Christian Gourcuff ne sera plus l’entraîneur de Lorient la saison prochaine. Le technicien des Merlus s’est exprimé sur les raisons de son départ et sur son avenir, qui pourrait s’écrire à la tête de la sélection algérienne.

A Lorient, cela fait longtemps que ni Christian Gourcuff, ni son président Loïc Féry, ne tentent de préserver le suspense. En poste à la tête du FC Lorient depuis 2003, après deux précédents passages (1982-1986 et 1991-2001), le technicien des Merlus ne prolongera pas son contrat qui arrive à expiration au mois de juin prochain. Dans un long entretien accordé à L’Equipe, Gourcuff revient sur les raisons de son départ. Je ne me reconnais plus dans le FCL. On vend une image, mais quand on commence à vendre l’image, on n’existe plus. Il faut être et ne pas donner l’impression d’être, a expliqué l’intéressé, qui ne se prive pas de largement égratigner son président : Avec Féry, cela a d’abord très bien fonctionné parce que chacun restait à sa place. Ça m’irritait qu’il se balade avec son écharpe du club, fasse ses interviews d’après match, mais j’étais capable de me retenir. On fonctionnait bien dans le travail. Quand il y a eu dysfonctionnement, je l’ai dit.

Un dysfonctionnement intervenu lors de la vente de Mario Lemina, au dernier jour du mercato estival et qui avait provoqué la colère de l’entraîneur lorientais. Pour autant, ce dernier se défend d’être ingérable : Jean-Maurice Besnard, le seul président (de 1984 à 1989) qui m’ait viré, est un ami. Noël Couëdel (président de 1998 à 2000) est un ami, René Ruello (président de Rennes de 1990 à 1998 et de 2000 à 2002), je ne peux pas dire que c’est un ami, mais j’ai toujours des contacts. Par contre, avec certains présidents, le courant ne passe pas, avant d’admettre qu’il commence à ressentir une certaine lassitude dans le Morbihan : Les séances tiennent la route, mais c’est de plus en plus dur de les faire évoluer. Un nouvel entraîneur surfe sur la vague. Mais quand tu as fait vingt-cinq ans au même ­endroit…

Christian Gourcuff pourrait d’ailleurs rebondir là on ne l’attendait pas, à savoir à la tête d’une sélection. Il a déjà noué des contacts avec la Fédération algérienne et pourrait donc être le prochain sélectionneur des Fennecs. L’intérêt, dans une sélection, c’est d’avoir ­la capacité de créer un collectif performant sur du très court terme. Il y a la pression du temps. Mais si je prends un club, c’est ­pareil, assure-t-il. Lorient, je l’ai fait sur vingt-cinq ans, et je n’ai plus vingt-cinq ans de boulot devant moi. Mon projet sera forcément plus court. Mais c’est tout le football français qui devrait regretter celui qui est considéré comme l’un des meilleurs techniciens du championnat de France.