La Vuelta de retour au Pays basque
Jeudi 8 septembre 2011 - 23:45
La Vuelta s'apprête à refermer une parenthèse qui aura duré plus de trois décennies: l'épreuve arrive vendredi à Bilbao (Biscaye) et samedi à Vitoria (Alava) pour son grand retour au Pays basque, une terre de tradition cycliste, après 33 ans d'absence.
Depuis 1978, la Vuelta, échaudée par des manifestations indépendantistes qui, cette année-là, avaient perturbé la course au point de provoquer l'annulation d'une étape, n'est en effet plus repassée par le Pays basque.
Trente-trois éditions plus tard, les organisateurs, profitant d'une vie politique basque plus stable et de la menace ETA qui s'éloigne, ont enfin décidé de réparer cette dette qu'ils avaient envers une terre qui a pourtant le cyclisme chevillé au coeur et au corps.
Vendredi, Bilbao l'industrieuse accueille les coureurs sur une Gran Via Don Diego de Haro reluisante pour l'occasion, puis ce sera le tour de Vitoria, siège du Parlement basque.
"Ce retour représente une double satisfaction, jubile Javier Guillen, directeur général de l'épreuve. D'une part, parce que le Pays basque possède l'un des meilleurs publics de cyclisme au monde. D'autre part, parce que c'est une manière pour la Vuelta de renouer avec son histoire: avant 1978, c'est en effet le +Correo Espanol+, journal de Bilbao qui organisait la Vuelta".
Parmi les amateurs -nombreux- de vélo dans la région, le retour de l'épreuve est aussi un motif de réjouissance.
Comme chez Txomin Perurena par exemple, ancien coureur professionnel qui fut d'ailleurs le dernier à gagner à Saint-Sébastien avant cette longue disette de 33 ans.
"C'est un tout"
Le deuxième de la Vuelta 1975 assortit toutefois sa satisfaction d'un regret:
"Pour moi, ce retour, c'est une grande joie. Mais je suis quand même triste que la Vuelta ait mis autant de temps à repasser par ces terres. Il ne faut pas se leurrer: ce retour aurait pu intervenir bien plus tôt. La preuve: les équipes de foot professionnelles jouent tous les week-ends au Pays basque et il ne leur arrive rien."Pour Javier Guillen, ces considérations passent toutefois au second plan par rapport au succès que représente cette parenthèse enfin refermée.
"Si nous revenons au Pays basque cette année, ce n'est pas parce qu'avant, la sécurité n'était pas assurée. C'est un tout. Il y a toujours eu des demandes de la part des villes basques pour accueillir la Vuelta durant ces 33 ans, mais c'est en 2011 que tous les facteurs étaient réunis pour mettre en pratique ce retour: le calendrier, l'organisation, le parcours", explique Javier Guillen.
Autre petit regret que pourront peut-être émettre certains spectateurs: aucun coureur basque n'est suffisamment bien placé pour remporter la Vuelta cette année. Igor Anton, le leader des Euskaltel, équipe basque par excellence, annoncé comme l'un des grands favoris, n'a pas eu les jambes de l'année dernière.
A défaut, le public du cru pourra toujours se rabattre sur l'espoir d'une victoire d'étape basque:
Mikel Nieve ou le même
Igor Anton pourraient être inspirés par ce retour sur leurs terres natales.
"Mais croyez-moi: le retour de la Vuelta par chez nous suffit déjà à notre bonheur", conclut Perurena.
