Le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, qui entretient des relations particulièrement proches avec les dirigeants russes, a déclaré avoir apporté sa contribution pour assurer la désignation de la Russie à l'organisation du Mondial 2018 de football. "J'ai déjà félicité le président (russe) et je voudrais dire que nous avons en quelque sorte contribué à cela", a déclaré M. Berlusconi lors d'une conférence de presse avec le président russe, Dmitri Medvedev, à Sotchi (sud). "Nos représentants ont fait en sorte que notre voix et notre soutien soient entendus. Nous voulions convaincre nos amis que l'endroit le plus approprié (pour le Mondial-2018) était celui-là", a-t-il ajouté en référence à la Russie, cité par les agences. "Et voilà le résultat, nous y sommes", s'est félicité le "Cavaliere".
La presse russe a célébré sa "victoire", mais s'interroge sur le coût astronomique de l'événement. Poutine a d'ores et déjà demandé à Abramovitch de "mettre la main à la poche".
"On y croyait, on s'est battus, on a vaincu", titrait le quotidien officiel Rossiïskaïa Gazeta, soulignant que le rêve de la Russie d'organiser pour la première fois de son histoire le Mondial s'était "réalisé." "Pour la Russie, le projet peut devenir l'un des plus chers et des plus difficiles de son histoire, plus cher même et plus difficile que les jeux Olympiques d'hiver de Sotchi en 2014", commentait cependant le quotidien Kommersant. Le journal soulignait que tout était à faire en Russie pour organiser cette compétition, prévue dans 13 villes séparées parfois par des milliers de kilomètres, et manquant cruellement d'infrastructures. "Du reste, le cas des JO de Sotchi montre que la rentabilité et les économies dans la préparation d'événements sportifs sont les dernières choses auxquelles pense le pouvoir en Russie", poursuivait Kommersant. "Sans le championnat, la Russie économiserait des milliards de dollars de fonds publics. Du reste, on pourrait se faire à l'idée de toutes ces dépenses si elles étaient transparentes et contrôlables, en d'autres termes si un tel projet en Russie n'était pas un terrain potentiel pour la corruption", écrivait Nezavissimaïa Gazeta.
Selon les estimations du quotidien des affaires Vedomosti, l'organisation du Mondial "va coûter à la Russie, selon les estimations les plus basses, plus de 50 milliards de dollars." Il faut en effet construire ou reconstruire près de 8000 kilomètres de routes, plus de 2000 kilomètres de voies ferrées, bâtir des hôtels, refaire les pistes d'aéroports, construire de nouveaux terminaux... "Le prix à payer n'est-il pas trop élevé ?", s'interroge le journal. "L'organisation des JO d'hiver, et maintenant du Mondial de football, tout cela correspond bien à la politique des patriciens de la Rome antique, dont toute la relation à l'égard de la plèbe se résumait à lui fournir du pain et des jeux. Cela s'est mal fini", écrivait encore le journal.
Poutine appelle Abramovitch à la rescousse
Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a demandé au milliardaire russe Roman Abramovitch de "mettre la main à la poche" pour financer les infrastructures nécessaires à l'organisation du Mondial. M. Poutine a appelé les sociétés privées du pays à participer au financement de nouvelles infrastructures -- stades, routes -- qui devront être aménagées pour cet événement et suggéré à M. Abramovitch de "mettre un peu la main à la poche", a indiqué son porte-parole, John Mann, cité par l'agence RIA Novosti. "Je n'exclus pas que monsieur Abramovitch puisse prendre part à un de ces projets. Qu'il mette un peu la main à la poche, il a beaucoup d'argent", avait déclaré M. Poutine, en présence de l'intéressé, lors d'une conférence de presse jeudi soir à Zurich après la désignation de la Russie pour le Mondial 2018. Le chef du gouvernement russe a évoqué la somme de 300 milliards de roubles (7 milliards d'euros) pour construire ou reconstruire les stades et les infrastructures dans 13 villes de la partie occidentale du pays choisies pour la compétition, mais selon certaines estimations, il faudrait au total jusqu'à 37 milliards d'euros notamment pour les routes et les voies ferrées.
M. Abramovitch, par ailleurs propriétaire du club de football anglais de Chelsea, est "prêt à examiner les différentes options pour participer aux préparatifs du Mondial 2018 en partenariat avec l'Etat russe", a ajouté M. Mann. En outre, M. Poutine a indiqué que toutes les infrastructures nécessaires devraient être prêtes d'ici à 2017. "Nous devrions aménager les infrastructures exigées pour l'organisation de la Coupe du monde de football d'ici à 2015-16-17", a déclaré M. Poutine, cité par l'agence RIA Novosti. De son côté, le président tchétchène, Ramzan Kadyrov, a indiqué que la capitale de cette république instable du Caucase, Grozny, serait l'une des villes candidates en Russie. "Un complexe sportif est en cours d'achèvement à Grozny et répond aux normes internationales; le stade peut accueillir des matches de ce niveau-là", a déclaré M. Kadyrov, cité par RIA Novosti.



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