Bilan Ligue 1 : L'année des présidents
Vendredi 3 juin 2011 - 0:40
De plus en plus présents médiatiquement, les présidents des clubs français n'hésitent plus à monter au créneau, que ce soit pour défendre ou descendre leurs joueurs, leur entraîneur, ou évoquer l'arbitrage, souvent négativement... Petites phrases assassines, coups de gueule médiatiques et coups de poings sur la table des hommes forts des clubs de l'élite ont rythmé l'année. Retour sur la saison des présidents.
Aulas et Nicollin, les grandes gueules
Ils font partie du paysage du football français. Ils, ce sont
Jean-Michel Aulas et Louis Nicollin. Les boss de Lyon et Montpellier ont justifié cette saison leur image de bon client pour la presse. JMA a peut-être été le président de club le plus présent dans les médias. N'hésitant jamais à répondre à une interview, il a eu du pain sur la planche, du fait de l'exercice difficile qu'a vécu "son"
Olympique Lyonnais. Premier défenseur de l'OL, Aulas est également le premier attaquant quand il s'agit de défendre les intérêts de son club, à coup de communiqués de presse assassins pour demander réparation quand un article de presse ne lui plait pas. Il n'a ainsi pas hésité à insulter Vincent Duluc, journaliste de
l'Equipe, accusé selon lui de colporter des rumeurs autour de Lyon, en marge d'une conférence de presse à Arles-Avignon en octobre dernier. Il faut dire que Jean-Michel Aulas a également dû gérer le cas
Claude Puel, dont le départ a été avancé plusieurs fois durant la saison, et qui a été pris pour cible par une frange des supporters lyonnais... Finalement, il a préféré renouveler sa confiance jusqu'au bout à son entraîneur, même si la communication autour de ce dossier a quelque fois été floue. Toutefois, on imagine mal Aulas continuer encore un an avec Puel, et un nouveau changement d'entraîneur, le quatrième en six ans, devrait intervenir cet été.
Loulou Nicollin a également eu du fil à retordre avec son entraîneur,
René Girard. Les deux hommes se sont longtemps cherchés par médias interposés, avant de finalement se réconcilier et que Girard prolonge son bail au MHSC. Mis à part cet épisode, le patron montpelliérain s'est une nouvelle fois fait remarquer par des sorties médiatiques maladroites, teintées de vulgarités. Elles sont toutefois moins nombreuses que par le passé. Nicollin se serait-il assagi ? En tout cas, il tente de redorer son image. En témoigne son récent engagement dans une campagne de pub contre l'homophobie dans le football, où il joue sur son image. "
L'homophobie, c'est un truc de tarlouze", lâche-t-il. Un engagement tout à son honneur.
Leproux et Dassier, les jeunes prennent du galon
Arrivés lors de l'intersaison 2009-2010 à la tête du PSG et de l'OM,
Robin Leproux et
Jean-Claude Dassier ont rapidement pris leurs marques au sein de deux des plus grands clubs français. Le premier nommé a été au coeur des attentions en début de saison, en s'engageant contre la violence qui gangrénait les tribunes du
Parc des Princes. Son "Plan Leproux", vivement critiqué par une frange de supporters, et dont la mesure principale est la suppression des abonnements, afin d'attirer à nouveau les familles du Parc, a tenu bon. Une réussite, qui a été soulignée par le monde du football français, mais également les joueurs du PSG, que l'atmosphère moins pesante a peut-être aidé à aller chercher cette belle 4e place en L1. Reste à voir s'il sera maintenu par les nouveaux actionnaires qataris du club de la capitale.
