Le Sporting Club de Bastia reçoit l’AS Monaco, ce soir, pour le compte de la 26ème journée de Ligue 1. En apparence le déplacement peut paraître compliqué pour les hommes de Leonardo Jardim, en apparence seulement, Furiani n’est plus un stade redouté par les équipes du championnat cette saison. Le Sporting est en grande difficulté, première fois depuis sa remontée en 2012 dans l’élite.

Elle est loin, l’époque des Bastia – Monaco dans les années 90, avec un stade Armand-Cesari en folie derrière son équipe. Aujourd’hui, le Stade ne sera pas plein, le club est mangé par des difficultés sportives et extra-sportives.

Des difficultés sur le plan sportif
Jamais depuis sa remontée de 2012 en Ligue 1, après 25 journées, le Sporting s’était retrouvé dans une situation comme celle-ci. 19ème avec 22 points, les statistiques ne plaident pas en faveur du SCB. À chaque fois qu’une situation dangereuse se présentait, les dirigeants avaient trouvé une solution, le licenciement des entraîneurs, pour palier aux problèmes sportifs comme avec l’éviction de Claude Makélélé ou de Ghislain Printant, la saison dernière. Ces derniers jours, des contacts avec plusieurs entraîneurs français, comme Rolland Courbis, ont été discuté en interne pour essayer de trouver une solution et encore une fois, remplacer l’entraîneur à ce moment de la saison, solution provisoire qui ne permet pas une vision sur l’avenir pour le club. Un remplacement, par un « mercenaire » du maintien ne ferait que venir ajouter un nouveau coach sans projet sportif. Un programme sur le court terme, à l’image des joueurs prêtés, qui garnissent l’effectif cette saison et ne permettent pas au club de se projeter sur plusieurs saisons avec une politique de formation claire et des postes définis. Tout est fait au jour le jour et après plusieurs saisons d’approximations, les résultats négatifs arrivent.

La saison, le reflet d’une mauvaise anticipation ? Le non-recrutement d’un attaquant pendant le mercato d’hiver, alors que les supporters pensaient voir arriver l’attaquant sud-coréen Hyun-Jun Suk, il n’en est rien. Le club a déclaré dans un communiqué qu’il n’a pas pu engager le joueur car il n’a pas réussi, avec les différentes parties, « à télécharger et enregistrer à temps l’ensemble des documents administratifs sur la plateforme internationale authentifiant les transferts ». Un transfert de dernière minute non réalisable alors que le club s’était séparé de l’autre attaquant, Jerson Cabral, dans la même journée. Pas digne d’un club professionnel…

Des difficultés sur le plan économique
Sur l’île, les dirigeants du Sporting sont surnommés « l’académie des 9 ». 9 actionnaires à la tête du club et de la société Uniti, qui ont repris le SCB, lorsque ce dernier était en Ligue 2. Une marque forte en Corse et sur le continent mais avec des moyens pas assez important, pour développer l’entité. Un club dans une mauvaise période attire les investisseurs. Depuis quelques semaines, des candidats seraient intéressés pour reprendre le club. Comme l’affirme le quotidien Corse-Matin, qui annonce avoir été contacté par des candidats à la reprise du club. Il s’agirait d’une équipe d’entrepreneurs locaux. Deuxième solution, le quotidien, indique également que des investisseurs étrangers seraient intéressés par le club en s’appuyant sur des anciens joueurs du club pour la gestion du côté sportif. Même si Bastia, n’est pas le PSG, un club de football, intéresse toujours les hommes d’affaires, pas pour gagner de l’argent mais pour le prestige.

Un problème entre les dirigeants et les supporters
C’est le plus gros problème au sein du club, un souci accentué avec le mercato hivernal raté. Une mauvaise entente entre les dirigeants, « l’académie des 9 » et les supporters. Depuis plusieurs semaines, les fans inconditionnels sont inquiets de l’avenir de leur amour, entraînant la création d’un collectif pour établir de la transparence. « Populu Turchinu », un collectif qui essaye de représenter l’ensemble des milliers d’« accaniti » qui sont en guerre contre le directoire. Pour eux, « il n’y a pas assez de transparence, la communication des dirigeants est catastrophique », pour le groupe, une seule route possible « cette équipe dirigeante doit partir ». Ce qui a provoqué cette colère, c’est l’absence de recrutement cet hiver pour renforcer l’effectif dans une situation catastrophique.
Les supporters sont allés exprimer leur mécontentement devant les locaux du club, la semaine dernière. Face au président, Pierre-Marie Geronimi, qui à lâché : « il n’y a pas d’attaquants sur le marché », une petite phrase qui a fait rire les fans du club présents ce soir-là. Un président allant même à demander aux supporters de suggérer des noms d’attaquants. Face à cette crise, les dirigeants corses essayent de minimiser les problèmes en se montrant dans les médias et listant presque un bilan du mandat de l’actuel président. Synonyme de départ ?

« Il va falloir montrer d’autres qualités pour enflammer ce stade avec le peu de public qu’il y a. Quand vous êtes Corse, je peux vous dire que c’est très difficile d’entraîner le Sporting Club de Bastia », c’est ce qu’a déclaré François Ciccolini en conférence de presse cette semaine. Le fossé est donc bien creusé entre les supporters, les dirigeants et le coach du SCB. Un seul remède, la victoire ce soir face à Monaco en championnat, pour peut-être relancer la ferveur autour du club Corse.

NICOLAS PELLETIER