Les soutiens de Domenech se raréfient
Mardi 9 septembre 2008 - 10:41
Le journal L'Equipe publie des extraits du procès verbal du conseil fédéral de la Fédération française de football (FFF) qui a décidé du maintien de Raymond Domenech à la tête de l'équipe de France. Un document édifiant où la FFF ne sort pas grandie. Oui, Domenech est victime d'un lynchage médiatique. Mais est-ce que le sélectionneur ne serait-il pas, lui aussi, responsable de cette situation ?
Pour ceux qui ont manqué un épisode : Raymond Domenech n'est plus désiré comme sélectionneur de l'équipe de France. Contesté dès sa nomination, critiqué sur le fond et la forme, Domenech est devenu une cible. La parution dans le Journal L'Equipe du procès verbal relatant le vote du conseil fédéral, le 3 juillet dernier, en faveur du maintien de Domenech, n'est qu'une nouvelle illustration du climat détestable qui entoure l'équipe de France. L'homme cristallise aujourd'hui toutes les rancoeurs ravivées par l'humiliation subie en Autriche (défaite 3-1).
Selon ce procès verbal, le conseil fédéral était plus divisé sur le maintien de l'ancien sélectionneur des Espoirs qu'on a bien voulu le dire. Le vote quasi unanime (18 voix pour, 1 abstention) aurait dû susciter des interrogations. Des opposants au maintien du sélectionneur après le fiasco de l'Euro 2008 se sont exprimés mais n'ont pas voté contre. Il semble que les interventions du Directeur technique national, Gérard Houllier, du président de la Fédération ( FFF), Jean-Pierre Escalettes, et du vice-président Noël Le Graët, aient été décisives.
"Domenech a la compétence, la connaissance des joueurs, la détermination et la conviction pour rebondir", a plaidé Houllier, qui s'est dit "d'autant plus à l'aise qu'on (le) considère comme un opposant de Raymond Domenech".
Dans son édition de mardi, L'Equipe reproduit les déclarations des membres du conseil. Celle de Jean-Pierre Escalettes est stupéfiante. "La Fédération est une famille, pas un club. La campagne des anciens de France 98 a été trop insistante, parfois indécente. L'équipe de France est le patrimoine de la Fédération, pas celui d'un clan". Pour le président de la FFF, il fallait donc maintenir coûte que coûte un homme du sérail, de la DTN en somme.
Le vice-président Bernard Bacourt, refusant d'être "une potiche", a quitté la salle avant de pouvoir participer au vote à main levée. Il avait notamment exprimé "un dernier souhait : que les décisions que l'on va prendre ne nous rendent pas ridicules". "Pas partisan du maintien de Domenech", Christian Teinturier s'est abstenu. L'homme avait vu juste à l'époque avec cette phrase prémonitoire : "Aujourd'hui, j'ai une grosse inquiétude : ne faisons-nous pas que reculer pour mieux sauter dans quelques semaines, en ayant peut-être hypothéqué nos chances de qualification ?"
