Sagan la nouvelle terreur

Cyclisme / Tour de France

Sagan la nouvelle terreur
Photo P. Perreve/ASO

Sagan la nouvelle terreur

Mercredi 4 juillet 2012 - 10:13

La logique a été respectée pour l'arrivée du Tour en France avec la victoire à Boulogne-sur-Mer de la nouvelle terreur du peloton, le Slovaque Peter Sagan, deux jours après son premier succès.

Sagan a vite pris ses habitudes sur le Tour qu'il découvre à l'âge de 22 ans. Il a assuré le spectacle sur la ligne, juchée en haut d'une côte de 700 mètres, un terrain idéal pour lui. Son geste de danse ne pourra que plaire à ceux qui veulent dépoussiérer l'image souvent passéiste du cyclisme. Si le "show" peut déconcerter les anciens, Bernard Hinault a apprécié le punch dévastateur du champion de Slovaquie. "On savait qu'il était fort", a déclaré le dernier Français vainqueur du Tour. "On s'en était rendu compte en 2010 dans Paris-Nice quand il avait gagné deux étapes." Deux ans plus tard, le prodige de l'équipe Liquigas est en passe de prendre la dimension d'un "grand". "Il lui manque des victoires dans les grandes classiques mais ça va venir", a assuré le porteur du maillot jaune, le Suisse Fabian Cancellara, quatrième sur la ligne derrière le Norvégien Edvald Boasson Hagen (2e) et un autre... Slovaque, Peter Velits.

Sagan a approuvé entre les lignes : "Jusqu'à présent ce n'était pas ça mais j'ai bien progressé." Et de citer Milan-Sanremo, le Tour des Flandres et l'Amstel Gold Race, "des classiques qui me plaisent beaucoup", a-t-il ajouté. Pour l'heure, celui qui était surnommé "Terminator" dans les catégories de jeunes, se fixe sur le Tour de France et le maillot vert du classement par points. Car Mark Cavendish, le lauréat de l'année passée, est décidé à lutter. En devançant ses adversaires sur la ligne du sprint intermédiaire derrière l'échappée de cinq coureurs partis en début d'étape (Perez, Morkov, Bernaudeau, Minard, Grivko), le Britannique, champion du monde en titre, a limité la perte de points par rapport à Sagan, le mieux placé toutefois dans ce classement. Le Slovaque, confiant, estime (à juste titre) qu'il peut rivaliser aussi dans les sprints sur le plat. Même s'il s'attend à être battu à Rouen dans la prochaine étape, après avoir produit des efforts intenses dans le final de Boulogne-sur-Mer. "Les sprinteurs ont pu s'économiser. Mais, plus nous nous avancerons dans la course, plus ils seront fatigués. Nous serons alors à forces égales", a souri Sagan.

Pourquoi attendre le sprint ?


Sylvain Chavanel s'est étonné de l'attitude frileuse de ses adversaires. Le Poitevin, sacré champion de France l'an passé sur le même site, a attaqué à l'approche des 5 derniers kilomètres sur le toboggan menant à l'arrivée. La poursuite menée par l'équipe de Cancellara (Horner) a interdit au Français de s'assurer un avantage supérieur à une quinzaine de secondes. Chavanel a été repris au début de la rampe finale, avant qu'une chute retarde une partie du groupe de tête (Wiggins, Menchov, Coppel, Rogers, Scarponi et Froome notamment). Sans conséquence au classement du fait de l'article du règlement prévoyant la neutralisation des temps dans les trois derniers kilomètres pour les victimes de l'incident. "Sagan est imbattable dans ce genre d'arrivée, on le sait, a regretté Chavanel. Je me suis fait plaisir mais j'aimerais plus de soutien. C'est dommage que personne ne veuille prendre de risques. Moi je n'ai pas peur d'en prendre !"

Quels sont les perdants du jour ?


Les deux premiers abandons du Tour ont été enregistrés dans cette étape de 197 kilomètres épargnée par la pluie, hormis quelques gouttes en fin de parcours. Le Bélarusse Kanstantsin Siutsou, un élément important dans le dispositif de l'équipe de Bradley Wiggins, a renoncé sur chute (fracture tibia gauche). L'Espagnol Jose Joaquim Rojas a fait de même moins d'une heure plus tard (fracture clavicule gauche). Le Belge Philippe Gilbert a été retardé par l'une des chutes qui se sont succédé sur les routes du Boulonnais, piégeuses et tourmentées. "Il fallait rester le plus possible devant", a insisté Cancellara. Dans le camp français, la nouvelle la plus inquiétante est venue de Thomas Voeckler qui a reconnu avoir souffert d'un genou durant toute la journée. Le héros du Tour 2011 a rallié l'arrivée avec plus de sept minutes de retard. Le Français a tenté de faire contre mauvaise fortune bon cœur : "Je ne suis pas complètement démoralisé." Mais les signaux sont alarmants.

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