Les salles de fitness dans le viseur

Fitness / Equipement

Les salles de fitness dans le viseur

Vendredi 21 mai 2010 - 12:44

La Commission de la sécurité des consommateurs (CSC) insiste dans un avis qu'elle vient de publier sur "la nécessité d'améliorer les conditions d'exercice des activités physiques et sportives dans les salles de remise en forme", critiquant notamment leur manque d'hygiène et de sécurité. En conséquence, la CSC demande aux pouvoirs publics de renforcer la réglementation en matière de sécurité et recommande aux exploitants de salles d'exiger un certificat de non contre-indication à la pratique d'une activité physique.

Le marché de la remise en forme

En France, le marché des salles de "remise en forme" est en constant développement. Selon la CSC, il représentait en 2005 une valeur annuelle de 1,27 milliards d'euros (source Les Echos, mars 2006) et selon le recensement effectué par le ministère chargé des sports, la France a un taux global de 41 équipements sportifs de ce type pour 10 000 habitants. Les Français sont aujourd'hui entre 12 et 15 millions, âgés de plus de 16 ans, à pratiquer de façon régulière ou occasionnelle le "fitness", la musculation ou la "remise" en forme, soit 18% de la population. Cependant, seuls environ 3 à 5 millions sont inscrits dans un club au sens commercial du terme soit 6 à 8% de la population active alors que le taux d'inscription est par exemple de 12% au Royaume-Uni. Environ 2 500 à 3 000 clubs commerciaux opèrent en France, sur un total de 10 000 salles consacrées à la remise en forme, en grande majorité au sein des structures associatives, communales, affiliées ou non à des fédérations sportives. En moyenne, une salle commerciale a un peu plus de 500 adhérents par an. 31% des établissements franciliens ont entre 500 et 1 000 adhérents et 36% plus de 1 000 adhérents, mais certaines structures comptent jusqu'à 80 000 adhérents. 26 % des clubs de statut associatif ont moins de 100 adhérents et 37% entre 100 et 300 adhérents. Les salles à but non lucratif proposent pour l'essentiel des cours collectifs d'activités gymniques. C'est le cas dans près de 80% des salles en Ile de France. Les salles commerciales proposent aussi bien des cours collectifs que des activités dites de "forme sur plateau" : activités de musculation ou de cardio-training tels que vélo, tapis de course, rameurs.


La Lettre de l'économie du sport n°978

S'inscrire dans une salle de fitness séduit de nombreux Français, plus que jamais soucieux de leur santé et de leur bien-être. "Entre 3 et 5 millions, soit 6 à 8% de la population, entretiennent leur forme dans ces clubs", souligne la CSC. "Cours collectifs, cardio-training, musculation, activités aquatiques, hammam, sauna… les prestations proposées sont multiples. Mais la sécurité, l'hygiène et la prise en compte de la santé des usagers laissent à désirer. Bon nombre de professionnels n'exigent d'ailleurs pas de certificat médical de non-contre-indication à la pratique sportive envisagée", regrette l'organisme. Après auditions, enquête de "perception-clientèle" et visite de salles appartenant aux réseaux commerciaux, hôteliers ou associatifs, la Commission de la sécurité des consommateurs, dans son avis du 15 avril dernier, insiste sur la nécessité d'améliorer les conditions d'exercice de ces activités physiques et sportives. La CSC demande aux pouvoirs publics d'actualiser et de renforcer la réglementation en matière de sécurité et d'harmoniser la formation initiale des personnels diplômés d'Etat assurant des fonctions d'animation et d'encadrement. Elle les invite également à prendre des dispositions afin que le consommateur soit mieux informé des services auxquels il doit s'attendre, de la simple surveillance de la salle à un encadrement par du personnel diplômé et qualifié.

La norme en préparation sur les salles de remise en forme devra tenir compte de ses recommandations

La CSC souhaite que la norme actuellement en préparation sur les salles de remise en forme comporte des dispositions relatives aux piscines, aux cabines de bronzage et aux espaces aquatiques tels que spas, sauna et hammam. Elle suggère l'élaboration d'un modèle-type de règlement intérieur, fixant notamment les consignes d'hygiène et de sécurité, la création d'un guide de bonnes pratiques pour l'entretien et la maintenance des appareils ainsi que de grilles d'évaluation de l'aptitude physique des usagers.

Aux exploitants de salles, elle recommande d'exiger de la part du pratiquant la remise d'un certificat de non-contre-indication à la pratique d'une activité physique préalablement à toute inscription et de l'informer systématiquement des consignes d'utilisation et de sécurité des appareils. "Ils sont également invités à ne diffuser de messages publicitaires en matière de bienfaits pour la santé que si ceux-ci sont médicalement validés." La CSC recommande l'installation, dans chaque salle, d'un défibrillateur, d'un sonomètre, afin d'éviter un volume sonore excessif, et de faciliter la mise à disposition de cardiofréquencemètre. "Les fabricants d'équipements doivent rappeler, sur chaque appareil, par un marquage indélébile, les consignes de sécurité, les mises en garde et les recommandations d'utilisation." Quant aux usagers, la Commission leur conseille de consulter un médecin avant toute fréquentation d'un club de remise en forme. Elle les incite à demander au personnel d'animation d'élaborer ensemble un programme d'entraînement individualisé et réactualisé en fonction de leurs progrès ou des difficultés rencontrées. Elle insiste également sur la nécessité d'utiliser, sur les appareils de cardio-training, les outils permettant de mesurer son rythme cardiaque en cours d'effort et d'éviter d'utiliser sans surveillance des appareils à charges libres ou des plateformes vibrantes. Enfin, la CSC attire l'attention des jeunes et de leurs parents sur les risques qu'il y a à ce que les enfants et les adolescents, encore en phase de croissance, de pratiquer des activités de musculation ou de manipulation de charges lourdes.