Son homologue marseillais n'a pas à s'inquiéter sur son avenir. Il a prouvé à
Margarita Louis-Dreyfus qu'il avait les épaules assez solides pour gérer l'OM. Sa gestion du cas Brandao, renvoyé au Brésil, en est peut-être la meilleure preuve. Sa gestion du cas Deschamps, annoncé sur le départ, lui permettra peut-être de s'affirmer. Ses déclarations sur le manque de moyen du club et la volonté de recruter des joueurs libres a toutefois été un faux-pas assez marquant. A lui de le faire oublier en conservant son entraîneur et en réussissant son mercato, après s'être planté dans les dossier
Luis Fabiano et
Alou Diarra l'été dernier. Plus présent médiatiquement pour sa deuxième saison à la tête de l'OM, l'ancien dirigeant de
TF1 s'impose doucement mais sûrement dans le football français.
Et les autres ?
Parmi les autres présidents, on peut également citer le très discret
Michel Seydoux, qui a préféré exprimer son bonheur après le titre de champion de Lille, plutôt que de venir trop souvent sur le devant de la scène. Marcel Salerno, après avoir réussi à prendre la tête d'Arles-Avignon durant l'été, s'est fait remarquer par deux-trois gueulantes. Il fallait au moins ça pour faire le parcours de son équipe... Jean-Louis Triaud, à l'instar de Jean-Michel Alas, a dû gérer une saison compliquée en coulisses, avec le premier faux départ de
Jean Tigana, qui a finalement démissionné... Une saison à oublier pour l'homme fort des
Girondins de Bordeaux.
La fin de saison a également été marquée par le changement de président à Auxerre, le seul d'un club de l'élite cette année.
Alain Dujon a ainsi été poussé dehors par un groupe d'historiques, mené par
Gérard Bourgoin, avec notamment
Guy Roux en tête d'affiche. Dujon, qui a été jugé plus ou moins incompétent pour occuper les fonctions de président, a été remplacé par Bourgoin. Un putsch en bonne et due forme.
Le top des petites phrases
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La Ligue des Champions, les Stéphanois la jouent eux sur Playstation." Le 25 septembre, après la défaite de Lyon face à son rival stéphanois (0-1), Jean-Michel Aulas tente de dédramatiser devant ses supporters. Au match retour, il se verra offrir une console de jeu par un animateur radio local, non sans avoir eu une petit frayeur...
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C’est bien les gars. On est une petite équipe, une petite ville, mais on ne se laisse pas marcher quand même. Pour être champion il ne faut pas laisser passer des trucs comme ça les enfants." Le 31 octobre, après le nul de Valenciennes face à Lille (1-1), Francis Decourrière, le président de VA, se lâche devant les caméras et les Lillois, qui n'apprécièrent guère ce chambrage.
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Je leur pisse à la raie. Quand Brest était leader, on se foutait de leur gueule, c'est pas bien. Il faut toujours que ce soit Lyon, alors? Quand ils se planteront aussi, les gros, on rigolera bien." Le 20 novembre, Montpellier grimpe sur le podium après son succès à Nice (0-1). L'occasion pour
Louis Nicollin "d'envoyer bouler" les détracteurs de son équipe et des petits, à sa façon. Le Comité national de l'éthique décida par la suite de le sanctionner.
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En prenant cette décision, nos supporters montreraient qu'ils ne doivent pas être mis dans le même sac que les supporters parisiens. Au final, les supporters parisiens resteront entre eux, sans personne sur qui taper." Avant le premier Clasico de la saison entre le PSG et l'OM (2-1), les supporters marseillais décident de pas se rendre au Parc des Princes. Un boycott que Jean-Claude Dassier encouragea quelque peu maladroitement...
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Encore une fois, Monsieur Ennjimi n'a pas maîtrisé son sujet... Et pour la énième fois, quand il arbitre Bordeaux, ça se passe mal pour nous. Donc, je tiens solennellement à dire que je ne souhaite plus le voir arbitrer un match de Bordeaux, et que les gens qui choisissent les arbitres, quand ils feront leur choix, puissent se souvenir de cette soirée. " Le 12 février,
Jean-Louis Triaud s'en prend à Saïd Ennjimi, l'arbitre du match Bordeaux-Caen (1-2). L'une des sorties contre un arbitre les plus virulentes de la saison.