Luis Leon Sanchez a renoué dimanche avec les lieux de son premier succès sur le Tour de France en s'imposant à Saint-Flour, à 70 kilomètres de sa victoire d'Aurillac en 2008.
Sanchez (27 ans) est un tenace et les routes accidentées de l'Auvergne le lui rendent bien. Sa victoire a relancé son Tour de France et celui de sa nouvelle équipe Rabobank.
Mais les parcours du Massif Central récompensent avant tout le travail de ce coureur puissant et méticuleux. "Je suis un coureur qui a toujours eu besoin de beaucoup travailler", reconnaît-il.
"L'an dernier, Casar (présent avec lui dans le final dimanche) m'avait battu (à Saint-Jean-de-Maurienne) mais c'était ma faute, je n'avais pas étudié la fin de parcours. Cette fois, ce n'était pas le cas. Je connaissais le final", explique-t-il.
Son palmarès est moins prestigieux que ceux d'autres coureurs espagnols de sa génération, dont le plus éminent représentant est Alberto Contador, d'un an son aîné.
Sportif complet, Luis Leon a longtemps hésité entre le football, la natation, et le cyclisme. Quand il avait 14 ans, son père, policier, a été victime d'un attentat. Pour sa rééducation, les médecins lui ont conseillé le vélo. Il en a acheté plusieurs pour ses fils, qui portent tous le nom Leon en hommage à leur grand-père.
Quand certains choisissent le football (Pedro Leon joue au Real Madrid depuis 2010 et Antonio Leon est joueur de futsal), Luis Leon et Leon Leon optent pour le vélo.
Drame familial
Avec pour idoles le quintuple vainqueur du Tour Miguel Indurain ou Laurent Jalabert, Luis Leon développe un puissant coup de pédale et remporte ses premières courses.
A 20 ans, Manolo Saiz, gourou du cyclisme espagnol, le repère et lui propose de devenir professionnel. Il se lance et est désigné meilleur néo-pro espagnol dès sa première saison, en 2004. Saiz disparaîtra ensuite, impliqué dans le scandale de dopage de l'affaire Puerto.
Sanchez ira trouver refuge à la Caisse d'Epargne, après avoir surmonté un drame familial qui le marquera à jamais: le 30 octobre 2005, son frère Leon, avec qui il a parcouru des milliers de kilomètres dans les environs de Murcie, est tué à 23 ans dans un accident de la circulation. Depuis, il lui rend hommage à chacune de ses victoires d'un doigt tendu vers le ciel.
Ce geste, il l'a répété à plusieurs reprises: lors de ses victoires d'étape (une en 2007, 2008 et 2009) et victoire finale (2009) sur Paris-Nice, lors de ses trois titres de champion d'Espagne du contre-la-montre (2008, 2010, 2011) ou pour ses succès sur le Tour de France (Aurillac 2008, Saint-Girons 2009, Saint-Flour 2011).
A Saint-Flour, Luis Leon Sanchez a peut-être pris une autre dimension. Sa victoire d'étape après une longue échappée l'a amené à la deuxième place du classement général. Il se retrouve désormais leader de facto de son équipe, qui s'interroge sur Robert Gesink amoindri par des chutes.





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« Pastore vaut 12 millions, pas plus »
Vahid Halilhodzic