Football - Equipe de France

Lloris : "On ne mérite pas ça"

Lloris :

Hugo Lloris est d'ordinaire un capitaine discret. Leader technique de l'équipe de France, tant il en est l'une des pièces maîtresses, impérial dans ses buts, le portier n'est pas un "bavard". Mais suite aux critiques qui pleuvent sur les Bleus au sortir d'un Euro 2012 relativement décevant, celui que Laurent Blanc a choisi pour porter le brassard sort de son silence dans les colonnes de L'Equipe ce jeudi. "Résumer le comportement de vingt-trois joueurs à deux incidents, c'est profondément injuste", explique le gardien lyonnais, après "l'affaire Samir Nasri". "Après son but contre l'Angleterre, il a exprimé certaines choses. Cela lui appartient. Cela lui a peut-être joué des tours, d'ailleurs, parce qu'il s'est mis une pression supplémentaire, et son devoir de performance est devenu plus élevé. Le problème, c'est qu'il a été dans le viseur, et que cela a touché indirectement l'équipe. Ce n'est pas à moi de dire si c'était bien ou pas, mais il a tout pour réussir, il n'a pas besoin de ça dans sa compétition. Après l'Espagne, c'était un problème entre lui et un journaliste, qui lui a dit "casse-toi". Je ne cautionne pas les propos de Samir en réponse, il s'en est excusé depuis, d'ailleurs. Mais je trouve inadmissible qu'on résume le comportement de l'équipe de France à cet incident."

Le capitaine poursuit : "Comment peut-on effacer tout ce qu'on a fait pendant deux ans ? L'équipe de France ne mérite pas ça, et de nombreux joueurs ne méritent pas ça. Il y en a qui n'ont pas joué du tout, comme Mathieu Valbuena, et d'autres qui ont perdu leur place, comme Patrice Evra, et qui ont été exemplaires jusqu'au bout, qui ont pensé à l'équipe jusqu'au bout. (...) J'ai l'impression qu'on mélange tout. Associer deux ou trois cas individuels à l'ensemble de l'équipe de France, ça me choque, oui. Sportivement, cet Euro n'a pas été parfait, deux matchs seulement ont été positifs, et la défaite contre la Suède est vraiment dure à comprendre et à avaler, mais il faut juger l'ensemble de notre parcours depuis deux ans. On s'est redressé, on s'est qualifié, on est resté sans perdre pendant 23 matchs, et en ce moment, on est en train de tout détruire. J'ai le droit de trouver ça injuste. Toutes les sélections ont des cycles, et le cycle de deux ans dont nous sortons nous a fait passer un cap."

Lloris : "Rien à voir avec 2010"


Loin d'être directement concerné par les débordements de Nasri, Lloris l'a été par des insultes de Jérémy Ménez à son égard, mais prend une nouvelle fois la défense de son coéquipier, en bon capitaine : "Soyons honnête, c'est moi qui lance les hostilités. Sur le terrain, il n'y a pas de sentiment à avoir, on n'a pas le temps de dire "s'il te plaît, excuse-moi". Alors on se lance des flèches, mais ça n'empêche pas de se serrer la main et de se respecter à la fin. Je ne veux pas du rôle du gentil dans cette affaire. Je ne sais plus ce que je lui ai dit, mais je l'ai pourri, et c'était normal. Je ne sais pas non plus ce qu'il m'a dit, mais cela se passe comme ça dans n'importe quelle équipe. Après, on pourrait en discuter en prenant le thé, mais pas là, pas dans le feu de l'action."

Alors que pour beaucoup d'observateurs, le fantôme de Knysna a ressurgi en Ukraine, l'ancien Niçois refuse la comparaison avec le Mondial sud-africain : "Mais cela n'a rien à voir ! Ce sont deux situations complètement différentes. En 2010, on s'était mis en situation de faute professionnelle, avec tous les événements que l'on connaît, et au-delà de l'échec sportif le poids de l'extra-sportif avait été considérable. Là, tout le monde a joué à fond, dans la préparation comme dans la compétition." Et alors que la question de la prolongation de contrat de Laurent Blanc est au cœur des débats, le sélectionneur étant en fin de contrat, Lloris prend clairement position en faveur de son coach : "Le bilan de ces deux années est vraiment positif. Dans le football, tout le monde a besoin de temps et de stabilité. Il faut de la continuité. Aujourd'hui, tout le monde adhère à la philosophie et au discours du sélectionneur. Le choix de la suite appartient au président et au sélectionneur, pas à nous. Mais on est favorable à la continuité."


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