Le Tour à l'heure anglaise

Cyclisme / Tour de France

Le Tour à l'heure anglaise
Wiggins "très satisfait"

Q: Vous attendiez-vous à prendre près de deux minutes à Cadel Evans?
R: "Le plus important, je suis concentré sur moi d'abord, sur ma propre performance, sur ce que je fais. Le but aujourd'hui (lundi) n'était pas de gagner. J'y allais dans l'optique du classement final. Je me focalise là-dessus. Maintenant, c'est sûr, il y a un soulagement."

Q: Comment jugez-vous cette première partie du Tour?
R: "Il n'y a rien qui me surprenne vraiment car je n'avais pas d'attentes. particulières. Quand on a des attentes, on peut être surpris ou déçu. Les choses sont ce qu'elles sont. Depuis le départ de Liège, il y a une tension énorme, une sorte de folie. Il ne faut pas se laisser influencer. Je suis très satisfait de ce que j'ai fait jusqu'à présent. Je ne pensais pas à ces écarts. Mais il faut aussi savoir gérer les émotions. Et ce n'est pas évident, quand on prend le maillot jaune. La nuit suivante, je n'ai pas très bien dormi à cause de la charge émotionnelle. En même temps, c'est pour cela que j'aime ce sport."

Q: Etes-vous satisfait de la manière dont votre équipe a travaillé?
R: "Oui. On avait envisagé la course sous cet angle, on savait qu'on devrait prendre nos responsabilités. On s'est préparé au Dauphiné à le faire. Ces deux derniers jours avant le contre-la-montre étaient difficiles, l'équipe a travaillé comme on l'attendait."

Q: Quel rôle va tenir Chris Froome?
R: "On verra ce qui se passe. L'an passé, on n'avait pas de plan B dans l'équipe. Cette année, c'est un peu différent. L'idée est de le garder en position le plus longtemps possible. On ne s'attendait pas à se trouver à deux de l'équipe dans les trois premiers. On verra si on essaye d'aller à Paris en essayant de monter tous les deux sur le podium ou s'il faut sacrifier Chris."

Q: Qu'allez-vous faire pendant la journée de repos?
R: "Me reposer, au maximum."

Le Tour à l'heure anglaise

Lundi 9 juillet 2012 - 23:21

Le Tour de France s'est mis à l'heure anglaise, celle de Bradley Wiggins et de Chris Froome, dans le contre-la-montre de Besançon que les deux coureurs de l'équipe Sky ont terminé lundi aux deux premières places.

Symboliquement, Bradley Wiggins a enlevé son premier succès dans le Tour à l'occasion d'un "chrono". Le Londonien a enfin touché au but pour sa sixième participation même s'il s'est empressé de rappeler que l'objectif, pour lui, n'était pas de gagner cette 9e étape.

Seul le classement final l'intéresse, a-t-il insisté en affirmant être concentré avant tout sur sa propre performance et non celle de ses adversaires.

"Wiggo" a beau être tourné vers lui-même et ses propres sensations, il a tout le temps, mardi, pendant la journée de repos à Mâcon et dans le Beaujolais, d'analyser le résultat du contre-la-montre et de se féliciter du bilan après les dix premiers jours de course.

En 41,5 kilomètres, la distance séparant la Saline royale d'Arc-et-Senans de Besançon par la vallée du Doubs, le triple champion olympique sur piste a creusé des écarts conséquents. Voire accablants pour quelques candidats au podium, laminés sous le soleil de Franche-Comté (Van den Broeck, F. Schleck, Leipheimer).

Deux coureurs seulement sont parvenus à rester à moins d'une minute, Chris Froome (35 sec) et la référence de la discipline, le Suisse Fabian Cancellara, qui a toutefois déboursé 57 secondes.

"Wiggins est hors catégorie"


Pour Cadel Evans, au démarrage poussif (13e après les 16,5 premiers kilomètres), le passif s'est élevé à 1 min 43 sec. L'Australien a perdu gros même si, dans ses propos tenus après quelques instants de réflexion, le vainqueur du Tour 2011 a cherché à entretenir la flamme malgré ses 1 min 53 sec de retard au classement général.

Evans, auteur d'un parcours sans faute depuis le départ de Liège, a fait à peine mieux à Besançon que deux autres candidats au podium, le Russe Denis Menchov et surtout l'Italien Vincenzo Nibali à peu près au même niveau.

Huitième du contre-la-montre, son talon d'Achille bien que le Sicilien ait été médaillé mondial dans cette discipline en juniors et en espoirs, Nibali est resté dans la course. Heureusement pour l'intérêt du Tour 2012 qui s'en remet au tempérament offensif de l'Italien et à l'opportunisme d'Evans, les deux coureurs à même de contrarier les plans soigneusement établis de l'équipe Sky et de son chef de file.

"Wiggins est vraiment hors catégorie", a soupiré le Belge Jürgen Van den Broeck surclassé (26e) dans l'exercice.

Maxime Monfort, l'un des six coureurs de l'équipe RadioShack à prendre place dans les 20 premiers (avec Cancellara, Klöden, Zubeldia, Voigt et Gallopin), a dressé un constat sensiblement comparable. "Wiggins et Froome viennent d'une autre planète", a glissé le Belge au vu de la supériorité des "étoiles" de la formation britannique.

Après le contre-la-montre de Besançon, les deux Anglais ont pris place sur le podium du classement général. Evans est le seul à s'intercaler (avec 14 sec d'avance seulement sur Froome) et la question se pose désormais d'un éventuel doublé.

"On ne s'attendait pas à se trouver à deux de l'équipe dans les trois premiers", a reconnu Wiggins. "On verra si on essaye d'aller à Paris en tentant de monter tous les deux sur le podium ou s'il faut sacrifier Chris."

Le souvenir de la dernière Vuelta et de leur défaite conjointe dans l'ultime semaine (Froome 2e, Wiggins 3e) rappelle toutefois que la course n'est jamais jouée avant la fin. Le Tour n'a pas encore atteint sa moitié de parcours et la haute montagne, Alpes et Pyrénées, reste à venir.

Et les Français?


Avec quatre coureurs dans les 20 premiers de l'étape et son champion national, Sylvain Chavanel, à la 5e place, le cyclisme français a réalisé son meilleur résultat de ces dernières années.

Plus encourageant encore, Tony Gallopin (18e), remarquable depuis le début du Tour, Jérémy Roy (19e), qui confirme ses progrès dans l'exercice, et Jérôme Coppel (20e) sont loin d'avoir atteint leur plénitude. Tous trois ont une marge de progression qui pourrait leur ouvrir des horizons intéressants dès lors que le contre-la-montre conditionne souvent le résultat final des courses par étapes.

En revanche, les deux grimpeurs que sont Thibaut Pinot et Pierre Rolland, repoussés à plus de cinq minutes par Wiggins, ont été mesuré la distance à réduire à l'avenir. Même si chacun a de bonnes excuses à présenter, le lendemain d'une folle étape pour le premier, les séquelles d'une dure chute pour le second.

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