Kombouaré, un renvoi qui fait réagir
Jeudi 22 décembre 2011 - 18:41
Les acteurs du football français, et principalement les entraîneurs et anciens entraîneurs, réagissent vivement devant le renvoi d’Antoine Kombouaré, annoncé ce jeudi. Si la plupart sont consternés par le comportement des dirigeants du Paris Saint-Germain, qui se séparent de leur technicien au moment où celui-ci vient d’être sacré champion d’automne, difficile de cacher que cette décision était prévisible.
Le Paris Saint-Germain n’est pas en train d’améliorer sa cote de sympathie. Alors que l’AFP révèle ce mercredi que les dirigeants du club de la capitale ont signifié à leur entraîneur, Antoine Kombouaré, qu’il était démis de ses fonctions, et que l’on attend l’officialisation de cette information par le PSG lui-même, la réaction du milieu footballistique français ne s’est pas fait attendre. De nombreux entraîneurs, ou anciens entraîneurs, sont consternés par les décideurs franciliens, et s’élèvent contre cette éviction. "Je suis très triste pour Antoine Kombouaré, quelqu'un qui a une qualité professionnelle sans faille. Je sais qu'il a un moral d'acier. Il ne tardera pas à rebondir. Il n'a pas perdu la face et son honneur", déclare ainsi Guy Roux, dans des propos relayés par Europe 1.
L’Unecatef, le syndicat des entraîneurs, a évidemment tenu à soutenir le Kanak, par la voix de son président Joël Muller. Dans un communiqué officiel, celui-ci "condamne formellement le licenciement d'Antoine Kombouaré et de ses adjoints par la direction du PSG (...) Quels que soient les motifs, rien ne peut justifier ni excuser la mesure d'exclusion brutale qui vient de frapper Antoine Kombouaré et son staff et que, à l'évidence une immense majorité de la famille du football, et bien au-delà réprouve." Déjà derrière le technicien au mois de novembre, quand les rumeurs avaient annoncé l’arrivée de Carlo Ancelotti, l’Unecatef n’en démord pas : "Que lui reproche-t-on ? De n'être pas assez glamour, pas assez people, pas assez performant ? L'Unecatef sera au côté d'Antoine Kombouaré aussi longtemps et aussi fermement qu'il le faudra dans les combats que le technicien parisien souhaitera engager pour la défense de ses droits, de son image et de sa réputation aujourd'hui scandaleusement bafoués."
José Anigo, pourtant directeur sportif de l’Olympique de Marseille, avoue lui aussi ne pas bien comprendre le choix de l’ennemi juré parisien : "
C'est surprenant parce que l'équipe est première à mi-parcours avec un bon entraîneur reconnu comme tel et comme étant un bon mec, ça va faire du bruit dans le monde du football. Faire partir l'entraîneur alors que le classement montre qu'il a rempli les objectifs fixés par son club... Vu de notre petite province, c'est surprenant. Il y a des choses dans le foot qui m'interpellent." Comme Anigo, Charles Villeneuve, l’ancien président du PSG, s’est exprimé sur
RMC, mais n’est pas surpris par l’éviction de Kombouaré : "Elle était attendue depuis le début quand les actionnaires qataris ont repris le club. On aurait mieux compris qu'ils évincent Antoine Kombouaré dès le départ plutôt qu'aujourd'hui. Ils ont pour stratégie de faire du PSG l'un des dix clubs les plus huppés d'Europe d'ici trois ou quatre ans. Comme ils ont des moyens exorbitants, ils veulent faire venir un entraîneur de renom capable d'attirer de grands joueurs au PSG. C'est une culture très différente de la nôtre. On n'en a pas encore pris l'habitude en France. Ce sont des méthodes brutales qui existent dans tous les championnats européens."
Au micro d’
Infosport +, le consultant de
Canal + et champion du monde 1998
Christophe Dugarry, relativement habitué à donner son avis sur la
Ligue 1, n’ y est pas allé de main morte : "
Je trouve scandaleux de virer un coach qui était apprécié de ses joueurs, des supporters et qui avait trois points d'avance au classement. Le PSG a inventé quelque chose de nouveau, à savoir limoger quelqu'un quand les résultats vont bien. C'est une première en France et peut-être également dans le monde. J'espère que Leonardo a de bonnes informations car il ne pourra pas se manquer."