Dans 80% des cas d'accidents ayant provoqué la mort ou une blessure grave du ou des cyclistes, l'origine de la collision est un choc par l'arrière lors d'une manoeuvre de dépassement ou de perception tardive du cycliste par l'automobiliste.
La Fédération française de cyclotourisme (FFCT) vient d'éditer son livre blanc sur les aménagements dangereux. Objectifs de ce document réalisé par les membres de la Commission nationale de sécurité de la FFCT : alerter les pouvoirs publics sur les dangers de certains aménagements routiers, assurer une meilleure cohabitation entre les cyclistes et les automobilistes, ralentir les véhicules motorisés.
"On trouve sur nos routes un très grand nombre d'obstacles tels que rigoles, butées, passages piétons surélevés, bornes, piquets métalliques, chicanes, rétrécissements, zones repavées, pistes cyclables mal conçues ou non entretenues (parfois plus adaptées à la marche qu'à la pratique du vélo), voies sans issue, coussins dangereux, zones glissantes, plaques d'égout, trous, etc.", explique Dominique Lamouller, président de la Fédération française de cyclotourisme. "Pour un cycliste assidu c'est une véritable "jungle" engendrée par un arsenal de moyens techniques qui coûtent aux contribuables et qui deviennent des causes supplémentaires d'accidents. Cette situation génère aussi l'énervement des conducteurs de voitures ou de poids lourds qui ne voient là qu'entrave à leur progression. Le cycliste devient alors un utilisateur définitivement encombrant et gênant." Et ce dernier d'ajouter : "Arrêtons de construire des zones accidentogènes et parfois mortelles, la véritable solution se trouve dans la simplicité des moyens techniques et dans la civilité de toutes et de tous." Les 32 pages du livre blanc de la FFCT s'attache donc à rappeler que la pratique du vélo demeure risquée en France (19 tués FFCT en 2005 ; 195 tués au niveau national) ; que certains aménagements sont dangereux pour les cyclistes, notamment les rétrécissements de chaussée ; et qu'il serait peut-être bon de s'inspirer de certaines bonnes pratiques européennes.
"Le livre blanc présente les améliorations exigées sur les infrastructures routières", souligne Jacques Fourna, responsable de la Commission nationale de la sécurité. "En France, la prise en compte de la sécurité du cycliste, par des bandes cyclables par exemple, n'est pas toujours prévue. Par ce livre blanc, la FFCT souhaite la prise en compte systématique des usagers cyclistes dans les aménagements routiers." Jacques Fourna proteste : "Depuis 5 ans de nombreuses avancées ont été faites mais restent insuffisantes. Les îlots et rétrécissements censés améliorés la sécurité routière de tous les usagers sont très dangereux pour les cyclistes, de par l'absence de "by-pass" pour les cyclistes. Chaque année nous voyons à la télévision des spots de prévention routière concernant l'ensemble des usagers motorisés, mais jamais ou très rarement, l'équivalent pour les cyclistes ou les piétons. Ceci étant, certaines collectivités (la Drôme, l'Isère, l'Aveyron, la Savoie) ont devancé la réglementation et mettent en oeuvre des panneaux qui rappellent la distance de sécurité lors du dépassement d'un cycliste (1 mètre en agglomération, 1,5 mètre hors agglomération). Non seulement nous devons former et informer les usagers des dangers de notre pratique mais il est indispensable de sécuriser les aménagements routiers existants et prendre en compte systématiquement les cyclistes dans la mise en place de futurs aménagements routiers."
A l'occasion de la publication de son livre blanc, la FFCT formule donc trois vœux : elle demande la création d'un panneau interdisant de doubler un cycliste, souhaite qu'un automobiliste puisse chevaucher une ligne blanche continue pour doubler un cycliste et attend la réalisation des bandes cyclables.




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