Colmar élimine Lille
Samedi 23 janvier 2010 - 20:37
Colmar, modeste équipe de CFA (4e division), a réussi un exploit en éliminant Lille, 3e de la Ligue 1, en 32e de finale de Coupe de France, au terme d'une très longue séance de tirs au but (0-0, 10 t.a.b. à 9), samedi à Colmar. Pour le LOSC, considéré il y a une semaine à peine comme la "meilleure équipe française du moment", le retour sur terre est brutal. Bordeaux s'est facilement qualifié avec une équipe bis face à Ajaccio (5-1). Grenoble s'est imposé à Montpellier (3-2 a.p.).
Colmar, qui a joué toute la prolongation à 10 contre 11 après l'exclusion de l'attaquant Cédric Faivre pour avoir tenté de marquer de la main (90+3, deuxième avertissement), n'a pas tremblé dans la séance de tirs au but, dénouée aux onzièmes tentatives de chaque équipe: le capitaine lillois Stéphane Dumont, qui avait réussi son premier tir au tout début de la séance, a frappé le poteau, et S. Mezriche, qui avait aussi réussi sa première tentative, a transformé le sien.
Au tour précédent, Colmar s'était déjà qualifié aux tirs au but contre Metz (L2), 2-2, 4-2 aux t.a.b.
Colmar, qui avait déjà atteint les 8e de finale en 2006 (éliminé par Rennes), affrontera Boulogne-sur-Mer en 16e de finale, peut-être mardi ou mercredi. Le Fédération française de football (FFF) doit encore fixer la date de ce match et de quelques autres 16e de finale, décalés à cause des 32e de finale reportés en raison de la neige début janvier.
Pour Lille, il s'agit d'une seconde contre-performance en quatre jours, après la défaite à Sochaux, mercredi (1-2) pour la 21e journée de Ligue 1. Auparavant, Lille restait sur une série de sept victoires de rang en L1.
Dans l'autre match du début de l'après-midi, Grenoble, bon dernier en L1, a éliminé Montpellier, 2e du championnat, 3-2 après prolongation.
COLMAR - LILLE : Déclarations
Damien Ott (entraîneur de Colmar, qualifié pour les 16e de finale de la Coupe de France): "Je reste sur un sentiment mitigé parce qu'on aurait préféré jouer contre la vraie équipe de Lille, celle que j'admire depuis des semaines à la télé. Quelque part, j'aurais préféré perdre 5-0 contre celle-là. Pour moi, on avait beaucoup à apprendre et on pouvait progresser en jouant contre une équipe comme ça. Pour nous, le vrai Lille, ça n'avait pas de prix! Une fois que j'ai évacué cette déception, je me suis dit qu'il fallait jouer la performance à fond. On est passé mais on n'a rien prévu. Je ne sais pas si on va faire la fête ou préparer le prochain match contre Boulogne. En tout cas, je suis épaté de ce que mes joueurs ont fait à dix contre onze".
Rudi Garcia (entraîneur de Lille): "Ce genre de résultat fait partie de la coupe. Moi je tiens à féliciter mes jeunes joueurs qui ont apporté ce que j'attendais d'eux. Il nous aurait fallu un peu plus de réussite, notamment sur ce ballon de Vittek qui touche le poteau mais on a trop peu cadré en première période pour espérer mieux. On a peut-être aussi manqué de maîtrise pour passer sur les côtés mais je ne peux pas en demander trop à mes jeunes joueurs. Après, les tirs au but, c'est de la loterie. On savait de toute façon que la coupe nivelle les valeurs. Je n'ai pas pu aligner la vraie équipe parce que les échéances sont proches et qu'on a déjà un gros match qui nous attend à Marseille mercredi en Coupe de la Ligue".
GRENOBLE - MONTPELLIER : Déclarations
Mécha Bazdarevic (entraîneur de Grenoble): "Cette qualification est un peu un rayon de soleil pour nous. C'était en tout cas un vrai match de coupe. On a fait une première mi-temps moyenne mais on n'a rien lâché. J'espère que cette victoire avec trois buts à la clé va provoquer un déclic. On doit continuer à s'accrocher".
René Girard (entraîneur de Montpellier): "Le but qu'on a pris avant la mi-temps a fait mal, c'était une erreur de jeunesse. Mais on avait une équipe jeune qui s'est bien battue. C'est dommage de s'arrêter là mais Grenoble avait besoin de se rassurer dans une saison assez dramatique".
BORDEAUX - AJACCIO : Déclarations
Laurent Blanc (entraîneur de Bordeaux): "Quand on gagne, l'entraîneur est toujours heureux. On a abordé ce match avec beaucoup de sérieux, de rigueur et on a pris cette équipe d'Ajaccio avec beaucoup de respect. Si tu fais l'inverse, tu ne fais pas le même match. C'est toujours le piège de jouer en Coupe de France contre des équipes de catégorie inférieure. Il faut leur montrer beaucoup de respect en essayant de jouer son meilleur jeu. Il y a beaucoup de points satisfaisants: le score qui est large, on s'est procuré beaucoup d'occasions de but, beaucoup de phases de jeu qui nous ont amenés à des buts, et individuellement, le comportement de tous les joueurs a été très satisfaisant. C'est une bonne chose pour la suite, pour l'émulation de tout le groupe, les joueurs ont montré beaucoup d'envie, l'inverse aurait été anormal. (Cavenaghi) il marque des buts. C'est un chasseur de buts, un buteur né. Quand il ne marque pas, il est malheureux. Là, cela va le remettre dans un état de confiance qui sera meilleur pour lui pour la suite. Individuellement, ce soir, des joueurs ont repris confiance dans leurs moyens, c'est tout bénéfice d'abord pour eux et pour le collectif."
Olivier Pantaloni (entraîneur d'Ajaccio): "Au niveau du contenu, on aurait espérer mieux. On a été déficitaire dans tous les domaines, niveau athlétique, de la vitesse, de la qualité, de la technique. C'est un score qui reflète la physionomie du match. Le petit regret est d'avoir pris ce but d'entrée de jeu, cela plombe un peu la situation, on n'a pas su sortir la tête de l'eau. Même si on n'a pas été exceptionnel, on a eu quelques phases de jeu où on a réussi à faire circuler le ballon, à ressortir proprement, c'est ce que l'on était venu essayer de faire. Le seul problème, sur le plan offensif, on a été assez stérile. Sans dire qu'on a trop respecté Bordeaux, on aurait aimé avoir une emprise un peu plus importante."
