Une semaine seulement après son arrivée en Bretagne comme conseiller sportif du président René Ruello, Rolland Courbis prend la place de Philippe Montanier, limogé après l’élimination à domicile du Stade Rennais en Coupe de France. Au cours de sa première conférence de presse en tant qu’entraîneur de Rennes, Courbis s’est défendu d’avoir prémédité ce changement.

Arrivé il y a une dizaine de jours au sein du club, d’abord en tant que conseiller sportif du président, Rolland Courbis, après avoir claqué la porte de Montpellier au cours de la trêve hivernale, a été propulsé sur le banc à la suite d’une élimination humiliante en Coupe de France (1-3) contre Bourg-en-Bresse (Ligue 2), à domicile. Bourg-en-Bresse, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder un vase qui était déjà en train de déborder…, souligne Rolland Courbis, en référence à l’insatisfaction déjà patente, tant de la direction du club que des supporteurs, vis-à-vis des prestations en dents de scie de l’équipe dirigée par Philippe Montanier. Concernant les conditions de son arrivée, il a montré qu’il n’avait rien perdu de son sens de la formule : Je réponds que dans «conseiller», je ne veux pas enlever «seiller». J’étais venu pour me reposer agréablement et être conseiller. Ce qui arrive à Philippe (ndlr, Montanier), ça arrive aux entraîneurs. Un jour on remplace, un jour on finit par être remplacé. Je me retrouve, par un concours de circonstances, au Stade Rennais, un grand club français. Permettez-moi d’en être fier. Philippe reste un très bon entraîneur.

Si j’avais refusé, ils en auraient pris un autre avait-il aussi déclaré mercredi soir au micro de RMC, son employeur en tant que consultant. Mais à son arrivée à Rennes, l’éventualité d’un changement d’entraîneur lui avait effleuré l’esprit : Un, je le savais. Deux, c’était une évidence. Trois, celui que ça peut choquer, je ne le comprends pas avait-il répondu à ceux qui l’accuseraient de trahison envers Montanier.

Il fixe au club breton l’objectif la deuxième place du classement. Je n’ai pas l’impression verbalement de faire un exploit en disant : et pourquoi pas la deuxième place ?, déclare le technicien devant de nombreux journalistes. La deuxième place est possible pour Rennes, puisque la première est impossible, c’est arithmétique, ajoute-t-il. Le Stade Rennais est actuellement 6e du classement à 5 points seulement de l’AS Monaco, dauphin du Paris SG. Le nouvel entraîneur est toutefois mesuré quant à ses attentes à court terme. Si je pensais aujourd’hui détenir la clé pour que l’équipe que j’entraîne gagne, ce serait extraordinaire, tempère-t-il. Le premier test aura lieu dès ce vendredi, pour la 22e journée de Ligue 1, avec la réception d’Ajaccio.
Nicollin égratigné

Au cours de sa conférence de presse, Rolland Courbis n’a pas manqué de répondre à Louis Nicollin, dont il regrette, entre les lignes, qu’il ne l’ait jamais véritablement adoubé comme Pailladin. Loulou Nicollin voit ses Pailladins, Laurey, Der Zakarian, avec tant d’affection qu’il pense qu’ils ont deux cerveaux, a-t-il ainsi ironisé.

Dans L’Equipe, Courbis était déjà revenu sur ses relations avec le président de Montpellier : Mais qui m’a fatigué ? Il a oublié ? J’étais épuisé, je me suis reposé pendant un mois et ça m’a fait du bien. Ces réflexions, je les ai avalées pendant deux ans… Je n’arrive pas à comprendre : il voulait que je démissionne, j’ai résisté, je pars gratuitement, je lui dis au revoir et ça ne va toujours pas ! Je suis désolé qu’il puisse penser que j’allais être chômeur longtemps (…)