L'Espagne gagne mais ne séduit plus
Dimanche 1 juillet 2012 - 15:22
Auteur d'un Euro moyen, l'Espagne est en finale. Référence mondiale du beau jeu, la Roja ennuie cette fois. La lassitude des observateurs face à une équipe double championne du monde et d'Europe ? Elle gagne, et c'est bien là l'essentiel. Les Espagnols peuvent réaliser un exploit historique en cas de victoire dimanche face à l'Italie.
Mais où est passé le beau jeu à l'espagnole ? Depuis le début de l'Euro, la Roja ne régale plus. Finies les multiplications de passes dans la surface adverse, les ouvertures millimétrées, les enchaînements à une touche de balle. L'Espagne s'ennuie, et nous ennuie surtout. En ligne de mire, Xavi. Bien moins inspiré que par le passé, le métronome barcelonais sort d'une saison moins impressionnante que les précédentes. A élever chaque année son niveau de jeu, on a fini par être exigeant. Très discret depuis le début de la compétition, Xavi semble noyé. Ses pertes de balle prouvent sa baisse de forme. Il ne faut pas non plus occulter que la finale de l'Euro sera son 65e match de la saison. Indispensable titulaire du onze espagnol, le Barcelonais n'a pas son rayonnement habituel. Pour preuve, le patron du milieu ibérique est Xabi Alonso, habitué à évoluer un cran derrière Xavi.
Difficile, la vie sans Villa
Mais la méforme du chef d'orchestre catalan n'est pas la seule raison. Blessé toute la saison,
David Villa manque cruellement. Le système sans pointe de Del Bosque est clairement un échec, tout comme les titularisations de Torres ou Negredo. Son obstination a se priver de Llorente reste d'ailleurs un mystère. Sans son attaquant fétiche, la Roja est presque inoffensive. Après n'avoir eu que deux occasions contre la France, l'Espagne n'a quasiment jamais inquiété Rui Patricio, le portier du Portugal. Sans buteur de métier, les tenants du titre n'ont pas de réel point d'ancrage.
Fulgurances et coups de génie
Même si elle ne nous enchante pas (ou plus), l'Espagne disputera la finale de l'Euro contre l'Italie. Sa troisième de suite après l'Euro 2008 et le Mondial 2010. Bien qu'elle peine à convaincre, la Roja peut l'emporter. C'est cela aussi sa force. Moins fringants, les coéquipiers d'Iker Casillas n'ont toutefois jamais paru en danger, à l'image d'un Ramos gigantesque en défense centrale. Face à la révélation de ce championnat d'Europe, la formation espagnole va pourtant devoir se remuer. Bousculée en match de poule (1-1), la Nazionale avait réalisé une grosse prestation et n'avait cédé que sur un coup de génie de
David Silva, après une passe millimétrée pour Fabregas. C'est cela aussi l'Espagne dans cet Euro. Douter, créer l'exploit et vaincre.
Etienne Andurand
FT. L'Espagne remporte très largement la finale de l'Euro 2012 et entre dans l'Histoire du football avec son fabuleux triplé Euro-Coupe du Monde-Euro. Break en poche à la pause, les Ibériques ont profité de la blessure de Motta à l'heure de jeu, alors que plus aucun changement n'était autorisé aux Italiens, pour inscrire deux nouveaux buts. Silva, Alba, Torres et Mata sont les auteurs des réalisations espagnoles. N'ayant encaissé qu'un seul but durant toute la compétition, impériale dans la conservation du ballon et finalement efficace devant le but, la Furia Roja mérite ce nouveau titre. Si le Ballon d'Or 2012 ne se trouve pas dans ses rangs, c'est à n'y plus rien comprendre...
90'+2. Arbeloa obtient un bon coup-franc, très légèrement décalé sur la droite, à 30 mètres des buts de Buffon. Frappé au second poteau, il trouve Torres qui contrôle le ballon et centre pour Ramos au premier poteau. D'une Madjer, le Madrilène inquiète une dernière fois l'Italie mais leur gardien capte cette fois le cuir.