Un marché des transferts bloqué La DNCG avait déjà tiré la sonnette d'alarme en annonçant un déficit cumulé de 100 millions d'euros au 30 juin pour l'ensemble des clubs de Ligue 1 et Ligue 2. Tous le monde se met donc à la diète. La tendance amorcée l'été dernier se confirme, le marché des transferts est à l'arrêt. La fin de la Coupe du monde n'y changera rien : un cycle d'austérité s'ouvre.
"On n'a pas d'argent." La sentence prononcée par Jean-Louis Triaud, président des Girondins de Bordeaux, dans le journal L'Equipe pourrait être reprise par l'ensemble de ses collègues en France. L'heure est à la rigueur pour les clubs après des années de croissance non pas irraisonnées, mais non réfléchies. "On ne peut pas nous demander d'investir des mille et des cents, continue Jean-Louis Triaud. J'entends à droite et à gauche que l'on serait intéressé par Loïc Rémy (NDLR : joueur niçois) ou André-Pierre Gignac (NDLR : attaquant de Toulouse). Mais si leur prix, c'est quinze millions, je crois qu'on n'est pas au fait de la réalité du marché." La réalité pour les clubs de Ligue 1 est sombre.
L'heure est à la rigueur pour diverses raisons. Côté club, on dénonce les promesses non tenues de l'Etat. Et notamment de la suppression en cours d'un avantage comme le droit à l'image collective (DIC) deux ans avant son terme. La crise économique est également pointée du doigt puisqu'elle rend plus difficile la prise de décision chez les partenaires.
Le tableau ne serait pas complet sans les incertitudes liées à la négociation des droits de retransmission. Les clubs ont encore deux ans devant eux avec un contrat à 668 millions d'euros par an, mais les déclarations successives d'Orange laissent planer un sérieux doute sur le maintien à niveau de la principale source de recette des clubs. A la peur de manquer demain, les clubs se heurtent également à la réticence des partenaires à investir à cause du contexte économique, on l'a déjà dit, mais également par la dégradation de l'image du football liée à la piètre performance de l'équipe de France lors de la Coupe du monde en Afrique du Sud. Enfin, une autre source de recettes des clubs s'est tarie : les transferts. Non seulement les clubs étrangers, et anglais notamment, ne viennent plus faire leur marché en France en injectant des liquidités, mais les clubs français eux-mêmes se singent. Tous veulent vendre avant d'acheter. Ce qui bloque les transactions.
Ce n'est pas un hasard, si une formation comme l'Olympique de Marseille, le champion de France, annonce publiquement sa volonté de baisser sa masse salariale de 10%. A court terme, les joueurs devraient être les premières victimes de cette situation. Agent de joueurs, Bruno Satin annonce des lendemains qui déchantent pour plusieurs professionnels. "Evitez d'arriver libres sur le marché, on ne sait pas à quelle sauce vous allez être mangés", conseille-t-il à ses joueurs dans L'Equipe. "Pour certains, les revenus seront divisés par deux ou trois ? Un joueur à 50.000 euros mensuels va vite devenir un joueur à 20.000", prévoit-il. En son temps, la DNCG a également dénoncé ces joueurs moyens rémunérés au-dessus de leur valeur. Si les joueurs vont subir les conséquences, les agents vont également trinquer. Faute de transfert, ce sont des commissions qui s'envolent : 40 millions d'euros en 2008-2009, combien cette saison ?...


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