Domenech : "Les gars se sont chiés dessus"

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Domenech : "Les gars se sont chiés dessus"

Domenech : "Les gars se sont chiés dessus"

Jeudi 9 juin 2011 - 17:30

Raymond Domenech sort de son silence. Discret dans les médias, l'ancien sélectionneur de l'équipe de France, quasiment un an après la Coupe du monde 2010, a accordé une longue interview au mensuel So Foot. Pas de révélations croustillantes. Il n'est question ici que de jeu et de tactique. L'occasion pour Domenech, souvent décrié à ce niveau là, de mettre les choses au clair.

Ceux qui espéraient que Raymond Domenech dirait tout, reviendrait sur les tensions en équipe de France durant la Coupe du monde 2010, ou qu'il balancerait sur les joueurs, hé bien, passez votre chemin. Pas besoin pour vous de vous attarder sur l'entretien de l'ancien sélectionneur des Bleus dans le mensuel So Foot de juin. Dans les dix pages que le magazine lui a accordé pour s'exprimer, le technicien n'évoque que le jeu et la tactique. Sa tactique. Un point sur lequel il a beaucoup été critiqué lors de ses dernières années à la tête de l'équipe de France, qui proposait alors un jeu ennuyeux. Une occasion rêvée donc pour Domenech ne mettre les points sur les i, et d'expliquer son point de vue tactique.

On apprend ainsi qu'il a surtout privilégié "le 4-2-4" en équipe de France. Une tactique peu commune, qu'il utilisait avec surtout "un attaquant de pointe". Insistant sur "l'apport offensif" des latéraux et joueurs de couloirs, se défendant d'être "un entraîneur défensif" comme certains, dont Florent Malouda, l'avaient taxé, Raymond Domenech cite souvent en exemple durant l'interview Barcelone et Manchester United en référence. Pas de révélations croustillantes sur les joueurs, si ce n'est que Jérémy Toulalan avait les capacités pour marquer et apporter plus le danger offensivement, à la manière d'un Lampard ou d'un Gerrard, et qu'il faisait "des transversales de 50m dans les pieds en Espoirs". Zidane est également encensé, pour le rôle qu'il jouait en Bleu, et son influence sur la tactique. Quant à Sidney Govou, aligné contre vents et marées en 2010, Domenech le défend en le présentant comme "l'un des meilleurs joueurs de la tête, le seul qui avait cette intelligence et cette capacité à compenser les espaces"...

"Contre l'Irlande, les gars se sont chiés dessus"


Osant comparer le trio Govou-Anelka-Ribéry du Mondial 2010 à celui du Barça, Pedro-Messi-Villa, Domenech, schémas à l'appui, tente de redorer son blason de tacticien. Refusant d'être cataloguer comme un entraîneur qui ne communique pas avec ses joueurs ("J'ai discuté tactique avec certains cadres"), il balance toutefois deux-trois bons pavés dans la mare. Interrogé sur le match contre le Mexique, perdu (2-1), lors du Mondial 2010, pour lequel il avait une tactique bien précise pour contrer le trio offensif sud-américain, il regrette le manque d'implication de certains : "On veut tous la même chose : quand t'as des joueurs qui marchent, bah oui, il te manquera toujours quelque chose". Pour lui, l'échec de 2010 peut se justifier par le manque l'expérience de son équipe : "En 2006, on avait une équipe qui avait un vécu. En 2008, une équipe mixte avec des anciens qui sont moins biens et des jeunes qui ne sont pas prêts. Et en 2010, tu n'as plus que ceux qui ne sont pas prêts". Faut-il lui rappeler qu'il a lui-même choisi les joueurs...

Quant aux difficultés qu'ont rencontrées les Bleus pour se défaire de l'Irlande en match de barrages, avant la fameuse main de Thierry Henry, Domenech a également sa théorie là-dessus... "Contre l'Irlande, les gars se sont chiés dessus. On a eu la trouille. J'ai encouragé, j'ai soutenu, j'ai montré aux gars que j'étais avec eux. Mais je ne pouvais rien faire d'autre...", lâche-t-il. Beaucoup d'analyse tactique, un soupçon de tacles, mais pas de quoi casser trois pattes à un canard. Une interview intéressante sur le point tactique, certes, mais qui ne lève pas le voile sur les questions essentielles que beaucoup se posent. Nul doute que Domenech aurait toutefois refusé de s'exprimer s'il avait été interrogé sur les points qui fâchent. "J'étais limite de refuser, avoue-t-il ainsi au sujet de cet entretien. Je me suis dit, qu'est ce que je vais dire ? Je craignais que tout soit soumis à débat, discussion, critiques. Et je n'en ai pas envie." On espère toutefois qu'un jour il brisera le silence...

F.S

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