Des peines d'emprisonnement avec sursis ont été requises mercredi contre le père du capitaine de l'Olympique de Marseille, Lorik Cana et son ancien agent Christophe Mongai, dans le cadre du transfert présumé irrégulier du joueur de Paris à l'OM en 2005.
Devant la 6e chambre du tribunal correctionnel de Marseille, le procureur Marc Cimamonti a requis 18 mois avec sursis et 130.000 euros d'amende contre Agim Cana, poursuivi pour menaces de mort sous condition, exercice illégal de la profession d'agent et complicité d'abus de biens sociaux.
Une peine d'un an avec sursis et de 230.000 euros d'amende, assortie de trois ans d'interdiction d'exercer a également été requise contre Mongai, agent de Cana à l'époque, et aujourd'hui toujours très actif sur le marché.
Les faits remontent à l'été 2005, lorsque l'international albanais, constatant qu'il n'était plus titulaire à Paris, avait souhaité être transféré à l'OM.
Agim Cana aurait alors proféré des menaces à l'encontre du directeur sportif du
Paris SG de l'époque, Jean Michel Moutier, pour tenter d'accélérer le départ de son fils. "Nous allons te montrer les méthodes albanaises", aurait lancé le père du joueur à Moutier, en mimant le geste de braquer un pistolet en direction de Moutier, selon le président du tribunal Vincent Turbeaux.
"violence exprimée, mais pas de menace"
"Nous n'admettons pas l'atteinte à la personne ou la menace d'atteinte à la personne en faisant référence à ces +méthodes albanaises+", a lancé l'accusation. "Il y a eu une conversation houleuse, de la violence exprimée, mais pas de menace", a rétorqué l'avocat du père de Cana, Me Olivier Martin, observant qu'aucune plainte n'avait été déposée par le Paris SG ou l'un de ses dirigeants.
Le père du capitaine marseillais était également poursuivi pour exercice illégal de la profession d'agent, soupçonné d'avoir reçu de la part de Mongai la moitié de sa commission d'agent sur le transfert, soit 131.800 euros. "A quel titre vous payait-il?", s'est étonné le président Turbeaux.
"Tout le monde fait cela, notamment avec les joueurs d'origine africaine. Mais aujourd'hui, je ne le fais plus", a expliqué Mongai.
Ne niant pas la transaction, Me Martin a affirmé qu'il n'y avait "pas eu intention de commettre une infraction", tout en pointant la "responsabilité" de la Fédération française de football, dont la commission chargée des agents n'a pas jugé ce transfert irrégulier. La
FFF a fait preuve de "légèreté" et de "laisser-aller", a dénoncé l'accusation.
Le jugement a été placé en délibéré au 9 septembre.