L'équitation française boite

Equitation / JO 2012

L'équitation française boite

L'équitation française boite

Mardi 31 juillet 2012 - 21:13

Les cavaliers français ont terminé mardi 8e du concours complet par équipes des jeux Olympiques de Londres, à l'issue du CSO clôturant le "triathlon équestre", et la présence en finale individuelle de Nicolas Touzaint et Lionel Guyon, 17e et 24e, ne change rien à l'échec patent.

Laurent Bousquet : "Il faut une remise à plat"

Q: Quel bilan tirez-vous?
R: "On ne peut pas se dire que tout va bien: la 5e place était certes à notre portée, mais les quatre autres équipes sont bien meilleures que nous. Il faut le reconnaître. La blessure d'Ocarina du Chanois a mis certains de nos plans à terre. Nous ne referons pas l'histoire, mais on aurait pu imaginer occuper une 5e place par équipes et placer trois cavaliers dans la finale individuelle. Cette blessure n'est évidemment pas la seule raison de cet échec".

Q: Aucun regret concernant les chevaux et cavaliers sélectionnés?
R: "Quand on voit les couples que nous avons laissés en France, je n'ai pas de regret, je reprendrais les mêmes. Je pense que là où je dois me remettre en question, c'est en termes d'organisation et de préparation, notamment sur le plat (dressage). Nous avons pris un retard technique ces dernières années avec plusieurs cavaliers et chevaux, et nous courons derrière aujourd'hui. Pour prendre l'exemple d'Aurélien (Kahn) ou de Lionel (Guyon), il n'y a plus de problèmes techniques, mais ils n'en sont pas encore à chercher les points".

Q: Quelles autres pistes de réflexion?
R: "On peut se demander s'il est judicieux de maintenir dans le même système le très haut niveau et le niveau qui arrive ensuite. Ne faut-il pas séparer les choses? Je n'ai pas encore de réponse, mais c'est une piste. Je ne pense pas que le réservoir de chevaux allemands soit bien supérieur au nôtre. Et nous avons aussi des bons chevaux en France, au-delà des cinq présents à Londres. Seulement les bons chevaux allemands arrivent plus régulièrement sous la selle de bons cavaliers allemands, ce qui n'est pas toujours le cas en France".

La Fédération avait imparti "une place parmi les cinq premiers", en ligne avec la médaille d'argent des Championnats d'Europe 2011, le sélectionneur Laurent Bousquet caressant même l'espoir d'un podium.

"Je me dois d'être ambitieux, c'est ce qui motive les troupes. Quant à savoir si j'ai été trop ambitieux, nous restions tout de même sur une médaille d'argent l'année dernière", a rappelé le responsable.

Il y a un an, à domicile, les Allemands avaient remporté les titres continentaux par équipes et individuel avec Michael Jung. Le cavalier a confirmé à l'échelle olympique, se parant de deux ors le jour de son 30e anniversaire.

"En analysant, en fonction des objectifs que nous nous étions fixés, on voit que la 5e place était largement à notre portée et que la blessure d'Ocarina du Chanois (le hongre n'a pas été présenté à la visite vétérinaire) a mis certains de nos plans à terre", a poursuivi le sélectionneur national.

"J'ai des regrets un peu partout, et notamment sur le cross (pénalisé pour dépassement de temps, NDLR), qui n'était pas assez sélectif. Au niveau de l'équipe, il y a une frustration", a remarqué Touzaint, champion olympique par équipes en 2004. "C'est sûr, le bilan est mauvais", a consenti l'Angevin.

Manque d'investisseurs

Plut tôt, Aurélien Kahn avait placé le débat sur un plan plus général. "Notre gros problème, c'est qu'on n'a pas de réservoir de chevaux. On a une activité économique inexistante en France. Après les JO de 2004, on avait réussi à faire venir sur le complet des investisseurs et des propriétaires, notamment de CSO. La discipline n'a plus d'investisseurs, la crise est passée par là", a expliqué le Mayennais.

A l'exception de Nicolas Touzaint, qui a longtemps bénéficié de chevaux mis à sa dispostion par Monique Girard-Claudon, une mécène décédée quelques jours avant les J0 de Pékin, les cavaliers français ont des piquets de chevaux restreints. "Aussi on n'a pas l'occasion de prendre de l'expérience sur les gros tours (concours 4 étoiles, NDLR)", ajoute Aurélien Kahn.

M. Bousquet partage cette analyse. Et de constater: "Les bons chevaux allemands arrivent plus régulièrement sous la selle de bons cavaliers allemands. Sur les terrains de concours français, on croise très souvent de bons chevaux, mais qui ne sont pas sous la selle des bons cavaliers et qu'on n'arrivera donc jamais à emmener jusqu'au niveau olympique".





Le sport en direct sur votre mobile


Sport-kiff.com, la boutique du sport / Partenaire officiel Sport.fr


Fil infos Sport

A la une

Le buzz du jour

Insolites People

Sport Business

Top articles Sport.fr

Chiffre sport de la semaine

Phrase sport de la semaine

« Notre projet ne s'arrête pas là. »

Vadim Vasilyev, vice-président de Monaco