Villeneuve à Paris, c'est fini

Football / Ligue 1

Villeneuve à Paris, c'est fini
Silence radio chez les joueurs

Les joueurs du Paris SG ont été priés par la direction du club de garder le silence jusqu'au 16e de finale de Coupe de France dimanche à Ajaccio. Le seul point presse de la semaine avec l'un des joueurs prévu vendredi (Peguy Luyindula) a été annulé et seule la conférence d'avant-match avec l'entraîneur Paul Le Guen a été maintenue samedi.

Le président parisien Charles Villeneuve, à moins qu'il ne démissionne d'ici-là, devrait être limogé à l'issue de l'assemblée générale du PSG le 3 février. Depuis le déclenchement de cette crise dimanche, seuls trois cadres parisiens, Ludovic Giuly, Claude Makelele et Mickaël Landreau, se sont exprimés à ce sujet. Alors que Ludovic Giuly a affiché un soutien sans faille à Charles Villeneuve, Claude Makelele a lui subtilement pris ses distances avec le président parisien mercredi.

Le gardien parisien n'a lui pas pris parti. "Ces événements nous apportent quelques tracas et de la pression supplémentaire, a expliqué Mickaël Landreau sur le site internet du club mercredi. Nous avons envie de savoir où va le club. Nous avons également pas mal d'interrogations sur ce qu'il se passe. Tout le monde veut comprendre et savoir dans quel état on va finir la saison".

Villeneuve à Paris, c'est fini

Jeudi 22 janvier 2009 - 18:38

Sauf improbable coup de théâtre de dernière minute, Charles Villeneuve quittera son éphémère poste de PDG du Paris SG dans les prochaines heures. L'actionnaire principal du club, Sébastien Bazin, devrait reprendre la présidence et s'adjoindre les services d'un "président-délégué". Jean-Claude Plessis et David Ginola se sont (déjà !) portés candidats.

C'est l'histoire d'un club qui a horreur du vide. Le Paris SG, boudé par la crise sportive, était jaloux des psychodrames de son rival marseillais. Alors il a piqué le sien, tout seul, comme un grand.

Qu'est-ce qui a donc poussé Charles Villeneuve a adresser une lettre ouverte incendiaire aux administrateurs du PSG, vendredi dernier ? A priori, marquer son territoire. "Je vais prendre les décisions pour être un président directeur général de plein exercice (...)", pouvait-on lire dans ce courrier de trois pages. "C'est moi désormais qui aurai l'autorité sur la préparation de l'ordre du jour et la convocation du conseil d'administration, sur l'ensemble des personnels et des collaborateurs, et qui serai l'interlocuteur unique du club avec les actionnaires." En clair, malgré le titre de PDG obtenu de haute lutte lors de sa nomination, Villeneuve restait un "président-délégué" à la botte des actionnaires, comme le furent avant lui Alain Cayzac et Simon Tahar, ou encore du bon vieux temps de Canal + les "présidents-délégués historiques" tels que Michel Denisot.

Marquer son territoire, vraiment ? La réaction des administrateurs ne s'est pas faite attendre : ils ont démissionné collectivement dès dimanche soir ! Entre un PDG parachuté et leur véritable patron, le choix a été rapide. Car ne nous y trompons pas, malgré son titre de PDG, Villeneuve n'a jamais été qu'un salarié du club. Le véritable patron s'appelle Sébastien Bazin, administrateur de Colony Capital et président de HSE (Holding Sport Evénements), la société qui contrôle le PSG pour le compte du groupe financier.

Le coup de force s'est converti en coup d'épée dans l'eau. Villeneuve voulait obtenir les pleins pouvoirs. Il souhaitait sans doute recruter davantage... et surtout éviter que les administrateurs ne décident malgré son avis contraire de réaliser en fin de saison une plus-value sur des joueurs tels que Guillaume Hoarau ou Stéphane Sessegnon. En clair, Villeneuve voulait ne pas être considéré comme responsable, dans quelques mois, des éventuels mauvais résultats du club. Il pensait bénéficier d'un "état de grâce". Mais il n'en est rien...

Villeneuve pas encore parti, les candidats au poste de président-délégué se bousculent déjà. Jean-Claude Plessis a dégainé le premier. L'ex homme fort du FC Sochaux - dont, contrairement aux idées reçues, il n'occupait pas la présidence, - se verrait bien rempiler pour un rôle similaire dans la capitale. "Ils savent très bien que je suis intéressé", a-t-il déclaré sans détour. Mais Plessis n'est pas seul. David Ginola est également sur les rangs. "Si demain (Bazin) devait m'appeler pour prendre des responsabilités au sein du club, c'est quelque chose que je ferais avec un immense honneur et un plaisir extraordinaire", a-t-il confié sur les ondes de RMC.

Selon les informations de nos confrères de L'Equipe et France Football, la démission de Villeneuve ne serait plus qu'une question d'heures. La bataille de succession s'annonce sanglante.

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