Les caractéristiques des salles de remise en forme

Toujours selon la CSC, le marché des salles de remise en forme est atomisé entre une offre dite marchande (les salles commerciales de remise en forme), une offre associative en milieu public ou privé, une offre au sein des entreprises en direction des salariés, une offre au sein de résidences, gîtes de vacances, hôtels-restaurants, campings, parcs de loisir, accessoirement à la prestation principale de repas et/ou d'hébergement. "Environ 88% des clubs commerciaux sont de petites entreprises indépendantes." Le secteur enregistre beaucoup de dépôts de bilan, fait remarquer l'organisme (dont l'enseigne GYMNASIUM, 9 salles et 150 000 adhérents en 2004). "Ce sont majoritairement des clubs ayant leur propre enseigne et qui comptent moins de 10 salariés." 12% des clubs sont des franchises d'enseignes nationales (Club Med Gym, Fitness First). Celles-ci réalisent un quart du chiffre d'affaires de la profession. La pratique de la remise en forme est plus urbaine que rurale, souligne la CSC. "Paris et l'Ile de France représentent environ 20% du marché (60% en milieu associatif ; 35% dans des structures commerciales)." On trouve des SPA/hammam/sauna dans près de 40% des structures commerciales (dans 2% des structures associatives) et des activités d'aquagym dans 20% d'entre elles (28% des structures associatives). "Ce secteur emploie en France environ 18 000 salariés et l'activité dégage plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires selon des sources diverses. Les salariés des structures à finalité commerciale bénéficient de la convention collective ELAC (espaces de loisirs, d'attractions et culturels) tandis que les salariés dans les établissements à but non lucratif dépendent de la convention collective du sport. Les structures associatives proposent majoritairement des emplois à temps partiel (moins de 10 heures) pour des interventions ciblées sur les activités de la forme en cours collectifs. Les structures commerciales et territoriales proposent majoritairement des emplois à temps complet ou partiel (20 heures à 30 heures) pour des interventions ciblées sur l'ensemble des activités de la remise en forme."

Les pratiquants

Les pratiquants sont plutôt jeunes (25/45 ans) et en majorité des femmes mais la catégorie des séniors (plus de 55 ans) devient de plus en plus importante (23 % des pratiquants), indique la CSC. "70% des personnes qui fréquentent une salle de sport depuis plus d'un an, la fréquentent depuis plus de 5 ans ; cependant, en moyenne, le taux de réabonnement annuel, de 20%, est l'un des plus faibles d'Europe selon les représentants de la filière auditionnés. Le taux de renouvellement est de 30 à 50% en Europe et atteint 70% aux Etats-Unis. La "démotivation" intervient entre la 6ème et la 8ème semaine." Le rythme de fréquentation de ceux qui persévèrent est soutenu (à 88% une ou plusieurs fois par semaine), mais principalement en semaine. A la cotisation annuelle s'ajoute ou non un droit d'entrée. La formule d'une cotisation mensuelle ou trimestrielle concerne cependant 28% des cas. Le coût moyen annuel de l'abonnement est de l'ordre de 318 euros (soit 26,5 euros/mois, hors droit d'entrée). 72% des pratiquants fréquentent cette salle pour "entretenir leur forme". Trois types d'activités sont principalement utilisés : cours collectifs (81% des pratiquants), le cardio-training (61%), et la musculation (35%). S'agissant des cours collectifs, les cours de fitness et le cardio-training prennent les premières places, devant la musculation. "Les cours collectifs sont fréquentés dans 95% des cas par des femmes ; les activités de musculation sont pratiquées par les hommes dans 85% des cas ; les activités de cardio-training sont pratiquées à parité." L'utilisateur de salles de remise en forme est avant tout "désimpliqué" par rapport à la problématique de la sécurité : "Il achète principalement la proximité et le coût qui sont ses critères de choix principaux." Ces derniers rapprochent donc l'achat de la prestation "salle de sport" de l'achat d'un produit de consommation courante. La CSC ajoute qu'il "est moyennement satisfait des prestations fournies, ce qui explique le faible pourcentage de réabonnement de la clientèle (20% en moyenne)". Enfin, les motivations ont changé : la recherche de la performance athlétique, du "sport souffrance" tend à régresser au profit de la recherche de préoccupations ludiques, récréatives et hédonistes qui ont entraîné des innovations dans l'offre proposée par les salles avec des activités plus douces (relaxation, hammam), collectives (cours collectifs avec musique et vidéo) ou bien tournées vers le bien-être extra sportif et la santé (diététique, cabines de bronzage-UVA), et des services personnalisés (la pratique du "coaching" ou du conseil personnalisé pour s'entraîner).





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