France 98 se déchire sur les quotas

Football / Actualités

France 98 se déchire sur les quotas

France 98 se déchire sur les quotas

Jeudi 5 mai 2011 - 10:34

L'affaire des quotas ethniques, révélée par Mediapart, n'en finit plus de secouer le football français. Alors que les deux Commissions chargées de faire la lumière sur cette affaire sont à pied d'oeuvre, les Bleus de France 98, si solidaires par le passé, sont divisés sur ce thème. Laurent Blanc, l'un d'entre eux, est au coeur de la tourmente.

Symboles d'entre les symboles de la France black-blanc-beur, les Bleus vainqueurs de la Coupe du monde 1998 n'ont pu rester insensibles aux révélations du site Mediapart concernant les quotas ethniques dans le football français. D'autant plus que Laurent Blanc, l'un de leurs représentants les plus en vue, de par sa fonction de sélectionneur, se retrouve au coeur de ce scandale. Fragilisé par ses propos tenus lors de la désormais fameuse réunion du 8 novembre 2010, l'ancien défenseur peut compter sur le soutien d'une partie de ses anciens partenaires de la glorieuse épopée de France 98. Mais certains n'ont pas hésité à le remettre publiquement en question. Parmi ces derniers, le plus virulent a sans nul doute été Lilian Thuram.

Thuram : "derrière, il y a une idéologie"

N'hésitant jamais à monter au créneau ces dernières années, l'ancien partenaire de Blanc en défense reconnaît sans problème que le sélectionneur des Bleus "n'est pas raciste ", mais qu'il est est "fragilisé par ses propos"". On en a discuté ensemble au téléphone mais je pense par contre que derrière, il y a une idéologie", a expliqué au JT de France 2 Thuram mercredi soir, lui qui avait déjà réclamé des sanctions dans l'émission Téléfoot, dimanche dernier. "Laurent Blanc a dit lui-même: "Si certains ont cautionné un projet avec des quotas, il faut les punir"", avait-il alors lancé. Même son de cloche chez Bernard Lama, interrogé sur Football365 sur cette affaire. "Son image ne sera plus du tout la même, a expliqué l'ancien gardien au sujet de Blanc. Comment va-t-il réagir à cela ? Il dirige une équipe où il y a Rami, M'Vila, Diarra, Evra, Benzema ou Ben Arfa. Tous des garçons issus de la diversité et de l'immigration. Comment va-t-il se comporter avec ces garçons-là ? Même si ses propos ont dépassé sa pensée, c'est quelque chose qu'il avait en lui. C'est choquant et est étonnant d'entendre ce genre de choses."

Dugarry-Thuram, le clash

Parmi les défenseurs de Blanc, on retrouve au premier rang Christophe Dugarry. Le consultant de Canal + s'est indigné des attaques subies par le sélectionneur. "Je suis inquiet de voir Blanc s'en aller. On le met en énorme difficulté en pensant qu'on peut le virer, entre guillemets. Mais il peut également partir de lui-même", a-t-il avoué. L'ancien joueur des Girondins de Bordeaux s'en ait pris à Lilian Thuram, coupable à ses yeux de trop charger Blanc. "J’ai toujours l’impression qu’il veut donner des leçons de comportement à tout le monde en disant qu’il faut que certain fasse ceci et pas cela, comme avec Patrice Evra où il fallait presque le guillotiner parce qu’il était capitaine de l’équipe de France et qu’il n’a pas voulu descendre du bus", a expliqué Dugarry sur Infosport. Ambiance, ambiance...

Et Dugarry de lâcher une anecdote datant de la victoire du 12 juillet 1998 sur Thuram. "On était en train de prendre des photos avec la Coupe du monde, entre nous. Et Lilian dit : "Allez les Blacks, on fait une photo tous ensemble". Moi, je n'ai pas relevé, je n'ai pas fait l'amalgame, je n'ai pas mal interprété ses propos. Franck Leboeuf, lui, a remarqué et a lancé : "Lilian, qu'est-ce que tu dis ? Et si, moi, je disais : allez les Blancs, on fait une photo tous ensemble ?". Mais à aucun moment on s'est dit que Lilian était raciste. Lilian ne doit pas oublier qu'il arrive à tout le monde de dire des choses qui dépassent sa pensée ou qui peuvent être mal interprétées." Soudés par le passé, notamment quand il s'agissait de tacler Raymond Domenech, les représentants de France 98 s'étripent désormais joyeusement dans les médias, sur une affaire que certains enveniment par leurs propos, plutôt que de laisser les instances dirigeantes faire leur travail. Symbole de cette génération, Zinedine Zidane, comme à son habitude, n'a toutefois pas préféré s'en mêler. Ce n'est peut-être pas plus mal...

Réagissez à cet article

Buzz sport

Transferts Foot

Fil infos sport

Direct Live

Vos articles préférés

Chiffre du jour

Phrase du jour