La polémique enfle

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La polémique enfle
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La polémique enfle

Mercredi 15 octobre 2008 - 9:47

Le Premier ministre François Fillon juge "insultant" le fait que la Marseillaise ait été sifflée avant le match de football France-Tunisie mardi soir, estimant qu'il faudrait dans de tels cas "interrompre les matches". Une nouvelle fois, l'hymne national a été sifflé au Stade de France.

Sarkozy convoque Escalettes

Nicolas Sarkozy a "convoqué" Jean-Pierre Escalettes, président de la Fédération française de football (FFF) à la suite des "scandaleux incidents survenus (mardi) soir au Stade de France", où la Marseillaise a été sifflée, a annoncé l'Elysée.

Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports, sera présente, ainsi que Bernard Laporte, secrétaire d'Etat chargé des Sports, précise l'Elysée.

Dans un Stade de France remplis aux trois quarts de Tunisiens, la Marseillaise a été sifflée alors que l'hymne national était chantée par une Française aux origines tunisiennes, Lââm. "J'avais un peu les boules, mais je suis resté concentrée. Pour un match amical c'est bête, a regretté la chanteuse après la rencontre. J'étais fière d'être là. Après il y a toujours trois abrutis, enfin là ils étaient un peu plus, pour siffler la Marseillaise...".

Une fois encore, les spectateurs du Stade de France se distinguent par des sifflets, comme lors des rencontres amicales France-Algérie (octobre 2001) et France-Maroc (novembre 2007). Sans oublier la finale de la Coupe de France, Lorient-Bastia (2002). Un accueil qui n'a pas surpris les joueurs, prévenus dans les vestiaires de la possibilité de l'incident. Si l'envahissement du terrain, comme cela s'était passé lors de France-Algérie, a été évité, l'image reste désastreuse.

Juste avant les hymnes, les noms des joueurs français avaient également été pris pour cible. Le plus conspué fut Hatem Ben Arfa, né à Clamart de parents tunisiens et qui avait opté pour la sélection française malgré les sollicitations de la Fédération tunisienne. Toutefois, le milieu de terrain marseillais n'en veut pas aux spectateurs. "On s'attendait tous à ça, a-t-il affirmé. On l'avait vu contre le Maroc et l'Algérie, on va dire que c'est devenu une habitude même si je ne sais pas s'ils le pensent vraiment. Mais je ne leur en veux pas vraiment. C'est un peu dommage mais ce n'est pas grave. Je connais l'être humain, il fait parfois des erreurs. Ils ont besoin d'exister, il y avait plus de Tunisiens que de Français, il faut les comprendre."

Des sifflets au SDF, les joueurs et les spectateurs en ont maintenant l'habitude. Bernard Laporte s'est contenté d'un communiqué commun avec Roselyne Bachelot, évitant micros et caméras. La ministre des Sports et son secrétaire d'Etat se sont déclarés "choqués" par les sifflets. Ils "rappellent que les rencontres sportives internationales sont l'occasion du rassemblement de tous, joueurs, dirigeants, supporteurs, autour d'une même passion et des valeurs communes de respect et d'honneur", poursuit le texte.

Faut-il absoudre ce comportement ? Pour François Fillon, pas question de laisser passer cet épisode douloureux. Le Premier ministre a jugé mercredi "insultant" le fait que la Marseillaise ait été sifflée, estimant qu'il faudrait dans de tels cas "interrompre les matches". "C'est insultant pour la France, c'est insultant pour les joueurs de l'équipe de France et ça n'est pas tolérable", a-t-il déclaré sur RTL. "Les organisateurs doivent trouver des solutions". "Je pense qu'il faudrait interrompre les matches quand les hymnes nationaux, quels qu'ils soient, sont sifflés. C'est un manque de considération, de respect pour toute une nation", a-t-il poursuivi en appelant les "organisateurs" à "chercher des solutions".

"Ceux qui veulent siffler un hymne national doivent être privés du match auxquels ils sont venus assister", a insisté M. Fillon. Le chef du gouvernement, interrogé, a dit regretter que la Fédération française de football n'ait pas annulé la rencontre.

Le vice-président de la FFF, Noël Le Graët, a répliqué que cela aurait été "une erreur de ne pas jouer" le match. "Le sport rassemble et c'est toujours une erreur de ne pas jouer", a répondu Le Graët, toujours sur RTL. "Les sifflets je les regrette mais il faut toujours jouer", a insisté M. Le Graet. "Rassembler les hommes c'est toujours beaucoup plus fort que les sifflets", a-t-il poursuivi.

Le mot de la fin pour Raymond Domenech. Le toujours sélectionneur national vit décidément sur une autre planète. Domenech a indiqué avoir été "ému" par les hymnes français et tunisien, et a ajouté être "un peu sourd" pour "le reste", c'est-à-dire les sifflets qui lui étaient destinés.