A mourir de rire
Jeudi 8 janvier 2009 - 10:29
L'Euro 2008 c'était en juin. On voudrait oublier cette désastreuse compétition, mais il y a toujours quelqu'un pour ramener le sujet sur la table. L'Equipe donne la parole à Raymond Domenech. Le sélectionneur de l'équipe de France reste fidèle à lui-même. "L'Euro, c'est de ma faute", lance Domenech, sans se remettre en cause.
Comment qualifier la prestation de l'équipe de France de football en Suisse et en Autriche ? Désastreuse, fiasco, humiliante ? Après l'élimination, Raymond Domenech avait simplement parlé d'un "échec". Dans les colonnes du Journal L'Equipe, le sélectionneur des Bleus, conforté dans ses fonctions jusqu'à la Coupe du monde 2010, fait un aveu : "L'Euro, c'est de ma faute". Enfin, Raymond Domenech assume pleinement ses incohérences tactiques, ses mauvais choix techniques.
Que nenni. "L'Euro, c'est de ma faute", doit se comprendre comme une erreur de communication ! "En 2006, j'avais la conviction d'aller au bout, je savais que cela serait plus compliqué en 2008, que l'image de 2002 et 2004 serait plus forte que 1993 et 2000. Je ne l'ai pas assez expliqué." Domenech nous refait le coup de l'Euro 2008 comme une aimable compétition de campagne préparatoire à la Coupe du monde 2010 pour laquelle la France n'est pas encore qualifiée. "Quand on fait un choix, on ne pense pas que c'est une erreur. Après, un mauvais résultat fait penser que c'est une erreur. Mais c'est vague," affirme-t-il dans l'entretien. Le sélectionneur n'a donc rien à se rapprocher sur le coaching.
Dans l'oeil du cyclone après l'Euro 2008 puis à l'entame des éliminatoires du Mondial 2010, Raymond Domenech refuse de croire à son impopularité : "Je prends le métro tous les jours, je vais au ciné, je vais au resto et le message est toujours le même. On me dit de m'accrocher, de ne pas me laisser faire. Il y en a même qui disent que j'ai raison, vous vous rendez compte ?". Le sélectionneur ajoute : "Je ne cherche pas à être populaire, je ne fais rien pour ça, je ne sais pas faire. Je suis sympa avec les gens autour de moi. Sélectionneur, je le sais, je suis différent". Interrogé sur sa communication, le sélectionneur se défend. "Mais j'ai changé, je ne dis plus rien ! Depuis six mois, j'utilise parfaitement la langue de bois. Je m'ennuie à un point, vous ne pouvez pas savoir. Plus d'humour, plus rien." L'entretien ressemble pourtant à un one-man-show.