L'heure était à la déception et aux larmes mercredi soir au Caire après la défaite de l'Egypte contre l'Algérie (1-0) au Soudan, qui a mis un terme aux espoirs des Pharaons de participer au Mondial 2010. L'Egypte ne s'est pas qualifiée pour un Mondial depuis 1990.
"Notre équipe n'a rien pu faire", se lamentait Khaled Gamal, en sortant en pleurs d'un café du quartier de Mohandessine où il a regardé le match au milieu d'une foule attroupée autour d'un poste de télévision. "Un jour on gagne, un jour on perd", constatait sur un ton plus philosophique Khaled Hassan, en référence à la victoire (2-0) face aux Fennecs samedi au Caire, qui avait permis à la sélection égyptienne d'accrocher ce match d'appui grâce à un but en toute fin du temps additionnel.
Des groupes de jeunes supporteurs égyptiens se sont malgré tout rassemblés dans les rues pour battre des tambours et lancer des pétards, mais le coeur n'y était pas. "Quelle honte, quelle honte", scandaient certains en guise de refrain. D'autres criaient: "nul, nul nul...". Dans un club de sport, des dizaines de personnes venues assister au match sur un grand écran, parfois avec leurs enfants, ont commencé à partir la mine sombre quelques minutes avant la fin de la partie.
Certains mettaient en cause un enthousiasme exagéré de la presse égyptienne pour les Pharaons alors que rien n'était joué. "Les médias ont agi comme si nous avions déjà gagné", déplorait un habitant du Caire, Ayman Anas.
La rencontre a été suivie avec ferveur dans la capitale égyptienne, où les avenues célèbres pour leurs gigantesques embouteillages sont restées quasiment vides pendant 90 minutes.
Plusieurs milliers de supporteurs égyptiens, dont les deux fils du président égyptien Hosni Moubarak, Alaa et Gamal, avaient fait le voyage de Khartoum pour encourager leur équipe. La rencontre s'est jouée sous haute surveillance avec 15.000 policiers et militaires déployés dans le stade d'Omdurman. La précédente confrontation samedi au Caire, avait été précédée et suivie d'affrontements entre supporteurs des deux camps.
A l'inverse, les supporters algériens ont laissé éclaté leur joie. Dès le coup de sifflet final, de nombreux Algériens et Franco-Algériens rassemblés dans le quartier de Barbès à Paris ont explosé de joie. Immédiatement après la fin du match, sur le boulevard Barbès et près du métro du même nom, des attroupements se sont formés avec drapeaux, pétards et cris de joie.
Partout dans Paris, des cortèges de voitures se sont formés, décorés de drapeaux algériens, klaxonnant à tout rompre, souvent applaudis par les passants.
"Cette victoire ne peut être que plus belle après ce que nous avons vécu au Caire, a commenté Mohamed Raouraoua, président de la Fédération algérienne de football. Les joueurs ont pris leur revanche sur le terrain et ils ont donné de la joie à tout le peuple algérien. Place, désormais, pour la joie et la fête avant que le staff ne reprenne les choses en main en se préparant pour la coupe d'Afrique des nations en Angola."
La qualification de l'Algérie a été saluée comme la victoire de tout le peuple algérien par les journaux algériens de jeudi. "Les Algériens ont passé une nuit blanche en fêtant la qualification au Mondial", a rapporté El Khabar évoquant une autre victoire du peuple algérien sur la hogra (injustice) après le "caillassage de l'équipe nationale jeudi au Caire par des supporteurs égyptiens". "Viva l'Algérie!" a titré en Une le quotidien El Watan qui a relevé "la belle revanche algérienne". "Le rêve de toute une nation s'est enfin concrétisé avec la victoire des Verts face à l'Egypte dans un match de barrage qui a tenu en haleine tout le pays", a ajouté El Watan.
"Pleure Egypte, l'Algérie au pays de Mandela", a titré en Une le quotidien La Tribune. "Fabuleux! Magnifique! L'Algérie est en phase finale du Mondial 2010", "les Verts ont incontestablement confirmé leur suprématie devant les champions d'Afrique en titre (Egypte)", a ajouté la Tribune.
Le quotidien arabophone El Khabar a également salué la victoire "historique des Verts" qui se qualifient au Mondial pour la troisième fois de leur histoire, après celles de 1982 et 1986.


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