Di Grégorio, l'affaire de trop

Cyclisme / Tour de France

Di Grégorio, l'affaire de trop
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Di Grégorio, l'affaire de trop

Mardi 10 juillet 2012 - 20:44

Un des coureurs du Tour de France, le Français Rémy Di Grégorio (Cofidis), a été arrêté et placé en garde à vue dans une affaire présumée de dopage mardi à Bourg-en-Bresse, puis transféré dans la journée à Marseille, où l'affaire était suivie par les enquêteurs.

Le coureur provençal, suspendu immédiatement par son équipe, a été interpellé dans la matinée, à l'hôtel occupé par son équipe, lors de la première journée de repos de la course.

Deux autres hommes ont également été placés en garde à vue pour cette même affaire, a-t-on appris auprès du procureur de Marseille. Selon une source proche de l'enquête, l'un d'eux a été interpellé à Bourg-en-Bresse, comme le coureur, et l'autre à Marseille.

"L'une des personnes mises en cause transportait dans son véhicule des produits dont la nature exacte reste à déterminer", a précisé le procureur de la République de Marseille, Jacques Dallest, dans un communiqué de presse.

Tous trois ont été placés en garde à vue pour une durée maximale de 48 heures dans une affaire présumée de trafic de produits dopants en bande organisée pour laquelle une information judiciaire contre X, confiée à Annaïck Le Goff, juge d'instruction du pôle santé de Marseille, avait été ouverte le 28 juin 2011.

Ce dossier concerne "une présomption de dopage" et "connaît une actualité ces jours-ci", a-t-on appris de source proche de l'enquête, menée par les gendarmes de la section de recherche de Marseille et de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP).

"Cas isolé"


"Ce cas isolé ne doit pas remettre en cause la participation de l'équipe au Tour de France et pénaliser ceux qui n'ont rien à se reprocher", a déclaré Cofidis dans l'après-midi.

Cette affaire heurte de plein fouet l'équipe nordiste, même si l'enquête avait été déclenchée au moment où Di Grégorio était encore membre de la formation kazakhe Astana.

En huit saisons dans l'élite, le grimpeur provençal, comparé au début de sa carrière à Richard Virenque, a pour succès le plus notable une victoire d'étape dans Paris-Nice en mars 2011, sous le maillot Astana.

Cette année, Di Grégorio avait enlevé au printemps une étape du Tour des Asturies et gagné sa place pour le Tour de France.

Depuis sa création en 1997, Cofidis a déjà été secouée par des affaires plus ou moins retentissantes liées au dopage.

La principale, qui touchait plusieurs coureurs -dont le Français Philippe Gaumont et le Britannique David Millar-, avait éclaté en 2004, provoquant un changement radical à la tête de la direction sportive.

En 2007, le contrôle antidopage positif de l'Italien Cristian Moreni avait amené l'équipe à quitter le Tour dans les Pyrénées, bien que ce cas ait été avéré par la suite comme isolé.

La société de crédit Cofidis avait annoncé début juin sa décision de poursuivre son parrainage pour trois années supplémentaires, jusqu'à la fin 2016, avec l'objectif de réintégrer la première division cycliste (WorldTour).

"Ceux qui trichent se font prendre"


Dans les jours précédant le départ du Tour, Yvon Sanquer avait remplacé au poste de manager général Eric Boyer.

"Il y a un coureur qui s'est égaré, a priori, c'est une démarche individuelle fort regrettable (...), mais ça ne remet pas en cause l'équipe en soi et la volonté de garder la ligne éthique qui est la sienne", a insisté M. Sanquer lors d'une conférence de presse mardi après-midi.

Di Grégorio "est suspendu à titre conservatoire et, si les faits concrets sont avérés, bien évidemment il sera licencié de l'équipe", a ajouté le manager de Cofidis, niant tout lien entre un éventuel dopage de ce coureur et la pression qui serait exercée par les dirigeants de l'équipe pour des résultats.

"Rémy Di Grégorio avait un contrat pour l'année prochaine, un contrat substantiel (NDLR: 250.000 euros par an pendant deux ans)", a poursuivi Sanquer, selon qui l'équipe "est là pour essayer de faire le mieux possible mais pas à n'importe quel prix".

La direction du Tour a estimé de son côté que cette affaire était significative du travail entrepris pour lutter contre le dopage.

"Cela veut dire très clairement que les instances du monde du sport, UCI (Union cycliste internationale) et AFLD (Agence française de lutte contre le dopage), et les autorités de santé publique, ne baissent pas les bras, ne relâchent pas leurs efforts", a déclaré Christian Prudhomme.

"Ceux qui trichent se font prendre tôt ou tard, chacun doit bien le comprendre et ça nous va très bien", a conclu le directeur du Tour.





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