Eric Di Meco revient pour Sport.fr sur la liste de l’équipe de France en vue de la Coupe du monde. Le consultant de BeIn Sports est d’accord avec les choix de Didier Deschamps, notamment celui de ne pas emmener Samir Nasri au Brésil.

Quel est votre avis sur la liste délivrée par Didier Deschamps en vue de la Coupe du monde ?
Il n’y a pas de surprise. On avait tous cette liste à une ou deux exceptions près, et encore. Didier a été cohérent avec ce qu’il fait et dit depuis le début. On s’attendait aussi à cette formule des 23 + 7 réservistes car Didier avait mal vécu l’épisode 98 avec les départs dans la nuit des bannis. Cela évite les problèmes à l’entraînement, tout le monde joue le jeu et est concerné malgré tout. Cela permet aussi aux réservistes de goûter un peu à l’équipe de France, ça n’a que des avantages.

Comprenez-vous l’absence de Samir Nasri ?
On savait très bien qu’il ne serait pas dans la liste. D’abord car on ne peut pas dire qu’il a souvent flambé en équipe de France. Ensuite car on savait que son retour a été fait sous conditions l’année dernière et qu’il y a eu des problèmes dans le groupe entre les deux matches en barrage contre l’Ukraine. Samir s’est éliminé tout seul. Pour partir plusieurs semaines comme ça, il faut que tout le monde soit sur la même longueur d’onde. Didier n’a pas voulu prendre de risques à ce niveau. Il lui a donné sa chance, c’est lui qui ne l’a pas saisi, sur et en dehors du terrain.

A-t-il encore un avenir international selon vous ?
J’ai l’impression que tant que Didier sera sélectionneur… Même si on a vu qu’il (Didier Deschamps, ndlr) était capable de passer l’éponge et de rappeler des garçons avec qui il a eu des problèmes, car c’est un pragmatique. Mais l’histoire est allée trop loin là. Pas sûr que le dérapage de la petite amie de Samir fasse plaisir à Didier en plus…

L’absence d’Eric Abidal a par contre moins prêté à débat…
C’est déjà super d’être revenu en équipe de France. Plus personne n’y croyait. Quand je l’ai vu revenir à Monaco, j’avais des doutes, mais il a fait un super début de saison. Ça aurait été difficile de le prendre pour la Coupe du monde. Il n’est même plus titulaire à Monaco. C’est un garçon sans problème, avec une bonne mentalité. Mais Didier prépare déjà l’Euro 2016 avec un groupe rajeuni, même dans les réservistes, donc le choix de ne pas prendre Abidal est cohérent.

Je voyais bien Lacazette


Rémy, Grenier ou Varane ont pas contre été pris malgré une condition physique incertaine, n’est-ce pas risqué ?
Varane, dans l’esprit de Didier, c’est le numéro 1 en défense centrale, même s’il n’a pas trop joué et a connu une saison galère. Quand on est sélectionneur, on se dit qu’on peut remettre sur pieds les joueurs durant la préparation avec les staffs technique et médical dont on dispose. C’est un pari. Maintenant est-ce qu’ils seront prêts ? Il y a des réservistes dans le cas contraire, ils sont là pour ça.

Est-ce que vous apporteriez des changements à cette liste ?
Je voyais bien le Lacazette par rapport à la saison qu’il a fait. Trémoulinas, s’il avait fait toute la saison à Saint-Etienne, aurait peut-être mérité une place dans les 23.

Ces deux joueurs remplaceraient Loïc Rémy et Lucas Digne donc ?
Non, car j’aime bien le petit Digne. On sait très bien que Patrice Evra fait partie des relais de Didier Deschamps et qu’il serait sélectionné. Mais avec ses dernières performances en équipe de France, on aurait pu faire jouer la concurrence si Trémoulinas avait joué toute la saison. Pour Rémy, il a un profil qu’on n’a pas en équipe de France : c’est un joueur de rupture, qui va vite, prend les espaces et peut jouer en pointe ou dans le couloir droit. Mais la saison de Lacazette est intéressante et il aurait peut-être mérité d’être dans les 23.

Êtes-vous optimiste pour cette équipe de France à la Coupe du monde ?
Oui : cette équipe a les moyens de terminer première d’un groupe à sa portée et reste sur une bonne dynamique. Les grosses nations arrivent avec leurs joueurs fatigués, on l’a vu en fin de saison avec les clubs espagnol, allemands anglais. Ça peut jouer en faveur de l’équipe de France. On risque d’avoir une bonne surprise. Il faudra bien rentrer dans cette compétition. Quand Didier dit que la date la plus importante c’est le 15 juin, certains lui rigolent au nez mais ce premier match (contre le Honduras, ndlr) est primordial. En finissant premier du groupe, on éviterait l’Argentine en 8e logiquement. Un quart de finale signifierait une Coupe du monde réussie à mon avis.

Propos recueillis par Frédéric Sergeur