Un inculpé a accusé mercredi devant la Haute Cour de Belgrade deux autres prévenus d'avoir été les "organisateurs" de l'attaque qui a coûté la vie au supporteur français Brice Taton, en septembre dernier dans la capitale serbe.
Dejan "Puzigaca et (Ivan) Grkovic sont les organisateurs de toute cette attaque. Je pense que nous avons été tous manipulés par eux", a déclaré Stepa Petrovic, un élève d'une vingtaine d'années d'une école de commerce à Belgrade.
C'est la première fois depuis le début du procès des meurtriers présumés de Brice Taton, le 21 avril, que l'un des inculpés pour "meurtre aggravé" dans cette affaire accuse d'autres prévenus.
Quatorze inculpés, dont deux sont en cavale, parmi lesquels Dejan Puzigaca, sont jugés par la Haute Cour de Belgrade depuis la semaine dernière.
Ivan Grkovic, un étudiant en droit de 27 ans, avait déclaré son innocence à l'ouverture du procès.
Stepa Petrovic a également reconnu avoir porté un coup de pied "dans les côtes et les reins" d'une personne qu'il a ensuite reconnue dans la presse comme étant Philippe Maury, un autre supporteur français qui a effectivement été blessé lors de l'agression.
Là aussi, c'est la première fois qu'un prévenu reconnaît avoir frappé quelqu'un.
Stepa Petrovic n'a pas fourni par contre de précisions sur Brice Taton lors des événements.
L'agression des supporteurs serbes s'est produite le 17 septembre dernier, à quelques heures d'une rencontre d'Europa League entre le Partizan Belgrade et le
Toulouse FC.
Grièvement blessé au thorax et à la tête par des supporteurs serbes, Brice Taton a succombé à ses blessures après douze jours d'agonie.
"Notre plan était de les attaquer pour s'emparer des équipements des supporteurs (français), de leurs drapeaux et de leurs écharpes", a raconté Stepa Petrovic.
Selon lui, le groupe des assaillants serbes comportait une quinzaine d'individus.
Il a indiqué aussi avoir vu "deux supporteurs français" mis à terre lors de la bagarre.
"Je regrette que Brice Taton soit mort, d'avoir participé à cette bagarre et d'avoir été manipulé", a-t-il encore dit.
Les prévenus qui ont défilé jusqu'ici ont admis pour la plupart avoir été présents sur les lieux, tout en affirmant ne pas avoir été impliqués directement dans la bagarre.