rapport avec le PSG." Un tacle bien senti, qui ne devrait toutefois faire ni chaud ni froid aux nouveaux propriétaires du club de la capitale...
Même s'il a peur de passer "pour un ringard" avec ce genre de discours, Platoche avoue qu'il préfèrerait "que des gamins des villes concernées commencent à jouer dans leurs clubs plutôt que des joueurs venus d'ailleurs". Comme lui, qui avait joué à Nancy, le club de sa région, avant de partir jouer à l'étranger. Mais depuis, le football a bien changé, même si cela lui déplait quelque peu. Souhaitant prendre le problème des clubs achetant à perte et dépensant plus qu'ils ne gagnent, Michel Platini a obtenu une première victoire, avec le fair-play financier qui a finalement été adopté. Mais il faudra attendre 2014 pour que cette mesure entre définitivement en vigueur, avec sanction pour les clubs qui ne la respecteront pas. D'ici là, personne ne sait combien de clubs auront été rachetés de nouveaux propriétaires souhaitant faire fortune dans le monde du ballon rond...