Le Brésil affronte ce soir le Chili (20h30) en huitième de finale de la Coupe du monde. Pas encore un véritable test pour une équipe qui se cache. Pourtant, à y regarder de plus près, la Séléçao version Dunga présente toutes les caractéristiques d'un champion du monde en puissance. Explications.
Une analyse statistique historique élémentaire plaide en faveur d'une victoire du Brésil à la
Coupe du monde 2010. La Séléçao a remporté 5 des 18 précédentes éditions, soit une sur 4 en moyenne... or sa dernière victoire remonte à 2002. De plus, la corrélation entre victoires en Copa America et Coupe des confédérations et victoire en Coupe du monde est également favorable au Brésil, qui a remporté les deux dernières éditions de chacune de ces compétitions.
Pourtant, le monde entier semble avoir le regard tourné vers l'Espagne, championne d'Europe en titre, l'Allemagne, qui vient d'éliminer l'Angleterre de façon convaincante (4-1) malgré le but refusé à Lampard, ou encore l'Argentine dont
Diego Maradona gère le "service après-vente" de façon très efficace.
Ce climat n'est pas pour déplaire à
Dunga, qui peut tranquillement préparer son équipe. Le sélectionneur brésilien mise sur la sérénité et sur l'homogénéité. Il l'a prouvé dès sa sélection en écartant les "fêtards"
Ronaldinho et Adriano, ainsi que le prodige Pato, virtuose en attaque mais piètre défenseur.
La défense. Voilà le maître-mot de la stratégie de Dunga. Lors des trois matches de groupe, le Brésil n'a concédé que deux buts. L'un face à la Corée du Nord, sur un moment de déconcentration compréhensible vu la faiblesse de l'adversaire. L'autre contre la Côte d'Ivoire, sur un exploit de Drogba.
Et l'attaque ? Elle est évidemment moins spectaculaire que ce qu'elle aurait pu être.
Luis Fabiano, titulaire au poste d'avant-centre, est un travailleur bien plus qu'un artiste. Robinho, le seul véritable "feu follet" de l'attaque, pourrait se voir contraint à débuter la suite de la compétition sur le banc. Quant à
Ricardo Kaka, la star de l'équipe, il n'est pas à 100% de son potentiel, la faute à une vilaine pubalgie.
Contre le Chili, le Brésil sera largement favori. Parce qu'il ne se découvrira pas et sera capable de faire calmement la décision sur un coup. Reste à observer le contenu précis de ce match pour mesurer si la "montée en puissance" se poursuit, tant sur les plans physique que technique. Si tel est le cas, pas sûr que le Brésil passe encore après l'Espagne, l'Allemagne et l'Argentine dans les commentaires...