Porte ouverte pour Gignac et Lucho
Vincent Labrune est revenu sur les cas Lucho Gonzalez et André-Pierre Gignac. Concernant le premier, il a affirmé qu'il "a fait part de son envie de quitter l’OM l’été dernier, mais aucun club ne pouvait lui assurer son niveau de rémunération", ajoutant: "Je ne vois pas pourquoi la situation changerait cet hiver. La porte est ouverte, s’il veut rester, il restera. S’il veut partir, il partira" Quant à Gignac, Vincent Labrune a assuré qu'il n'était pas à vendre et qu'il n'avait "pas reçu d'offres de Fulham" pour APG.
Labrune fait le point sur l'OM
Jeudi 5 janvier 2012 - 17:51
Invité de l’émission Luis Attaque sur RMC, le président de l’Olympique de Marseille Vincent Labrune a fait un tour complet de sa présidence, mais aussi de l’actualité de l'OM et… du PSG. Selon lui, l’OM ne pourra pas rivaliser – financièrement du moins – avec son rival honni dans les années à venir.
Vincent Labrune est un homme de média dont la parole est pourtant rare. Hormis une grande interview accordée à nos confrères du quotidien régional La Provence en début de saison, le président de l’Olympique de Marseille qui a succédé à Jean-Claude Dassier l’été dernier a eu du pain sur la planche, mais a toujours agi en sous-marin, sans en faire l’étalage dans la presse : "Je ne fais que ça, régler des cas. Mais je n’ai pas besoin de faire beaucoup de bruits, je suis un homme de dialogue, en coulisse. Je préfère qu’on crève l’abcès très vite. Chacun a son mode de fonctionnement." Et d’ajouter : "La star, c’est le club, les joueurs et l’entraîneur. Je n’ai pas à me mettre en avant."
La gestion du cas Deschamps – Anigo
Ainsi, outre les états d’âme d’André-Pierre Gignac, le bras droit de
Margarita Louis-Dreyfus a eu à gérer le clash entre l’entraîneur
Didier Deschamps et le directeur sportif
José Anigo. "
Cela fait deux ans et demi que Didier est au club, on se parle très régulièrement, idem avec José, la situation je la connais", a-t-il ainsi déclaré. "
Après, encore une fois, cela a "pété" car, de mon point de vue, les nerfs étaient à fleur de peau. On est des grands garçons, on s’est parlé. L’intérêt général a primé sur les intérêts personnels."
Et de rappeler les derniers résultats qui jouent largement en la faveur de ce duo : "
Sur ces dix dernières années, le club référent, c’est l’OL. Depuis trois ans, le meilleur c’est l’OM, on termine trois fois devant l’OL, on a gagné cinq titres avec l’organisation actuelle. Donc, il n’y pas de raison de tout chambouler."
Le podium, objectif vital financièrement
Vincent Labrune est également revenu sur le redressement sportif du club qui s’en est suivi, condition sine qua non selon lui pour les finances du club : "
On était quinzièmes à la 8e journée de Ligue 1, on a bien redressé la barre. Il faudra maintenir la même moyenne de points pour être dans les trois. Pour rattraper le PSG, cela ne dépend pas que de nous, le titre cela va être très dur. Si on ne finit pas dans les trois premiers, cela risque d’être compliqué financièrement. On a beaucoup investi à l’été 2009 et 2010, en contrepartie, on a très peu vendu. On a perdu 15 millions d’euros en juin 2011, on perdra idem l’été prochain. On a acheté des joueurs très cher, et surtout, on n’a pas eu la capacité à en vendre pour que le club tourne. Si on ne vend pas de joueur, on ne peut pas s’en sortir."
Et lorsque la qualité de jeu a été pointé du doigt, le président olympien s’est montré des plus pragmatiques : "
Au football seul le résultat compte, c’est l’histoire de Marseille. On n’a jamais gagné tous nos matches 4 ou 5-0. Historiquement, on est plus performant en deuxième partie de saison, on verra bien comment ça se déroulera, j’espère qu’on finira fort." Et de faire l’éloge de son entraineur : "
Je savais que ça allait être dur, Didier Deschamps est resté, c’est notre meilleure recrue. Je savais qu’en le gardant, on aurait une sécurité en terme de résultats."
L’OM doit plus former, et mieux vendre
Concernant l’aspect recrutement,
Vincent Labrune a concédé que l’OM s’était trompé ces dernières années en ne favorisant pas l’éclosion des jeunes pousses du centre de formation. Hormis
Jordan Ayew, peu de joueurs sont sortis. Omrani et Gadi sont aux portes de l’équipe première, mais cela reste encore insuffisant selon lui : "
On a un déficit en formation, ce n’était pas la politique du club et c’est une erreur. Il faut à l’avenir donner des moyens supplémentaires à la formation." Et d’enchainer sur la nouvelle puissance financière du PSG qui risque d’annihiler le marché des transferts : "
Il sera possible de faire une belle équipe avec des joueurs français, il ne sera pas possible de rivaliser avec le PSG. L’argent ne fait pas tout, mais fait beaucoup. Aucune jalousie, au contraire, cela nous motive."
Toutefois, Vincent Labrune estime que l’OM possède en son sein des joueurs importants, qu’il faudra conserver le plus longtemps possible : "
Je suis convaincu que j’ai des joueurs à forte valeur marchande, mais je suis convaincu qu’il faut qu’ils restent car on a un beau groupe, on fera les comptes à la fin." A la recherche d’un attaquant pour pallier les absences des frères Ayew, l’OM a trop de limites financières pour dénicher la perle rare. Toutefois, non sans humour, Labrune avance que, "
pour rien au monde je n’échange Pato pour Ayew ou Rémy". Pas sûr que les supporters pensent comme lui…
J.F