Quevilly pour l'exploit, Lyon pour l'argent

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Quevilly pour l'exploit, Lyon pour l'argent
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Quevilly pour l'exploit, Lyon pour l'argent

Samedi 28 avril 2012 - 12:06

La finale de la Coupe de France oppose ce soir (20h45) l'US Quevilly, pensionnaire de National, à l'Olympique Lyonnais, l'une des plus grandes équipes de Ligue 1. Les hommes de Régis Brouard, qui ont éliminé l'OM et Rennes, rêvent d'un exploit gigantesque tandis que l'OL n'a d'autre choix que de l'emporter pour sauver sa saison. L'enthousiasme peut-il triompher de la raison économique ?

C’est le grand jour pour Quevilly. L’occasion de rentrer dans l’histoire, du club évidemment, mais de la Coupe de France de manière générale. Si les Normands venaient à bout de l’Olympique Lyonnais en finale de la Coupe de France, cela serait un exploit sans précédent. Car jamais une équipe de National, non professionnelle qui plus est, n’a réussi à soulever le plus vieux trophée du football français, dans l’ère moderne de ce sport. Mais que signifie vraiment le terme "amateur" pour un club dont les joueurs s’entraînent cinq fois par semaine (dans des infrastructures certes moins développées que celles de l’élite), et ne vivent pour certains que du football ?

En effet, une grosse majorité de l’effectif (une quinzaine de joueur sur 26 environ) bénéficie d’un contrat Fédéral qui les rémunère à hauteur d’un millier d’euros au minimum par mois. Dans le club normand, l’échelle des salaires se situe entre 1500 et 2500 euros net, et les primes de match sont évaluées à hauteur de 180 euros par victoire en championnat. Primes presque multipliées par 50 lors de la victoire en demi-finale de la Coupe de France ! Enfin, le budget du club est estimé à 1,90 millions d’euros par an (moyenne de National : 2,10 millions d’euros), ce qui en ferait presque selon la définition de l’Union européenne une "petite entreprise" (terme utilisé à partir de 2 millions d’euros).

"Pas un gros écart avec la L1 sur 90 minutes"


Le fait que l’équipe normande arrive à un niveau aussi élevé de la compétition, en battant des équipes de Ligue 1 comme l’OM ou Rennes, et surtout en ayant fait jeu égal avec ces grosses cylindrées de l’élite, laisse songeur. Quel est vraiment l’écart entre un pensionnaire de troisième division et un de première ? C’est encore le président Michel Malet, dans les colonnes du Figaro, qui tente de répondre à cette question, affirmant qu'il n'y a "pas un gros écart" entre une équipe de National et une équipe de Ligue 1 sur 90 minutes. Dans le même journal, le président du Gazelec Ajaccio Fanfan Tagliaglioli, aussi pensionnaire de National, renchérit, affirmant que l'écart s'est resserré depsui quelques années : "En National, ça joue bien au ballon", affirme-t-il.

Et ce n’est pas enlever du mérite à la performance des Normands, la rareté des équipes de National à ce niveau est la preuve de la performance réalisée, que de considérer les différences entre les équipes de troisième division et de première division moins élevées qu’il n’y paraît. Mais pouvoir vivre du football est déjà quelque chose d’exceptionnelle. Et il n’est pas inintéressant de rappeler que le terme "amateur", tel qu’il est souvent perçu, ne correspond pas toujours à la réalité.

L'OL pour effacer trois ans de disette


Ambiance très différente du côté de Lyon. Le club rhodanien n'a pas le droit de laisser passer sa chance, ce soir, et ainsi de remporter son premier trophée depuis quatre saisons. En cette année de transition, une victoire permettrait au club de Jean-Michel Aulas de préparer l'avenir de manière plus sereine. Mais aussi de partiellement effacer le bilan de Claude Puel en tant que manager des Gones.

Cette année de transition pour l'OL sera-t-elle une année réussie ? Si Rémi Garde arrivait pour sa première saison sur le banc lyonnais à mettre fin à la disette débutée sous l’ère Claude Puel à l’été 2008, cela serait déjà un premier pas vers les chemins de la réussite pour le club rhodanien.

Dans un premier temps, une victoire en Coupe de France masquerait la non-qualification pour la prochaine Ligue des champions, une première depuis 13 ans pour les Gones. En effet, pour être honnête, plus personne, mis à part Jean-Michel Aulas, ne croît réellement à une qualification pour la C1 la saison prochaine. Le président de l’OL n’a d’ailleurs pas hésité dans les colonnes de L’Equipe à faire part de sa foi, se disant "convaincu" de la victoire. Relégués à six points de Lille, les coéquipiers de Lisandro Lopez n’ont que très peu de chances de refaire leur retard, alors qu’il ne reste plus que cinq rencontres à disputer.

D’autant plus que les dernières prestations en championnat contre Toulouse (défaite 3-0) et contre Lorient (victoire 3-2 à la dernière minute) ont une fois de plus montré toutes les lacunes, surtout défensives, du septuple champions de France. Des failles que les joueurs de Quevilly pourraient bien exploiter samedi. Mais cette rencontre est aussi la dernière chance pour certains joueurs comme Hugo LLoris ou encore Lisandro Lopez de remporter un trophée avec l’Olympique Lyonnais cette saison. Car si les échecs des Rhodaniens sont souvent imputées à la façon dont Claude Puel managé son groupe, la responsabilité des joueurs qu’ils avaient sous sa direction n’est pas à éludée non plus. Autant de raisons de penser que les joueurs de Rémi Garde vont démarrer pied au plancher.





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