Insubmersible
Lundi 13 octobre 2008 - 8:41
Après avoir résisté à la tempête de l'Euro 2008, Raymond Domenech tient bon la barre de l'équipe de France. La seconde mi-temps contre la Roumanie efface tout. Et tant pis si personne ne comprend la titularisation de Jean-Alain Boumsong, Domenech est et restera le sélectionneur des Bleus. Il faut ranger les couteaux.
Raymond Domenech doit avoir une bonne étoile. Ses chances de survie à la tête de l'équipe de France étaient si minces avant le match en Roumanie, qu'il fallait un miracle pour le sauver. Sa bonne étoile lui a rendu un Franck Ribéry pétaradant et lui a envoyé Yoann Gourcuff. Les Bleus ont eu chaud en Roumanie. Deux buts encaissés après seulement vingt minutes, une défense passoire, le purgatoire n'était pas loin. Mais le retour au tableau d'affichage des Bleus, dans un contexte difficile avec des forfaits en série, plaide en sa faveur. Tout comme le soutien affiché des joueurs de l'équipe de France et de membres influents du Conseil fédéral de la Fédération française de football (FFF). A tel point que le point arraché en Roumanie est considéré comme une victoire ou presque alors que la France a plutôt perdu deux points dans l'affaire.
Le défenseur central Jean-Alain Boumsong a dit dimanche qu'il "ne comprendrait pas" que le conseil fédéral licencie Raymond Domenech mercredi, après le nul (2-2) de l'équipe de France qui a prouvé que le sélectionneur "a les compétences". "C'est personnel ce que je vais dire, mais sur un match comme celui-là, vraiment, il y a quelque chose qui s'est créé. Décharger l'entraîneur ne serait pas favorable, a-t-il ajouté. Pour moi il a les compétences pour diriger cette équipe. A la mi-temps, ses mots on été d'une grande justesse et son message est passé." Le soutien de Boumsong peut se comprendre. Le défenseur lyonnais ne joue pas en club, mais il continue d'être appelé en équipe de France alors que ses prestations sont à chaque fois insuffisantes.
L'attaquant de l'équipe de France Thierry Henry a également estimé dimanche que l'"acharnement" visant le sélectionneur était difficile à gérer pour les joueurs. "Nous on est tous avec le coach. Il a eu des moments difficiles avant la Coupe du Monde en 2006, en 2008 très difficiles, là encore... Mais il est là avec nous et il ne se cache pas. Nous on est tous avec lui. C'est pas toujours évident mais à aucun moment il ne montre une défaillance", a-t-il assuré. Ici encore, l'attaquant de Barcelone a intérêt au maintien de Domenech. Sans l'ancien sélectionneur des Espoirs, est-ce que Thierry Henry serait toujours titularisé ?
Les Bleus ont maintenant quatre points après trois matches. Un bilan honorable. Sans plus. Ce qui pose l'éternelle question du maintien de Domenech. Mais comment s'en séparer après la Roumanie ? Pour l'ensemble de son oeuvre, Domenech doit laisser sa place. Seulement, le Conseil fédéral, qui se réunit le 15 octobre, n'est pas sur cette tendance. Il ne veut pas casser la nouvelle dynamique des Bleus. Et puis qui mettre à la place de l'actuel sélectionneur ? On a bien compris que Didier Deschamps n'était pas le premier choix. Gérard Houllier a dit non et Laurent Blanc n'est pas libre. Comme à chaque fois depuis son intronisation, en 2004, Raymond Domenech reste donc en place par défaut.