Élu meilleur entraîneur de Ligue 1 au cours de la cérémonie des Trophées UNFP, René Girard était le premier surpris par cette distinction. Le coach de Lille a devancé le champion de France Laurent Blanc, son dauphin Claudio Ranieri et le Lyonnais Rémi Garde, ce qui n’a pas manqué d’alimenter les débats.

Après avoir été distingué en 2012, où il avait amené Montpellier au titre, René Girard a donc récidivé dimanche soir, rejoignant Claude Puel au palmarès des techniciens doublement titrés dans la catégorie du meilleur entraîneur de Ligue 1. Un titre pour lequel l’intéressé n’a pas caché son étonnement : C’est une agréable surprise. Un garçon comme Lolo (Laurent Blanc, ndlr) qui a été champion de France et qui a gagné la Coupe de la Ligue aurait mérité de l’avoir aussi. De même que Claudio Ranieri, à la tête d’un promu monégasque qui finira la saison autour des 80 points, ou que Rémi Garde, entraîneur d’une jeune garde lyonnaise exemplaire et louée pour la qualité de son jeu… De quoi se poser des questions sur les critères de désignation, lesquels appartiennent aux entraîneurs du championnat.

Respecté dans le monde du football français, René Girard n’a pas pour autant remporté de titre avec le LOSC ou brillé par les prestations de son équipe. Au contraire, le Gardois a souvent été fustigé pour son jeu frileux et sa propension à défendre en conservant le résultat plutôt qu’à attaquer en cherchant à marquer. Un idéal qui ne prend pas le contre-pied de la philosophie de la plupart des entraîneurs français pour qui le meilleur technicien de notre pays s’appelle Aimé Jacquet, champion du monde avec trois milieux défensifs et adepte du gagne-petit.

Champion de France des pauvres

Reste que René Girard a mené le LOSC à la troisième place d’un championnat dont le niveau s’homogénéise de plus en plus derrière les géants financiers parisiens et monégasques. Raison pour laquelle sa tactique, aussi prudente soit-elle, a été récompensée par ses pairs qui voient en l’ancien entraîneur montpelliérain un excellent meneur d’hommes et un capitaine de route capable de transcender ses joueurs et de faire de Lille un européen aux moyens limités comme le fut le Saint-Étienne de Christophe Galtier, lui aussi élu meilleur technicien de France (à égalité avec Carlo Ancelotti) l’an passé.

Des similarités qui ne sont pas sans rappeler l’honneur régulièrement fait aux entraîneurs français comme Élie Baup (1999), Guy Lacombe (2003) ou Jean Fernandez (2010), lesquels font partie de ce que les observateurs les plus critiques appellent le corporatisme à la française, une classe de techniciens issus d’une école dont on peut remettre en cause la philosophie défensive mais qu’on ne saurait critiquer pour ses résultats. René Girard, lui, se moque de la manière. Il trône sur la troisième marche de Ligue 1 et est désormais, selon ses pairs, le meilleur entraîneur du championnat.

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