MAM tacle Hortefeux, ou l'inverse ?

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MAM tacle Hortefeux, ou l'inverse ?
Une polémique "stupide"

Michèle Alliot-Marie, ministre de la Justice, a jugé "stupide et même intellectuellement peu honnête de vouloir créer une polémique" entre elle et le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, jeudi, en marge du Conseil des ministres franco-allemand. C'est "stupide et même intellectuellement peu honnête de vouloir créer une polémique à partir d'une correspondance purement technique qui a simplement pour but d'essayer de voir comment on peut renforcer l'efficacité commune de nos deux ministères, dans le but de mieux assurer la sécurité des Français, et notamment de mieux lutter contre la violence autour du sport", a déclaré Mme Alliot-Marie à la presse.

Avec cette lettre envoyée à M. Hortefeux, "mon but n'est pas de me plaindre de quelque chose, mon but, c'est de dire comment "pouvons-nous encore mieux travailler ensemble pour que soient assurées et la sécurité des Français et la sérénité dans le sport"", a ajouté Mme Alliot-Marie.

MAM tacle Hortefeux, ou l'inverse ?

Jeudi 4 février 2010 - 20:57

La ministre de la Justice critique le nombre insuffisant d'interpellations réalisées par les forces de police lors d'incidents à l'occasion de matchs de football, dans une lettre au ministre de l'Intérieur rendue publique jeudi par Europe 1 et le Parisien. En réaction, Brice Hortefeux a déclaré à la presse que le nombre des hooligans interpellés lors de violences dans les stades a augmenté de 6,5% depuis son arrivée à l'Intérieur. Se défendant de vouloir polémiquer, "le partisan ardent de la solidarité gouvernementale" a néanmoins adressé à son tour une lettre à Michèle Alliot-Marie dans laquelle il regrette que la coordination des parquets ne soit "pas optimale" dans la lutte contre le hooliganisme. Quand les politiques tirent à vue...


La Lettre de l'économie du sport n°964

Dans la lettre qui commence par "Cher Brice" et s'achève par la mention "amitiés", la ministre écrit: "je déplore que les procureurs de la République soient saisis d'un nombre insuffisant de procédures faisant suite à ces interpellations à l'issue des matchs".

Selon le porte-parole du ministère de la Justice, Guillaume Didier, "ce document est une lettre de ministre à ministre et n'avait pas vocation à être publié". "Cela fait partie des échanges normaux de ministre à ministre et toute interprétation politique est inutile, ridicule et abusive", a-t-il dit à l'AFP, précisant que les deux ministres "se sont téléphonés jeudi matin".

Dans le courrier, Mme Alliot-Marie remarque "la difficulté d'intervention des forces de l'ordre dans ou aux abords des enceintes sportives" . Elle ajoute qu'il n'en "demeure pas moins que l'absence ou la quasi absence d'interpellations à l'issue des graves incidents ayant accompagné de récentes rencontres à Grenoble et à Lille ne me parait pas de nature à mettre un terme au comportement des supporters les plus violents". "J'ai demandé aux parquets de s'assurer que des enquêtes approfondies soient réalisées à partir des enregistrements vidéo établis lors de ces matchs aux fins d'identifier a posteriori les fauteurs des troubles et d'engager ensuite des poursuites à leur encontre", ajoute la ministre.

Rappelant qu'un représentant d'un parquet est présent dans le stade lors des matchs à risques, Mme Alliot-Marie souligne que "cette implication des parquets n'a de sens que si un nombre significatif d'auteurs d'infractions sont identifiés et placés en garde à vue". "Michèle Alliot-Marie a toujours eu le même message sur la nécessité de bien coordonner l'action de la police et celle de la justice", a ajouté M. Didier. En octobre dernier, la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie avait réclamé dans une circulaire aux procureurs une "réponse pénale particulièrement ferme et rapide" aux violences dans les stades.

Ce n'est pas la première fois que la ministre de la Justice exprime un désaccord avec M. Hortefeux, qu'elle a précédé au ministère de l'Intérieur. A propos de la volonté du ministre de l'Intérieur d'aggraver les sanctions pénales en cas d'agression de personnes âgées la semaine dernière, la garde des Sceaux avait répondu: "les propositions en matière pénale sont faites soit par le ministre de la Justice, soit par les parlementaires".

La réaction de Brice Hortefeux ne s'est pas faite attendre

"J'ai pris des mesures importantes notamment en créant une direction nationale de lutte contre le hooliganisme et, depuis que je suis ministre de l'Intérieur, le nombre d'interpellations a augmenté de 6,5 %", a aussitôt déclaré à la presse Brice Hortefeux. La Division nationale de lutte contre le hooliganisme, dont la création avait été annoncée par le ministre de l'Intérieur le 30 septembre 2009, a été mise en place les jours suivants.

Toujours à la presse, le ministre a affirmé avoir "renforcé la sécurité avec 12 unités mobilisées à chaque match, contre 10 l'année précédente" et avoir "mis en place un partenariat inédit avec les acteurs concernés". "Nous réunissons régulièrement, place Beauvau, le président de la Ligue, les clubs de football professionnel et les préfets les plus concernés. Une réunion a, par exemple, lieu en ce moment même (jeudi matin)", a annoncé M. Hortefeux.

"Nous devons agir dans trois directions" : "Poursuivre l'augmentation des interdictions de stades, faire en sorte que la Ligue de football professionnel prenne des sanctions sportives". "Enfin, a déclaré le ministre à la presse, le bilan des condamnations étant impossible à trouver, je souhaite, maintenant, que toute la chaîne de sécurité se mobilise et que ces interpellations ne restent pas sans suite".

Pas de polémique... mais une lettre en retour

"Je ne participe à aucune polémique, je suis partisan ardent de la solidarité gouvernementale", a ajouté M. Hortefeux devant la presse. Il s'est dit "totalement mobilisé pour la mission que m'a confié le président de la République qui est d'assurer la sécurité de nos concitoyens partout (...) notamment dans les stades et aux abords des stades". "Le gouvernement doit être un lieu serein de travail et d'échanges au service des Français", a-t-il déclaré par ailleurs. Reste que le ministre de l'Intérieur a visiblement peu apprécié l'épisode épistolaire, puisque à son tour, il a adressé une lettre à MAM dans laquelle il regrette que la coordination des parquets ne soit "pas optimale" dans la lutte contre le hooliganisme.

Dans un courrier qui commence par "Chère Michèle" et s'achève par la mention "amicalement", et dont l'AFP a eu connaissance, Brice Hortefeux pointe "trois problèmes" relevant de la Justice qui, à son sens, "ne sont pas réglés". "Dans certains cas, il semble que la coordination entre les parquets afin d'assurer les poursuites ne soit pas optimale", estime le ministre de l'Intérieur. Il cite notamment "l'absence de magistrat du parquet lors du match Grenoble/Saint-Etienne, pourtant à risques prévisibles". En outre, "les interdictions judiciaires de stade ne sont pas assorties systématiquement d'une obligation de pointage au commissariat", ajoute M. Hortefeux, "ce qui rend la mesure largement inopérante", selon lui. A cet égard, "j'avais proposé de rendre ce pointage obligatoire de par la loi, mais votre cabinet s'y est opposé", souligne-t-il. Enfin, il regrette ne pas disposer d'un "bilan précis (...) sur les suites pénales match par match", et juge que cette "absence de visibilité est préjudiciable au caractère dissuasif des sanctions pénales".

A suivre...

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