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Grégory Baugé était le premier sprinteur, depuis son entraîneur Florian Rousseau (1996 à 1998), à conquérir trois titres consécutifs de champion du monde dans la vitesse individuelle, la discipline la plus prestigieuse de la piste. Sacré en 2009 à Pruszkow (Pologne), il a affirmé sa supériorité sur le sprint mondial les deux années suivantes, à Copenhague (Danemark) puis à Apeldoorn (Pays-Bas). En parallèle, ses qualités d'explosivité lui ont assuré une place inamovible de titulaire dans le trio de la vitesse par équipes. Depuis 2006, la France s'est adjugée cinq titres mondiaux (quatre, après le déclassement de 2011) sur un total de six possibles. Elle a toutefois échoué aux JO de Pékin contre une équipe britannique intouchable à l'époque.
Champion de France l'été venu, Baugé a vécu un automne difficile en devant s'expliquer sur l'affaire, pour laquelle il a été suspendu rétroactivement. Ebranlé moralement et blessé (quadriceps), il a dû différer son retour à la compétition et a participé seulement à un stage à Miami, en décembre, afin de retrouver un niveau compétitif après des semaines d'entraînement gâchées. Le Guadeloupéen devrait renouer avec la compétition en février à l'occasion des pré-Mondiaux de Bordeaux. Avant de disputer l'ultime manche de Coupe du monde à Londres en février, puis les Mondiaux de Melbourne en avril.
Jeannie Longo avait commis la même bévue, mais elle avait des circonstances atténuantes. Faute d'avoir respecté le règlement antidopage l'obligeant à se localiser en permanence, Grégory Baugé, la star du cyclisme sur piste, est suspendu rétroactivement et perd son titre de champion du monde de vitesse. L'équipe de France de vitesse se trouve également pénalisée.
"Baugé a péché par légèreté et cette légèreté lui coûte très cher", indique une source française proche du dossier en relevant que la sanction pénalise aussi les deux coéquipiers de Baugé, tout à fait étrangers au problème. La sanction entraîne en effet pour la France la perte du titre mondial de la vitesse par équipes, que Grégory Baugé avait conquis avec deux coéquipiers, Kévin Sireau et Michael d'Almeida.
Le titre de la vitesse lors des Mondiaux 2011 d'Apeldoorn (Pays-Bas) revient par conséquent au Britannique Jason Kenny, qui avait été dominé en finale par Baugé. Dans l'épreuve de la vitesse par équipes, le déclassement du trio français victorieux profite à l'Allemagne (Enders, Levy, Nimke), déjà championne du monde en 2010.
Le sociétaire de l'US Créteil a commis trois erreurs en moins de dix-huit mois par rapport au règlement qui impose une localisation permanente, par période trimestrielle, pour tout sportif appartenant à l'élite. Son troisième manquement, peu avant Noël 2010, s'est révélé déterminant. Mais il a fallu attendre plus de neuf mois pour que le dossier soit transmis à l'instance compétente, laquelle a décidé de suspendre le coureur pour une durée d'un an, le point de départ de la sanction étant fixé au 23 décembre... 2010.
Du coup, Baugé perd automatiquement, a estimé l'UCI, le bénéfice de ses résultats obtenus durant la période. Cette conséquence a fait réagir l'avocat du coureur, Me Michel-Gabriel, qui a mis en cause cette annonce tardive, au-delà du délai possible pour recourir au Tribunal arbitral du sport (TAS), et a estimé la fédération internationale "partiale". "Une telle prise de position est tout à fait inappropriée voire même ridicule. L'UCI ne souhaite même pas s'exprimer là-dessus", répond le porte-parole de la Fédération internationale.
La suspension, éteinte en décembre 2011, ne remet pas en cause l'avenir olympique de Baugé. Il devrait pouvoir défendre ses chances à Londres, mais elle vient perturbé la préparation du favori de la compétition.


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