Efficacité et maitrise à l'espagnole

Football / Euro 2012

Efficacité et maitrise à l'espagnole

Efficacité et maitrise à l'espagnole

Dimanche 1 juillet 2012 - 23:31

Critiquée pour son jeu presque ennuyeux jusque-là, l'Espagne a répondu à ses détracteurs de la meilleure des façons ce dimanche. Moins dominatrice par choix en première mi-temps, la Roja a su se montrer diablement efficace en évoluant plus haut sur le terrain et profitant de la moindre de ses possessions de balle pour totalement faire déjouer l'Italie en finale de l'Euro, avant de dérouler quand son adversaire a été réduit à 10 à l'heure de jeu.

53%. Soit la possession de balle de l'Italie ce dimanche à la mi-temps de la finale de l'Euro. Un chiffre hors du commun quand on sait que l'adversaire en face était l'Espagne. Car depuis des années, la Roja est plutôt habituée à confisquer le ballon à outrance, quitte à écœurer ses adversaires. Voire même les observateurs en Ukraine et en Pologne. Pour atteindre sa troisième victoire consécutive dans une grande compétition, la troupe de Vicente Del Bosque aura dû faire face pour la première fois à des critiques. Moins impériale en phase de poules, à l'image de son match nul concédé contre... l'Italie (1-1), puis suffisante au moment d'éliminer la France puis le Portugal dans les matches à élimination directe, l'Espagne n'en a eu que faire des remarques de ses détracteurs, lassés de voir le ballon circuler dans des phases de jeu à n'en plus finir. A-t-elle toutefois décider de s'appuyer dessus au moment de retrouver l'Italie, la seule équipe à lui avoir inscrit un but ? La statistique concernant la possession de balle pourrait le laisser penser. Pour la première fois depuis longtemps, les Espagnols n'ont pas cherché à priver leur adversaire de ballons plus qu'il n'en fallait, alors qu'ils tournaient à 67% de possession depuis le début de l'Euro. Ils l'ont même laissé à la Squadra Azzurra en première mi-temps. Pour mieux lui faire mal ensuite.

Deux fulgurances


Car Balotelli et consorts n'ont jamais trouvé la solution pour bouger la Roja, terriblement bien en place. Et qui a su faire preuve d'une efficacité parfaite. Elle a en effet trouvé la faille sur deux de ses trois premières tentatives sur deux actions parfaitement orchestrées par ses métronomes Iniesta et Xavi. Les deux Barcelonais ont usé d'un jeu direct pour faire craquer la défense transalpine. Sur le premier but, Iniesta s'est fendu d'une passe parfaite en profondeur pour Fabregas, qui a ensuite fait le reste pour déposer le ballon sur la tête de Silva (14e). Puis avant la mi-temps, son compère Xavi a lancé son futur coéquipier Alba en profondeur, ce dernier trompant ensuite avec sang-froid Buffon pour doubler la mise (41e). Avant cela, seul Xavi avait tenté sa chance (10e). Efficacité on vous a dit... De quoi laisser des regrets à l'Italie. Elle a eu beau faire circuler le ballon, réaliser quasiment le même nombre de passes que son adversaire en première mi-temps (228 pour l'Espagne, qui tourne généralement à plus de 350 en moyenne en 45 minutes...), rien n'y a fait. Car en face, l'Espagne a peut-être réaliser sa meilleure mi-temps de l'Euro. Un mélange d'efficacité, de sang-froid et de maitrise.

Une dernière demi-heure en roue libre


Elle n'a ensuite eu plus qu'à gérer au retour des vestiaires, s'appuyant sur sa défense et Casillas pour écarter le danger au moment voulu. Déjà plié, le match n'existait même plus quand Motta, blessé, laissait ses coéquipiers à 10 seulement trois minutes après son entrée à l'heure de jeu, alors que Cesare Prandelli avait déjà effectué ses trois changements... Les Espagnols ont alors pu reprendre leur jeu favori et remettre le pied sur le ballon, finissant finalement la rencontre avec 52% de possession de balle. Un chiffre assez éloigné de ceux auxquels les joueurs de Del Bosque nous ont habitués, mais qui prouve qu'ils n'ont pas arrêté de jouer malgré leur avance au score, comme ils avaient pu le faire auparavant. Déjà à la rue, l'Italie n'a plus existé. Torres, entré en jeu pour le dernier quart d'heure, y allait de son but (84e) puis préférait signer une passe décisive pour Mata plutôt que de s'envoler vers le titre de meilleur buteur (86e). D'efficace en première mi-temps l'Espagne a retrouvé le visage de machine de guerre qu'on lui connaissait, écrasant tout sur son passage avec son "tika-tika", son jeu de passes courtes, au sol, imparables. L'Italie a pu penser réussir à le bloquer, comme pour son entrée en lice dans cet Euro. Un espoir qui n'aura même pas duré un quart d'heure. A ceux qui ont pu en douter, l'Espagne l'a rappelé : cette équipe compte bien parmi les meilleures de l'Histoire. Ce triplé Euro-Mondial-Euro lui permet de le prouver encore un peu plus.

Fiche Stats

Fil infos Sport

A la une

Top articles Sport.fr

Chiffre sport de la semaine

Phrase sport de la semaine

Direct Live