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La gestion de Pérez critiquée
Mardi 28 février 2006
Oubliant les titres, ainsi que le rêve fou proposé par Florentino Pérez depuis six ans d'aligner la plus belle équipe de tous les temps, sans parler du spectaculaire redressement des comptes d'une institution en décrépitude, la presse espagnole blâme l'ancien président du Real Madrid.
"Un club de football n'est pas une multinationale": la presse espagnole jugeait sévèrement mardi Florentino Perez, après la démission de la présidence du Real Madrid de ce grand patron incapable d'enrayer la marche actuelle du club vers sa troisième saison blanche.
Entrepreneur redoutable, Perez qui a fait du Real le club le plus riche du monde, a "multiplié la vente de maillots, créé une culture d'entreprise (mais) ce succès commercial rend encore plus sanglant son échec sportif", juge El Mundo. "Sa principale erreur a été de croire que le marketing et le chéquier sont suffisants pour obtenir la meilleure équipe du monde".
"Le football a ses règles et un club ne peut être dirigé comme une multinationale", assène El Periodico, selon lequel la démission "scelle l'échec d'un projet dans lequel la magie des chiffres masque une énorme absurdité sportive".
El Pais salue "le sens de l'honneur" de Florentino Perez qui a clairement reconnu sa responsabilité dans l'échec sportif du Real à partir de sa réélection comme président en 2004, marqué notamment par le défilé de quatre directeurs sportifs et autant d'entraîneurs. Mais comme le catalan La Vanguardia, qui juge que Perez "quitte un navire qui fait eau de toutes parts au milieu de la tempête", El Pais pense que le président avait "l'obligation morale et esthétique" de rester en poste et "d'accompagner son équipe jusqu'aux ultimes conséquences".
"Il laisse ses joueurs à un moment dramatique", avant un match contre Arsenal en 8e de finale retour de la Ligue des champions "aux allures de finale de la Coupe du Monde", assure El Pais, qui prédit une hémorragie. "Car voici ce qui va suivre : avec sa démission Florentino Perez va entraîner une bonne part de ses joueurs les plus connus".
"Chute des dieux"
Même les deux quotidiens sportifs madrilènes, très proches voire révérencieux envers le richissime club blanc, ne ménagent pas leurs critiques. Pour Marca, malgré le "triomphe économique et social, (Perez) a commis un grave péché : il n'a respecté presque aucune des règles classiques du football : recruter de façon équilibrée, écouter les techniciens qu'il a lui-même choisis, etc."
"Un départ précipité au mauvais moment", pense As, selon lequel le président sortant "n'a pas été capable de gérer le cirque à six pistes qu'il avait lui-même construit" et s'en va "en laissant la maison en désordre".
Le quotidien sportif catalan El Mundo Deportivo a monté sa Une comme un faire-part d'obsèques, avec cadre noir et titre sinistre "Adieu Galaxie". "Le monstre a dévoré son créateur", estime ce journal qui signale les affrontements publics entre Ronaldo et Raul, le désenchantement de Sergio Ramos comme "le signe de la décomposition de l'équipe, de la chute des dieux".
Le président du Real "a fini dévoré par un vestiaire de prima donna et la super-équipe que le Barça a opposée à une collection de chromos passés de mode", conclut le journal de Barcelone.
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