Huit cent dix tifosi napolitains, sur un total de 3.096, qui avaient acquis un billet pour le match AS Roma-Naples le 31 août, et en marge duquel de nombreux incidents ont eu lieu, avaient des antécédents avec la justice, a révélé mercredi à Rome le ministre de l'Intérieur italien.
Parmi ces 810 - qui, pêle-mêle, ont pu être impliqués dans des affaires de drogue, de violence, de vol ou des délits plus mineurs -, 27 sont en outre considérés comme proches de la Camorra, la mafia napolitaine, a précisé Roberto Maroni, entendu par la Commission des affaires constitutionnelles du Sénat. "La présence d'un nombre aussi élevé de personnes habituées à des conduites criminelles, en particulier celles appartenant ou étant proches de la Camorra, constitue un facteur de risque ultérieur et un multiplicateur de la violence à l'occasion des matches", a souligné Roberto Maroni, membre du parti populiste de la Ligue du nord.
Avant
le match de la 1re journée du championnat entre l'AS Roma et Naples, de violents incidents s'étaient notamment traduits par le saccage d'un train. Plusieurs centaines de supporteurs avaient pris d'assaut le convoi à la gare de Naples, contraignant les passagers à descendre. Les voitures avaient été vandalisées, les vitres cassées et des toilettes et des banquettes détruites, pour des dégâts estimés à 500.000 euros. Après la rencontre, des incidents avaient également éclaté à la gare centrale de Rome, tandis que plusieurs autobus de la municipalité mis à disposition pour transporter les ultras avaient été saccagés.
La semaine passée, Roberto Maroni avait déjà annoncé que les tifosi de Naples seraient interdits de déplacement durant toute la durée du championnat. A l'avenir, il n'y aura plus "aucune tolérance" a assuré le ministre.
"Nous continuerons pour les rencontres définies à haut risque à interdire les déplacements de supporteurs, a-t-il expliqué. Et si, malheureusement, il devait encore se produire de nouveaux épisodes comme ceux de Naples, les tifosi seront frappés par la même mesure, l'interdiction de se déplacer pour tout le championnat".
Au cours du match au stade Olympique, les ultras napolitains radicaux avaient également lancé divers objets (bouteilles, pièces de monnaie, pétards) en direction des stewards et des supporteurs romains. Des agissements qui ont valu aux virages A et B du stade San Paolo de Naples, où se concentrent les ultras du club, d'être fermés jusqu'au 31 octobre sur décision de la justice sportive.
Enfin, Roberto Maroni a annoncé qu'une campagne de sensibilisation contre la violence dans les stades serait lancée vendredi. Un spot de 30 secondes sera notamment diffusé à la télévision, au cinéma, sur les sites internet des clubs et ainsi que sur les écrans géants des stades.